Un nouveau parti à gauche ? Didier Guillaume sceptique

Didier Guillaume

Didier Guillaume était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio. Est-il vrai que le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation travaille actuellement à créer un nouveau parti de gauche Macron-compatible ? "Je ne sais pas s'il faut un nouveau parti mais énormément d'électeurs de gauche sont aujourd'hui à la dérive, reconnaît Didier Guillaume. La social-démocratie est en difficulté comme dans tous les pays européens. Mais je ne crois plus aux partis politiques. L’heure est au débat d’idées. Quant à François Hollande, il est dans l’aigreur totale".

 

Hasard ou opportunisme, juste avant les élections ?

Didier Guillaume participe au premier "Conseil de défense écologique". Mais, justement, à quoi ce nouveau conseil va-t-il ressembler ? "Je ne sais pas à quoi cela va ressembler, confie le ministre. Cela va servir à mettre de la cohérence dans les actions pour la lutte contre les changements climatiques. Le climat, c’est l’enjeu n°1. Nous ne pouvons pas laisser une planète pourrie à nos enfants et petits-enfants. Tout le monde y travaille, associations, gouvernement. Mais il était temps de regrouper tout le monde, de ne plus travailler en solo, mais ensemble. La lutte est collective".

Est-ce un hasard ou de l’opportunisme, comme le disent les Verts, à quelques jours des élections ? "Les Verts sont deux fois moins hauts dans les sondages que lors des précédentes élections européennes. Les Verts, c’est la politique de la parole ; nous, c’est la politique du faire. Ils ont l’impression qu’ils se font bouffer la laine sur le dos parce qu’ils ne font rien. Ce n’est pas de l’opportunisme de faire cela, et ce n’est pas parce qu’il y a des élections qu’il faut s’arrêter de travailler !"

Les agriculteurs en pointe de la transition écologique

Les agriculteurs sont un peu inquiets à l’heure actuelle. Alors, comment concilier agriculture et écologie, notamment au sujet du glyphosate ? "Je vois régulièrement les agriculteurs, souligne le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Ils nous disent qu’ils sont prêts à la transition. Mais le temps politique n’est pas celui de la transition agricole. Changer les pratiques prend du temps. La transition agro-écologique est indispensable, la sortie du glyphosate, la sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires, le sont. On ne peut pas leur demander, demain, l’inverse de ce qu’ils ont fait hier. Je trouve que c’est la filière qui a le plus pris en main la transition agro-écologique. Beaucoup d’entre eux ne gagnent pas leur vie alors qu’ils travaillent comme des malades. Les agriculteurs ne sont pas des pollueurs ou des empoisonneurs. Je veux réaffirmer ici que l’agriculture comme l’alimentation française est sûre, saine, durable".

Comment harmoniser les contrôles et les règles européennes contre les fraudes ? "L’harmonisation est indispensable, rappelle le ministre. Sans elle, les agriculteurs continueront à dire que l’Europe ne les protège pas. On ne fait pas assez vite, mais on fait. Nous avons gagné la première étape de la directive sur les travailleurs détachés, il faut aller plus loin, que la main d’œuvre soit la même partout. À quoi servirait de sortir du glyphosate si les autres ne le font pas?"


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