Sonia Krimi : "on attend un discours clair sur la laïcité"

Sonia Krimi, députée LREM de la Manche, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 17 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40. Elle revient notamment sur la déclaration d'Emmanuel Macron sur le port du voile.

Sonia Krimi, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 17 octobre à 7h40.

Sonia Krimi : "la République n'est pas dans les cités aujourd'hui"

En pleine polémique sur le port du voile durant les sorties scolaires, Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi 16 octobre sur la nécessité d'être intraitable avec le communautarisme, mais "ne stigmatisons pas nos concitoyens" a-t-il déclaré. "C'était très clair estime Sonia Krimi, députée LREM de la Manche. On attend un discours clair sur la laïcité. Un discours précis, car depuis deux ans et demi, on nous taxe de ne pas avoir de vision claire sur cette question-là".

Que comprendre lorsqu'il affirme "oeuvrons pour que la République soit partout ?" s'interroge Patrick Roger. "La République n'est pas dans les cités aujourd'hui répond Sonia Krimi. On m'a reproché de faire le jeu de l'extrême droite, mais essayez de traverser Barbès l'été avec un short. Tout le monde doit s'unir pour que la République soit partout. Ce n'est pas normal qu'il y ait trois fois plus de chômage dans les cités. J'ai une copine qui s'appelle Sophie, elle n'a pas trouvé de logement car elle avait le nom de son mari. Elle a dû reprendre son nom de jeune fille pour pouvoir trouver un job. J'ai de la chance de m'appeler Sonia Krimi, et non "Fatima Ben-quelque-chose".

 

"Notre rôle, c'est de rassembler, de pousser des gens très différents à vivre ensemble"

"Je suis d'accord quand [Emmanuel Macron] dit qu'il faut être uni. Notre rôle en tant qu'élu n'est pas de polémiquer ni de diviser. C'est pour ça que je suis d'accord pour que cette dame porte plainte contre cet élu. Il divise. Notre rôle, c'est de rassembler, de pousser des gens très différents à vivre ensemble. On n'a pas d'autre choix que de vivre ensemble. Pousser les gens à s'accepter. La droite dit que la faute vient de l'immigration, et la gauche dit que c'est la faute du patron. Non ! La vérité est ailleurs. Je fais partie de cette génération qui ne veut plus de ça. 

Hier, Emmanuel Macron a sonné un peu la fin de la partie, je l'espère en tout cas. Je ne suis pas d'accord avec ma collègue [Aurore Bergé, qui s'est prononcée contre le port du voile islamique pour les accompagnantes scolaires, ndlr]. Quelqu'un qui porte un voile aujourd'hui, ça ne me dérange pas, tant que c'est dans le respect de la loi, que ce n'est pas dans les administrations publiques. À l'Assemblée aussi il y a des femmes voilées qui assistent à nos séances, mais elles sont dans le public".

Certains, qui ne sont pas hostiles aux musulmans, estiment que le voile est quand même un signe ostentatoire que l'on impose aux autres. "Il y a toujours plus dérangeant que soi. Quand on est bien dans sa tête et dans sa vie, quand on a un bon travail et des bons amis, on ne cherche pas l'erreur à côté. Les gens ont besoin de considération".

 

 

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