Valérie Rabault sur le doublement du salaire des professeurs : "C'est réalisable"

Valérie Rabault, députée PS de Tarn-et-Garonne et Présidente du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 14 septembre 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

Valérie Rabault interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 septembre 2021 à 8h15.

Valérie Rabault : la proposition d'un contrôle indépendant de la police, "on l’a formulée en janvier 2021"

Emmanuel Macron devrait annoncer, mardi 14 septembre 2021 une évolution de l’IGPN, la "police des polices", avec l’ajout d’un contrôle indépendant via une commission composée, entre autres, de parlementaires. "Cette proposition-là, on l’a formulée en janvier 2021, donc bien avant le président de la République"", souligne Valérie Rabault. Cette proposition a été faite à la suite des conclusions d’une commission d’enquête rendues le 21 janvier dernier, explique la députée PS du Tarn-et-Garonne. Les députés avaient alors fait "35 propositions, et celle-ci en faisait partie". "Je suis ravie qu’elle trouve écho auprès du président de la République ; je regrette qu’au moment où le rapport est sorti personne, ni le ministre, ni le Premier ministre, ni le président de la République n’aient souhaité faire de commentaires et, surtout, n’aient souhaité dire qu’ils adhéraient à cette proposition"commente l'élue.

"Une commission indépendante me paraît être une bonne idée"

Pour autant, la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale nie qu’Emmanuel Macron aille "chercher des idées à gauche". "Une commission d’enquête rassemble toutes les sensibilités de l’Assemblée nationale et celle-ci nous la partageons", assure-t-elle, souhaitant "qu’on retrouve une adhésion de certains citoyens pour la police et la gendarmerie qui effectue un travail très difficile". "Je pense que pour qu’on puisse assainir les doutes de certains, avoir un contrôle indépendant, une commission indépendante, ça me paraît être une bonne idée", confie la députée.

Si certains jugent qu’il pourrait y avoir un risque de politisation du contrôle des policiers, Valérie Rabault rappelle que "ça existe déjà sur le Renseignement", service qui est contrôlé par des "parlementaires habilités" et qui dispose d’un "secret qui est parfaitement respecté". "Je pense que ça fonctionne bien", estime-t-elle. Ce contrôle du Renseignement est réalisé par un "contrôle parlementaire", ce qui n’est pas une commission parlementaire, précise l'élue. Concernant ces commissions, "heureusement qu’il y avait le Sénat pour les faire fonctionner de façon démocratique", estime Valérie Rabault. Une nécessité : "il est vrai que l’Assemblée nationale a perdu ce goût, cette capacité à mener un débat apaisé où la majorité accepte de jouer son vrai rôle et pas juste de supplétif du gouvernement".

Au niveau des effectifs de policiers, Valérie Rabault juge qu’il "manque des policiers sur le terrain". Elle déclare avoir fait "un petit décompte" sur les recrutements réalisés "sous cette majorité, par rapport aux quelques 10.000 qui ont été recrutés sous le précédent quinquennat". "Il y a deux questions : à la fois celle des recrutements, et des policiers sur le terrain" qui sont deux choses différentes, souligne la députée du Tarn-et-Garonne.

"Dans la team Hidalgo, l’état d’esprit c’est pas ‘je décide tout seul’"

Anne Hidalgo, qui a annoncé officiellement sa candidature, dimanche 12 septembre 2021, n’a pas évoqué la question de la sécurité. Pour Valérie Rabault, ce n’est pas un problème : "la campagne présidentielle, c’est une course de fond", ce qui explique qu’Anne Hidalgo n’ait pas encore parlé de tous les sujets. La députée tacle Emmanuel Macron en soulignant que "dans la team Hidalgo, l’état d’esprit c’est pas ‘je décide tout seul’". De fait, le programme est encore en construction et en débat.

La candidate de la gauche a néanmoins fait beaucoup parler d’elle en ayant proposé un doublement du salaire des professeurs. "Je pense qu’il faut qu’on arrête d’être en queue de peloton de l’OCDE pour la rémunération des enseignants", juge Valérie Rabault. "La nation doit reconnaître le travail de transmission, et de transmission d’un savoir, qui est réalisé par les professeurs et les enseignants", ajoute La députée se déclare donc "pour la valorisation" mais aussi pour un "doublement" du salaire en début de carrière qui lui paraît "très important".

Certains jugent cette proposition comme étant du populisme et irréalisable. "Ce sont des choses réalisables", assure Valérie Rabault. "Quand on regarde les différentiels qui existent avec nos principaux partenaires de l'OCDE et même au sein de l'Union européenne, on est très en retard."

 

"Il y a un processus de désignation militante comme ça s'est toujours passé au PS"

Après la candidature d'Anne Hidalgo, l'idée d'organiser des primaires semble s'éloigner de plus en plus. "Il y a un processus de désignation militante comme ça s'est toujours passé au Parti socialiste", rappelle Valérie Rabault. Concrètement, en cas de candidature unique, "les militants voteront pour une seule candidate", s'il y en a plusieurs, "les militants départageront les candidats qui se présenteront", explique la députée qui assure que cela sera tranché "rapidement".

Si la maire de Paris, aujourd'hui candidate à la présidence, a une image trop parisienne pour de nombreux critiques, l'élue du Sud-Ouest rappelle le parcours de sa candidate "née à Lyon, venant d'Espagne, ayant fait le tour de France". Surtout, elle souligne que Anne Hidalgo "est la seule candidate qui a une Team Hidalgo qui représente tous les territoires", du maire de petites communes aux maires de grandes villes "qui sont directement opérationnels". "Par rapport à un président de la République qui a tendance à décider seul, elle est en capacité de rassembler, de porter ce message, avec des personnes très directement impliquées sur le terrain", argumente la députée.

 

"Est-ce qu'on demande au président de la République de quitter la présidence ?"

Pour Valérie Rabault, Anne Hidalgo n'a pas à quitter son siège de maire de Paris. "Est-ce qu'on demande au président de la République de quitter la présidence ? Non !", répond l'élue. À la différence d'Eric Zemmour, sommé de quitter son émission avant même s'être déclaré ou non candidat, "Anne Hidalgo n'a pas d'employeur". La demande du Conseil supérieur de l'audiovisuel de décompter le temps de parole d'Eric Zemmour est justifié par "sa parole très politique", estime la députée qui "ne croit pas" à une influence politique à l'intérieur du CSA.

Les écologistes vont prochainement déterminé leur candidat pour la présidentielle après leurs primaires. "Il y a une course de fond qui se met en place, qu'il y ait plusieurs candidats au départ est très bien, chacun avance ses idées, ses forces de proposition et sa méthode", estime Valérie Rabault qui rappelle que Anne Hidalgo "est la seule à avoir une équipe". "J'espère qu'on aura la capacité de se rassembler d'ici janvier, pour que l'on puisse accéder au second tour", lance la députée.

 

"J'ai voté contre le pass"

Mercredi 15 septembre, les soignants qui ne seront pas vaccinés verront leur contrat être suspendu. "J'étais favorable à la vaccination obligatoire, j'ai voté contre le pass", rappelle la parlementaire qui estime que "mettre des sanctions sans avoir défini les règles, c'est pas souhaitable dans une démocratie". Pour Valérie Rabault, il paraît "important" que le personnel soignant puisse être vacciné "comme l'ensemble de la population". Sur la poursuite du pass sanitaire après la date limite, la députée attend de voir "où on en sera de la vaccination". "Il y aura la question des secondes doses et il faudra voir comment l'épidémie évolue", tempère-t-elle.

 

 

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