Stéphane Travert propose de produire du bio pour la restauration collective sur les terres de NDDL

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio. Au lendemain de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, il a proposé d'utiliser les terres pour une production agricole biologique et de qualité destinée à la restauration collective.

Quel avenir pour le site de Notre-Dame-des-Landes ? Après l'annonce, mercredi, par le Premier ministre Édouard Philippe, de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, a tenté d'apporter un début de réponse à la question.

Je veux saluer le courage politique du Premier ministre, qui a su enfin prendre une décision qui était attendue

 

Invité du Grand Matin Sud Radio, il a d'abord salué "le courage politique du Premier ministre, qui a su enfin prendre une décision qui était attendue", avant de proposer une solution de reconversion pour le site occupé aujourd'hui illégalement par les zadistes : "Nous pouvons faire un certain nombre d’expériences sur des pratiques agronomiques, sur l’agriculture biologique. J’avais une idée, par exemple, puisque nous sortons des états généraux de l’alimentation, pourquoi ne pas réserver une partie de l’utilisation de ces terres à la restauration collective, pour des produits en agriculture biologique ou sous signes de qualité, qui pourrait permettre de fournir à la région des produits bio et de qualité à la restauration collective, puisqu'il s'agit de l'un des engagements que nous avons pris lors de ces états généraux."

Les zadistes devront évacuer le site

Un retour à des terres agricoles qui implique un préalable de taille, l'évacuation des personnes qui occupent illégalement le site. Comme le Premier ministre la veille, Stéphane Travert a voulu se montrer ferme sur la question. "Ils devront partir à partir du 30 mars, le délai de la trêve hivernale, a rappelé le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Celles et ceux qui possédaient des terres et qui avaient été expropriés, qui étaient restés sur le site, pourront y demeurer et accompagner le projet sur lequel on va travailler. Ils le feront s'ils le souhaitent. Ensuite, il faudra regarder comment nous pourrons accueillir d'autres agriculteurs. Mais en aucun cas, il ne peut y avoir d'occupation illégale de ce site."

Nous allons créer une obligation, pour les entreprises, de transmettre à l'État le résultat des contrôles défavorables sur les produits et les environnements

Autre grand sujet dans l'actualité, la tourmente du groupe Lactalis, impliqué dans la contamination de ses produits à base de lait infantile issus du site de Craon, dans la Mayenne. Alors que l'émission Cash Investigation pointait du doigt le non-respect du groupe de l'obligation de publication des comptes, Stéphane Travert a voulu rappeler le groupe à ses obligations : "Lorsque j’ai reçu Besnier pour évoquer le sujet de la contamination du site de Craon, je lui ai rappelé qu’il devait publier ses comptes, nous l’invitons à le faire et le président de la République l’a invité à le faire le 11 octobre dernier. L’ensemble des entreprises françaises doivent publier leurs comptes et le groupe Lactalis ne doit pas y échapper. Il n’a pas dit qu’il allait le faire, mais nous allons continuer dans ce sens."

Le scandale du lait contaminé a également poussé le gouvernement à intégrer une mesure supplémentaire dans le projet de loi qui se prépare et qui fait suite aux états généraux de l'alimentation. "Nous allons profiter de cette affaire pour intégrer, dans le prochain projet de loi, une obligation, pour les entreprises, de transmettre à l'État le résultat des contrôles défavorables sur les produits et les environnements, quand ils peuvent toucher des produits alimentaires", a indiqué le ministre.

Écoutez l'interview de Stéphane Travert, invité du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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