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Présidentielle 2027 : l’affaire Bardella peut-elle rebattre les cartes ?

DEBAT SUD RADIO - À moins de sept mois de la présidentielle, les accusations d’antisémitisme visant Jordan Bardella viennent percuter la campagne du Rassemblement national. Alors que Marine Le Pen reste en tête des intentions de vote et que le RN vient de renforcer sa présence au Sénat, Éric Revel et Élisabeth Lévy s’interrogent sur les conséquences politiques de cette affaire et sur les prochains épisodes du dossier.

Marine Le Pen et Jordan Bardella enchainent les disputes en cette rentrée 2026.

Les révélations de Mediapart interviennent au lendemain des élections sénatoriales, lors desquelles le RN et ses alliés ont obtenu 14 sièges au Sénat, permettant au parti de dépasser pour la première fois le seuil nécessaire à la constitution d'un groupe. Marine Le Pen avait présenté ce résultat comme une étape importante vers la Présidentielle de 2027, elle qui caracole en tête de tous les sondages.

Revel : « Le lancement de la saison des boules puantes » 

L'affaire contre Jordan Bardella vient donc complètement chambouler les perspectives du RN, jusqu’ici grand favori dans les sondages pour la Présidentielle. Pour rappel, selon Mediapart, le président du RN aurait tenu des propos antisémites dans des conversations privées datant de 2013. Jordan Bardella conteste formellement ces accusations et affirme qu'il s'agit de « faux grossiers ». Il a annoncé une plainte pour diffamation.

Sur Sud Radio, Éric Revel estime que cette affaire marque avant tout « le lancement de la saison des boules puantes lorsqu'on est en élection présidentielle », ajoutant qu’il « pense que ça ne va pas être le dernier sujet » de la campagne ».

Un feuilleton qui débute à peine ?

Selon lui, la suite de l'affaire Bardella dépendra, en grande partie, des prochaines révélations, ou non, de Mediapart. Soit « le feuilletonnage de Mediapart, parce qu'il va avoir lieu, ira crescendo et apportera des pièces de plus en plus convaincantes, ou bien ça se dégonflera », analyse-t-il.

Éric Revel estime que cette évolution sera déterminante pour mesurer l'impact politique du dossier. « S'ils feuilletonnent en apportant crescendo des éléments qui vont nourrir l'affaire dite Bardella, ça peut quand même avoir une implication, que je regrette, sur la campagne présidentielle », affirme-t-il. Une lecture qui intervient alors que Marine Le Pen conserve une nette avance au premier tour. Selon une enquête Ifop/Fiducial pour Sud Radio publiée fin-août, elle recueillait entre 35 % et 36 % des intentions de vote selon les configurations testées.

« Il faudra quand même s'interroger » si l'affaire se dégonfle

L'autre enjeu concerne la crédibilité de l'enquête elle-même. Éric Revel considère que si les prochaines publications de Mediapart ne permettent pas d'apporter des éléments supplémentaires, « il faudra quand même s'interroger sur la crédibilité éditoriale, une fois de plus, de Mediapart ». Élisabeth Lévy se montre elle aussi prudente quant à l'impact que pourrait avoir le dossier. Elle insiste notamment qu’il sera difficile de trancher définitivement la question « s’ils n'ont rien de plus que ça ».

Pour Éric Revel, l'enjeu dépasse toutefois la seule personne de Jordan Bardella. « Si la tenue de propos antisémites est avérée, c'est un tournant majeur dans la campagne de normalisation du Rassemblement national ». Cette polémique intervient alors que Marine Le Pen est revenue au centre du dispositif présidentiel du RN. Jordan Bardella est lui présenté par le parti comme son futur Premier ministre en cas d'accession de Marine Le Pen à l'Élysée en 2027. L'affaire prend donc une dimension particulière. Elle concerne le président du parti met provoque des turbulences dans la campagne d'une autre candidate, dont la stratégie repose en grande partie sur sa complémentarité avec lui.

Élisabeth Lévy : « On ne sait pas comment ce genre d'affaire prend ou ne prend pas »

De son côté, Élisabeth Lévy refuse de tirer des conclusions prématurées sur les conséquences électorales du dossier. « Moi en fait, je n'en sais rien parce qu'on ne sait pas comment ce genre d'affaire prend ou ne prend pas », explique-t-elle. « Le feu prend ou ne prend pas dans la plaine, on ne sait pas, ça dépend du vent. » Une prudence qui rejoint celle d'Éric Revel, qui considère que l'impact de l'affaire dépendra essentiellement des éléments qui seront publiés dans les prochains jours.

Pour l'heure, Jordan Bardella et Marine Le Pen maintienent leur ligne de défense. Le président du RN dénonce une volonté de déstabilisation et affirme vouloir répondre judiciairement aux nouvelles publications éventuelles. De son côté, le groupe RN à l'Assemblée a affiché son soutien à son président. Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a lui aussi tenu à défendre son président ce matin sud Sud Radio, en considérant que « tout est faux » et en estimant que cette affaire n’a « pas sa place dans ce débat politique ».

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