Sibeth Ndiaye : "La grève, on peut la faire au mois de mars"

La Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, était l’invitée politique de Patrick Roger  le 4 Juillet sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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Tous les trois jours, une femme tombe sous les coups de son conjoint ou ex conjoint. On a appris ce matin à nouveau qu’une femme enceinte est tombée sous les coups. Faut-il accélérer les mesures de protection envisagées ?

Féminicides : "Ne pas en parler, c’est tuer une deuxième fois"

"On a à la fois besoin de parler beaucoup de féminicides. Je suis très heureuse qu’il y ait ce décompte à chaque fois que les femmes tombent sous les coups de leur conjoint ou ex conjoint, explique la porte parole du gouvernement. Si vous n’en parlez, pas, vous tuez une deuxième fois les victimes. Pendant très longtemps, on a parlé de crime passionnel, nié qu’il y avait quelque chose de particulier quand un homme tuait ou battait sa femme." Pour Sibeth Ndiaye, "il faut élargir le port du bracelet électronique du conjoint violent pour l’éloigner. Les dénonciations plus précoces évitent aussi les féminicides dans deux ou trois ans. Quand on entend une dispute un peu forte chez ses voisins, il faut être en alerte."

Grève au baccalauréat : "une forme d’injustice"

Le ministre de l’Education Nationale a mis en place un dispositif pour que tous les élèves aient leurs notes vendredi 5 juillet malgré la grève des remises des copies de certains enseignants. "On a renforcé les correcteurs, les équipes qui saisissent les notes dans les différents logiciels. Le ministre a pris une décision très courageuse pour prendre en compte la note de toute l’année quand il manque une note dans une matière." "Evidemment, les jurys auront de la souplesse une fois qu’on aura la note de la copie. On ne peut pas regarder des jeunes dans les yeux et leur dire "des gens qui ont décidé de faire grève", juge Sibeth Ndiaye. La grève, on peut la faire à d’autres moments ; il y a une forme d’injustice vis-à-vis de ceux qui ont bûché pour avoir cet examen." Faut-il sanctionner les grèvistes ? "C’est un truc syndical de base, la grève est un engagement qui fait qu’on ne travaille pas, et il y a des retenues sur salaire. On peut avoir un désaccord, sur les réformes. À un moment, les profs n’ont pas été élus par les citoyens au suffrage universel. Le dialogue et la démocratie sociale ne peuvent pas vouloir dire l’immobilisme. Que chacun agisse à la place qui est la sienne. J’ai toujours pensé que le syndicalisme qui ne s’attachait qu’à la lutte n’était pas un bon syndicalisme."

Loi sur la haine : "pas d’espace de non droit"

La loi sur la haine actuellement en débat ne va-t-elle pas trop loin ? "Quand on se fait agresser dans la rue, on porte plainte, rappelle la secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre. Je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas les mêmes droits sur internet que dans la vie réelle, sous prétexte que c’est sur un écran. C’est normal que l’on signale et que l’on sanctionne tous les faits. Et quand on a une cagoule dans la rue, on essaie de trouver votre identité ; il n’y a pas d’espace de non droit. La proposition de loi est en cours de discussion à l’Assemblée Nationale. Je crois que le cadre est un bon cadre."

Burkini : "une petite communauté d’activistes"

Suite à l’action de femmes en burkini, le maire de Grenoble appelle Emmanuel Macron à siffler la fin de la partie. Comment réagir ? "On a des règles, ce serait déjà bien de les faire respecter, estime la porte-parole du gouvernement. Ce n’est pas parce que vous êtes catholique, juif ou musulman qu’on vous impose cela. Après, il y a un débat politique mené par une petite communauté d’activistes, de communautaristes qui essaient d’imposer une vision de la société dans laquelle tout est religieux. Je condamne les associations à caractère communautaire qui essaient dans une société laïque d’imposer un débat qui n’a pas lieu d’être. Nous n’avons pas des dizaines de milliers de nos compatriotes de culture ou religion musulmane qui réclament de se baigner en burkini. Ce n’est pas vrai."

Baisse des APL :  "arrêtons les fake news"

On parle actuellement d’une baisse à venir des APL à l’horizon 2020. Qu’en est-il ? "Je vais dire une première chose pour que les fake news arrêtent de se balader : on ne modifie pas le barème des APL, précise Sibeth Ndiaye. Le montant permettant d’en bénéficier n’est en aucun cas modifié. Aujourd’hui, on regarde vos revenus d’il y a deux ans. On va regarder vos revenus actuels, pour déterminer le montant d’une prestation sociale qui n’est pas le fruit d’une cotisation. On fait, je crois, quelque chose de plus juste : quand vous aurez un changement de situation, vous pourrez avoir un changement d’APL immédiat."

 

Après le feu vert donné à l’accord commercial CETA, la voie est-elle ouverte également pour le Mercosur ? Pour Sibeth Ndiaye, "il y avait dès le départ beaucoup de réticences et de peur." Selon elle, "il faut systématiquement des normes sanitaires et environnementales, de la transparence avec des experts indépendants." Sans oublier "un enjeu de vérifications" des engagements pris. On ne se dit pas qu’un accord commercial est mauvais par essence. Nous avons  eu des craintes avec le Ceta, elles sont levées et notre balance commerciale a augmenté de 400 millions d’euros en un an."

 

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