Que pensent les migrants du débat sur l'immigration?

Dans le débat sur l'immigration, il y a ceux qui débattent à l'Assemblée nationale: le Premier ministre Edouard Philippe a ouvert hier la voie à des quotas pour l'immigration professionnelle tandis que Marine Le Pen a lancé un nouvel appel à un "grand référendum" sur l'immigration... Et puis... il y a ceux qui vivent au jour le jour la situation des migrants. Dans le nord-est de Paris par exemple, à la "Halte Humanitaire" - un centre d'accueil de jour pour migrants tenu par l'Armée du Salut, les gérants ont diffusé les débats sur l'immigration aux migrants et aux réfugiés. Leur objectif, informer et échanger sur le sujet avec les premiers concernés.

(Alain JOCARD / AFP)

Reportage Sud Radio de Thibaut Gauthier

 

Le premier ministre Edouard Philippe s'affiche sur le grand écran: une cinquantaine de migrants le regardent et l'écoutent parler d'eux. Hussein est de ceux là, il sait que ce débat peut-être important pour son avenir: "bien-sûr que ça m'inquiète"
Si la halte humanitaire a décidé de diffuser ce débat aux premiers concernés, c'est que ces migrants en attendent quelque chose d'après Samuel Coppens, porte-parole de l'Armée du Salut. "Pas parler d'eux dans leur dos mais parler avec eux de la situation qu'ils vivent."
Un nouveau débat, mais sans débouché qui frustre les associations d'aides aux migrants à l'image de Marie Cougoureux cheffe de service de la Halte Humanitaire:

"Aujourd'hui, 3200 personnes vivent dans des campements et une situation sanitaire déplorable. On peut pas accepter qu'il y ait 3000 personnes sans accès à l'eau, sans dignité. C'est insupportable".

A la halte humanitaire de la porte de la chapelle, entre 500 et 800 hommes passent chaque jour pour recharger leurs téléphones, prendre une douche, laver leur linge ou apprendre le français.

 

L'Aide médicale d'Etat remise en cause?

Un point cristallise l'attention: la suppression de l'Aide médicale d'état, l'AME, qui permet aux sans papier d'être soigné. Samuel Coppens, porte parole de l'Armée du Salut:

"On ne part pas de son pays comme ça, c'est pas un choix. On n'a pas de gens qui font du tourisme. Si demain on n'a plus d'AME, qu'est-ce qui va se passer? Les urgences seront encore plus surchargées. On a un devoir de soigner les personnes. Je vois surtout des douleurs de gens qui ont fui leur pays, quitté leurs amis parce-que ça n'était plus possible"