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Raquel Garrido : "Je dis aux candidats En marche, «vous vous foutez du monde»"

Par Mathieu D'Hondt

Raquel Garrido (porte-parole de La France insoumise) était ce lundi l'invitée de Christophe Bordet sur Sud Radio.

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La porte-parole de la France insoumise Raquel Garrido était ce lundi l'invitée politique de Sud Radio. 

"L’État d’urgence qui s’éternise n’est pas le plus efficace"

D'abord interrogée sur l'actualité du moment, marquée par la nouvelle attaque terroriste perpétrée à Londres et revendiquée par l'État islamique, Raquel Garrido a tenu à exprimer "(ses) pensées les plus solidaires avec les Britanniques" car ce "qui leur arrive est très difficile" et qu'il "est important dans ces cas-là de se sentir soutenu". À la question de savoir s'il faut maintenir l'état d'urgence, l'avocate de profession est catégorique, la réponse est non. Selon elle,  "l'état d’urgence qui se normalise et s’éternise n’est pas le plus efficace", alors que "la procédure pénale est largement outillée pour pouvoir combattre le terrorisme". Elle considère que les événements, aussi tragiques soit-ils, ne sauraient justifier des mesures exceptionnelles supprimant les libertés car "ce n'est pas parce que nous avons été touchés dans notre chair qu’il faut abolir le discernement".

Invitée à commenter la petite phrase de Marine le Pen, qui a exhorté ce dimanche le président à organiser "un Yalta du contre-terrorisme", Raquel Garrido a jugé qu'il s'agissait d'une réaction "typiquement démagogique", ajoutant qu'elle avait "été choquée par ces déclarations parce qu’il n’y avait même pas un mot pour les victimes", ni "le minimum d’empathie". Quant à la création, par Emmanuel Macron, d'une "Task Force" rattachée à l'Élysée afin de lutter contre le terrorisme, la porte-parole de LFI affirme que "l'idée d’avoir une sorte d’hyper-présence du monarque présidentiel sur ces sujets n’est pas efficace" car "ce n’est pas à lui de prendre toutes les décisions au quotidien".

"Je dis aux candidats En marche, «vous vous foutez du monde»"

Questionnée ensuite sur l'avant-projet de loi qui doit permettre au gouvernement de prendre par ordonnances des mesures pour l’emploi, Raquel Garrido s'est montrée ferme et s'en est prise aux candidats En marche qui sont, selon elle, "gonflés car ils disent «votez pour moi, je ne vais pas faire mon travail»". Ces derniers, en acceptant le principe des ordonnances, qui "requièrent le fait que les députés eux-mêmes habilitent l’exécutif à fabriquer la loi à leur place", "renoncent à leur pouvoir d'entrée de jeu", selon elle. Et la porte-parole de LFI d'ajouter que dans ce cas de figure "tout est renvoyé à l’exécutif", ce qui lui fait dire que les candidats En marche se "foutent du monde". C'est la raison pour laquelle elle appelle à "sanctionner lourdement En marche aux élections législatives".

Notre invitée a poursuivi sa critique du projet gouvernemental en ciblant "la possibilité de déroger aux conventions collectives en matière de salaire", ce qu'elle considère comme une "promesse de la baisse généralisée" des rémunérations. Rappelant que "50% des Français gagnent moins de 1 800 euros par mois", elle a par ailleurs déclaré que dire à ces derniers "qu'ils gagnent trop et qu'il faudrait gagner moins est une honte".

 

>> Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview :

 

 

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