Yves de Kerdrel - Pour arriver à mener toutes ses réformes, Macron doit passer en force sur les retraites

Editorial économique

Après les grandes manifestations d’hier, que peut-il se passer pour la réforme des retraites ?

D’abord, c’est sûr, la manifestation – ou plutôt les manifestations d’hier – ont constitué une vraie réussite pour les syndicats. Mais une réforme ne se fait en fonction du nombre de manifestants. Donc ce peut très bien être un baroud d’honneur pour les syndicats. Laurent Berger, le patron de la CFDT, le sait très bien. C’est pour cela qu’il a proposé dés hier que l’on touche à un autre paramètre que l’âge pivot. En relevant les cotisations retraites des salariés. Ce qui est une ligne rouge pour le gouvernement puisque ça augmente le coût du travail. Donc les jours qui viennent vont servir à trouver une porte de sortie honorable pour la CFDT. Mais ce sera une porte très étroite. Et ensuite le gouvernement jouera sur le pourrissement du mouvement de grèves, qui commence déjà à refluer doucement. Son calendrier, n’a pas bougé. Un examen du texte de loi par le conseil d’état mi-janvier et une présentation en conseil des ministres dans la foulée. Avec ensuite un passage express au parlement quitte à faire passer plus tard les réformes qui étaient en cours d’examen.

Si tout se passe ainsi, quelles seront les autres réformes à venir ?

C’est très simple Patrick, il suffit de se référer au programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Il y a des petits textes comme la réforme de l’économie circulaire que défend Brune Poirson ou celle de l’audiovisuel qui sera examinée en mars. Et puis il y a des réformes fondamentales comme celle des institutions qui attend depuis deux ans. Avec à la clé une réduction drastique du nombre de parlementaires. Mais ca ne peut pas se faire juste avant les sénatoriales. Il y a la réforme de la fiscalité locale qui est importante car elle doit acter la fin de la taxe d’habitation et lancer la révision des valeurs locatives des biens. Mais ce que les patrons attendent surtout, c’est la baisse de l’impôts sur les sociétés de 31 % en 2020 à 25 % en 2022. Et plus encore : la réforme des taxes à la production. Un texte cher à Bruno Le Maire qui vise à supprimer tous ces petits impôts qui frappent l’industrie Pour arriver à mener toutes ces réformes, Emmanuel Macron n’a pas d’autre choix que de passer en force sur les retraites. Sinon le retraité ce sera lui.