Thierry Merle : "ceux qui gouvernent vraiment la France ont opéré une rupture"

Selon Thierry Merle, entrepreneur et co-auteur (avec André Touboul) du livre "La trahison des invisibles" (éditions Le Passeur), la France est en réalité gouvernée par ce qu'il appelle "les cinq mille", à savoir des chefs d'entreprise et autres personnalités ayant du poids dans la vie socio-économique.

Thierry Merle, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Pour parler de son livre, Thierry Merle a été l’invité d’André Bercoff le 2 septembre 2020 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

 

"Ils ont foutu Nicolas Sarkozy à la porte comme un malpropre"

"Depuis quelques années, ce monde-là a fait ce qui s’apparente à une rupture par rapport à ce qu'il se passait il y a 40 ou 50 ans. Ils ont estimé que les politiques ne faisaient plus le job. La première rupture était avec Nicolas Sarkozy, qu’ils ont foutu à la porte comme un malpropre, il a été viré par ce monde-là. D’abord parce qu’il n’était pas de ce monde-là. Puis parce qu’il s’est manifesté avec des valeurs et des objectifs qui étaient contraires aux leurs. Enfin, ils ont trouvé que son comportement personnel n’a pas été rassurant pour la population.

Parce que du point de vue de ces gens-là, le rôle d’un politique est quand même d’anesthésier tout le monde : 'qu’on administre bien et que notre train de vie puisse rester le même'. Et Nicolas Sarkozy a plutôt énervé le peuple", analyse Thierry Merle.

"L’instauration de la taxe sur le gazole est une décision typique des 'cinq mille'"

"Puis ils ont mis Hollande, qui a échoué, puisqu’il ne s’est même pas représenté. Alors ce monde-là a pensé que Juppé était leur homme et qu’il devait gagner. Mais il y a eu une erreur de casting, et Juppé s’est fait écraser par Fillon, qui n’était pas de ce système. Du coup, Macron était le dernier candidat potentiel de ce monde-là. Alors Macron a été élu par ce monde-là."

Selon Thierry Merle, c’est Édouard Philippe qui a provoqué le mouvement des Gilets jaunes sans en avoir l’intention, en instaurant la taxe sur le gazole. "Édouard Philippe ne pouvait pas savoir. C’est une décision typique des 'cinq mille', c’est-à-dire que c’est une décision technocratique, administrative, avec laquelle il peut communiquer pour sa carrière personnelle… et dont la principale caractéristique est qu’elle ne s’applique jamais aux 'cinq mille'. Édouard Philippe augmente la taxe sur le gazole, mais il ne sait pas ce que c’est que faire un plein. Quand il dit 3 centimes du litre, vu de son bureau à Matignon, 3 ou 5 centimes du litre, c’est dérisoire. Par contre, il n’imagine pas un gars qui gagne 1.600 euros et qui se tape deux heures de voiture tous les jours."

 

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