Yannick Jadot: "Majorité et gouvernement sont gangrénés par les lobbys

Yannick Jadot, député européen et tête de liste EELV pour les européennes 2019, était l’invité politique de Christophe Bordet le 25 avril sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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Les annonces de ce jeudi seront-elles le tournant du quinquennat d’Emmanuel Macron ? "Il faut l’espérer pour les Français, estime Yannick Jadot, député européen et tête de liste EELV pour les européennes 2019. Pour l’instant, la grande promesse de réconciliation autour d’un projet n’a pas été tenue. Nous avons une telle fracture territoriale, un tel besoin de reconnaissance. On a besoin de redonner de la vie à notre démocratie, des mesures sur le pouvoir d’achat".

La fabrique de l’inaction

Pour Yannick Jadot, le gouvernement n’est clairement pas dans l’action en matière d’écologie, que ce soit avant ou après le départ de Nicolas Hulot de son ministère. "Promis, d’ici 2040, 2050, nous agirons ? Il faut réfléchir ensemble à la mobilité, à comment ne pas fermer les petites gares, à ne pas être prisonnier de la voiture… Là, cela ressemble à la fabrique de l’inaction. Un comité Théodule en suit toujours un autre. Depuis deux ans, Macron avait les pro et les anti au gouvernement. À chaque fois, il a arbitré pour les pesticides contre la santé, pour le nucléaire contre les énergies renouvelables. Cela veut dire que cette majorité, ce gouvernement, sont totalement gangrénés par les lobbys. On le voit sur tous les sujets. On a 52 milliards de fiscalité écologique dans notre pays. Aujourd’hui, cela sert à financer des projets débiles !"

Exemple frappant relevé par Yannick Jadot : "La France, exception en Europe, est en train de céder au privé ses barrages hydroélectriques. C’est 12% de notre énergie, une énergie renouvelable, l’eau pour l’agriculture, la faune, la flore, mais aussi le deuxième danger après le nucléaire. C’est le patrimoine des Français, et ce gouvernement vend à la découpe ces joyaux de la République. Si l'on veut faire la transition écologique, nos infrastructures vitales doivent être sanctuarisées. Il est scandaleux qu’à chaque fois qu’un service public gagne de l’argent, il aille au privé !"

"Taxer plus ce qui vient de loin"

En ce moment, le prix de l’essence à la pompe approche des 2 euros le litre, 60% du prix de l’essence étant des taxes. Le gouvernement doit-il agir ? Yannick Jadot ne plaide pourtant pas pour une baisse des taxes sur les carburants. En revanche, quant au retour de la taxe carbone, il préconise de l'affecter enfin sur le kérosène : "si l’on veut relocaliser l’économie, et mettre de l’emploi sur tous nos territoires, il faut plus taxer ce qui vient de loin, et moins ce qui est près".

Mais quid de la hausse d’essence ? "L’enjeu est surtout d’arrêter de fermer les petites gares, estime la tête de liste EELV. Il faut aussi demander aux constructeurs automobiles de recalibrer les moteurs à leurs frais. Ces voitures consomment 40% de plus que ce qui est marqué sur l’étiquette… 40%, ce sont des centaines d’euros par an de carburant". Autre mesure qui, selon lui, irait dans le bon sens : que les entreprises participent plus encore à financer les déplacements de leurs salariés. Mais en auraient-elles les moyens ?

 

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