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Romain Altmann (CGT) : "On ne donne ni trêve, ni état de grâce à M. Macron"

Par Mathieu D'Hondt

Deux jours après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République et au lendemain de la première manifestation organisée contre ce dernier, Romain Altmann (Secrétaire général d'Info'Com-CGT) était ce mardi l'invité de Dimitri Pavlenko, dans le grand matin Sud Radio.

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Au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron, devenu ce dimanche le huitième président de la Cinquième République, des milliers de personnes - selon les organisateurs - se sont rassemblées Place de la République à Paris à l'appel du collectif "Front social", afin de protester contre l'arrivée au pouvoir de l'ex-ministre de l'Économie. Parmi eux se trouvait Romain Altmann, secrétaire général d'Info'Com-CGT, qui était notre invité ce mardi. Nous lui avons demandé quelles étaient les motivations des manifestants.

Vous avez défilé hier malgré le mot d’ordre de la centrale de la CGT qui avait appelé à ne pas le faire. Pouvez-nous nous dire qui est ce "Front social" ?

C’est une coordination de syndicats CGT, Sud avec d'autres associations et collectifs, qui agissent et luttent au quotidien pour améliorer la situation des salariés.

En ce qui concerne la CGT, la centrale avait dit "on ne manifeste pas", mais des sections comme la vôtre ont donc pris l’initiative de le faire ?

Les centrales ont leur politique, leurs orientations et on les respecte. De notre côté, il y a aussi une coordination de syndicats, une structuration horizontale qui ne suit pas forcément ce que disent les centrales. C’est une nouvelle méthode d’action qu’on essaie de développer.

Au regard des slogans entendus hier comme "En marche funèbre",on voit que c’était une manifestation à la tonalité radicale. Vous ne donnez aucune chance à Emmanuel Macron ?

On ne lui donne ni trêve ni état de grâce, pour la simple et bonne raison que l’on considère la situation assez inquiétante et préoccupante pour un certain nombre de salariés en France. Ce qui nous a poussés dès le premier jour de mandature - ce qui est symbolique - à contester d’emblée les choix politiques annoncés par Monsieur Macron. Il y a plusieurs chantiers mais en ce qui nous concerne, c’est principalement la nouvelle loi Travail, dont on a tous pu voir l’étendue des dégâts qu’elle provoque, un an après les mobilisations. Nous avons fait partie des syndicalistes qui ont fait 14 journées de grève il y a un an, donc on sait que cette loi était d’inspiration libérale.

Est-ce que ce n'était pas plutôt un baroud d’honneur de revanchards ?

Je ne pense pas, le baroud d’honneur a peut-être été la manifestation du 15 septembre. Mais il faut savoir que du 15 janvier au 21 avril, on a recensé 3 millions et demi de journées de grève, uniquement à partir des articles dont les médias parlent. Cela montre qu’il y a une conflictualité en France et une nécessité de prolonger ce mouvement qu’on a initié.

Mais Monsieur Macron a dit qu’il en était bien conscient, qu’est-ce qui vous gêne, c’est le contenu ou la méthode ?

Les deux ! On a un problème sur le contenu parce que dans les réformes annoncées, il y a aussi celle de vouloir revoir l’indemnisation des chômeurs en profondeur, en étatisant à travers une contribution de la CSG plus importante, ce qui va poser un problème dans une logique d’assurance chômage...

Mais c'est parce qu'il faut peut-être essayer des choses nouvelles contre le chômage ?

On peut considérer que c’est nouveau, sauf que ce sont des recettes qu’on a déjà connues et la loi travail qu’il prépare est d’inspiration identique à la première. On sait tous qu’elle n’aura pas d’efficacité. Le deuxième élément, et je m’en réfère à ses propos, c’est qu’il va gouverner par ordonnances. Sur cette méthode de gouvernement, ça nous pose un problème, on a déjà eu le 49-3 déclenché à plusieurs reprises par le précédent gouvernement – dans lequel il était d’ailleurs– et là on aura ce que j’appelle une forme anti-démocratique institutionnel, qui consiste à passer en force sans débat parlementaire .

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