Philippe Martinez : "Il faut aussi faire grève dans les entreprises"

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Les Gilets Jaunes ont obtenu un premier recul du gouvernement, qui a joué l'apaisement en annonçant un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants, le gel des tarifs de l'électricité et du gaz et le gel du durcissement du contrôle technique.

"On est très loin du compte", a estimé ce mercredi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Il faut une négociation pour augmenter tous les salaires. Dans la fonction publique, le gouvernement pourrait donner l'exemple

"La question, c’est comment on revalorise le salaire minimum dans ce pays, a-t-il ajouté. Il n’y a que Macron qui doit considérer qu’on peut vivre avec un Smic net. Il faut être hors-sol pour considérer que c’est suffisant."

 

 

Alors qu'une revalorisation de 3 % du salaire minimum est également évoquée et pourrait être décidée lors des consultations qui seront engagées dans les prochains jours, Philippe Martinez n'y voit pas un vrai geste fort : "Ça peut paraître beaucoup, mais il n'y a pas de coup de pouce, ce n'est rien du tout. Il faut que le salaire minimum soit négocié au niveau national et que ça décline profession par profession. Dans la fonction publique, le gouvernement pourrait donner l'exemple. Il faut une négociation pour augmenter tous les salaires."

Ainsi, c'est dans les entreprises que doit se poursuivre, selon Philippe Martinez, la mobilisation des Gilets Jaunes, pour obtenir de véritables revalorisations salariales : "Il y a le problème du Smic, mais les augmentations de salaire, c'est dans les entreprises qu'il faut les gagner. Il faut des mobilisations dans les entreprises."

La majorité des Gilets Jaunes n'ont jamais rencontré de syndicats. Ils sont assez grands, ils n'ont pas besoin de conseil. Par contre, il y a besoin de regarder comment on fait pour être encore plus efficace

C'est la raison pour laquelle une journée de grève a été décidée pour le vendredi 14 décembre prochain. Une manière, aussi, de remettre la CGT dans le jeu, alors que les syndicats, comme tous les corps constitués, ont été dépassés par le succès de ce mouvement spontané.

 

 

"On a des échanges avec des Gilets Jaunes sur les ronds-points, on discute avec ceux qui veulent bien discuter, qui sont une grande majorité maintenant, car les revendications sont très proches des nôtres, mais au niveau national, c'est le principe de ce mouvement pour l'instant, même entre eux, ils ne sont pas d'accord, il n'y a pas de leader, pas de coordination, donc c'est difficile d'avoir des interlocuteurs, a reconnu Philippe Martinez. La majorité de ces Gilets Jaunes n'ont jamais rencontré de syndicats, dont ils sont très réservés. C'est à nous d'aller les voir et de leur expliquer ce que l'on fait. Ils sont assez grands, ils n'ont pas besoin de conseil. Par contre, il y a besoin de regarder comment on fait pour être encore plus efficace. C'est pour ça qu'on a demandé que la journée du 14 décembre soit une journée de grève parce qu'il faut aussi faire grève dans les entreprises."

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