Plainte de 8 départements contre Éric Zemmour : "Nous menons une action sociale universaliste"

Georges Méric, président socialiste du Conseil départemental de Haute-Garonne, était l’invité de Patrick Roger le 30 septembre dans l’émission « C’est à la une » sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Thumbnail
Huit départements socialistes portent plainte contre Eric Zemmour suite à ses propos sur les mineurs isolés sur l'antenne de CNews.

Huit conseils départementaux socialistes portent plainte contre le chroniqueur controversé Éric Zemmour. Quel est l’objectif de ce dépôt de plainte contre Éric Zemmour ? Quel est son fondement juridique ? "Sur un fondement moral, explique Georges Méric, président socialiste du Conseil départemental de Haute-Garonne. Monsieur Zemmour a dit que les mineurs non accompagnés étaient tous des assassins, des voleurs, des violeurs. Il jette sa haine, s’adresse à la peur." 

 

1.200 mineurs non accompagnés pour le département

"C’est inacceptable dans la République, c’est condamnable. Ces mineurs non accompagnés sont essentiellement des jeunes subsahariens ayant fui la violence, la répression, la misère. Au nom de quoi faudrait-il les rejeter ? Au nom d’un racisme, essentiellement. La plainte est déposée, avec sept autres départements de gauche. Il y en aura certainement d’autres. Nous entendons faire vivre les valeurs de la République, humanisme et universalisme. Nous condamnons le racisme dans notre société."

En Haute-Garonne, de tels mineurs sont-il accueillis ? "Oui, nous avons 1.200 mineurs non accompagnés, étrangers ou Français. On a du personnel qui s’en occcupe. D’abord, il y a le test pour savoir s’ils sont mineurs ou majeurs. Les mineurs sont pris en charge par le Conseil départemental, les majeurs par l’État. Nous avons organisé avec une association des tests osseux, des enquêtes, des preuves qui permettent de le dire. En cas de conflit, c’est le juge qui décide. C’est difficile." Sont-ils vraiment isolés ? Des enquêtes ont en effet souligné que certains sont impliqués dans des réseaux de trafiquants. "Ils sont isolés, mais sont pris en charge par des trafiquants, estime Georges Méric. Ils fuient leur pays parce qu’il y a la misère. Nous leur donnons de l’éducation, de la formation pour les intégrer au mieux."

 

"Le problème n’est pas le choix entre les uns et les autres"

"En tout, l’ASE coûte 50 millions d’euros sur 1,7 milliard de budget par an. C’est une œuvre humaine", précise le président socialiste du Conseil départemental de Haute-Garonne. L’Association des départements de France parle de 50.000 euros par mineur isolé ? Est-ce le cas ? "C’est à peu près cela, c’est un peu moins. Dans le monde qui arrive, il faut savoir ce que l’on veut. On veut le partage et la solidarité, ou bien le racisme, la cupidité et l’affrontement. Je crois que le monde qui vient est nécessairement universaliste. Nous sommes dans la tradition de la République. 

Pour autant, nombre de départements ne peuvent plus financer le RSA, dont les dépenses s’envolent avec la crise. "Le RSA est un autre problème, estime Georges Méric. Il est cofinancé entre l’État et le département. L’État ne donne que 60% du RSA, il devrait donner davantage. Il ne faut pas s’enrager sur les budgets. Le problème n’est pas le choix entre les uns et les autres. Nous menons une action sociale universaliste sur un fondement républicain."

 

Ecouter « C’est à la une » sur Sud Radio

Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez-ici !