"Le pass vaccinal est une demi-mesure" estime Patrick Kanner

Le pass vaccinal arrive le 11 janvier au Sénat. Pour Patrick Kanner, sénateur PS du Nord et président du groupe socialiste au Sénat, il s'agit d'une "demi-mesure". Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

pass vaccinal
Patrick Kanner,  interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 11 janvier, dans "le petit déjeuner politique".

Déclarations de Jean Castex, pass vaccinal, campagne de la gauche pour les présidentielles : Patrick Kanner a répondu aux questions de Patrick Roger.

Patrick Kanner : "Le pass vaccinal est une demi-mesure, un coup de menton"

Le pass vaccinal arrive le 11 janvier au Sénat, qui a entendu le 10 janvier le ministre de la Santé. "On y est plutôt favorable comme étant une étape vers l'obligation vaccinale que nous réclamons depuis 6 mois", précise Patrick Kanner. Il souligne toutefois que "les débats ont semé le trouble y compris dans mon groupe qui était plutôt favorable au pass vaccinal. Pour nous, socialistes, ce que nous voulons, c'est l'obligation vaccinale. Avec 112.000 morts fin juillet 2021, nous serons demain à la fin des débats à 126.000 morts, c'est-à-dire 14.000 morts de plus en 6 mois. La question posée hier à Monsieur Véran et qui l'a manifestement énervé, est la suivante : si l'obligation vaccinale avait été mise en œuvre en temps et en heure aurait-elle permis d'éviter tous ces morts ? Quand Monsieur Véran dit que le pass vaccinal est une obligation déguisée, il reconnaît que ça aurait été une bonne décision. Ça aurait fait du remous mais on aurait clarifié les choses vis-à-vis des Français".

Pour le sénateur, "le pass vaccinal est une demi-mesure. Ce n'est pas une politique de santé publique. Il y a un problème d'incohérence dans tout ça. C'est un coup de menton et la meilleure preuve en est la déclaration la semaine dernière du président de la République. Nous voterons pour le pass vaccinal parce que nous sommes des gens responsables, car ça pousse les gens à se faire vacciner. Ce n'est pas une question de droits et devoirs parce que la loi ne nous oblige pas à nous vacciner". Concernant les propos d'Emmanuel Macron qui ont enflammé les débats, "Emmanuel Macron fait de la politique, il est candidat !, affirme Patrick Kanner. Il fait de la triangulation, de la provocation : il est sûr d'une chose, c'est que la seule personne qu'il peut battre potentiellement au second tour est quelqu'un de l'extrême droite. Son intérêt est de faire monter l'extrême droite, un cynisme totalement assumé. Derrière le prétexte sanitaire, il y a un calcul politique évident".

"L'anticipation n'est pas le fort de ce gouvernement manifestement"

Jean Castex était l'invité du journal télévisé de France 2 lundi 10 janvier. Il a notamment annoncé un allègement du protocole sanitaire dans les écoles, qui est le 3e en une semaine. La présidente des parents d'élèves de la FCPE [Fédération des conseils de parents d'élèves, NDLR] est en colère. "C'est un peu 'Jean-Michel à peu près !', dénonce Patrick Kanner. Avec 3 protocoles différents en 3 jours, il n'y a même plus de panique, on n'en peut plus !, assurent les parents d'élèves et les enseignants". Pour le sénateur, qui n'était pas défavorable à un report de la rentrée pour laisser passer le pic, "il y a eu un manque de préparation, on aurait pu prévenir. Gouverner, c'est prévoir et l'anticipation n'est pas le fort de ce gouvernement manifestement".

La solution de l'enseignement à distance est selon lui une bonne solution, "les enseignants sont prêts à faire des efforts en ce sens". Nouvelles explications par Blanquer ? "Maintenant, c'est Jean Castex qui prend le dossier en main, déplore Patrick Kanner. Jean-Michel Blanquer est démonétisé, y compris auprès de l'Élysée qu'il énerve ! On a un ministre qui est aujourd'hui en difficulté, dont la parole ne porte plus notamment chez les enseignants et peut-être encore moins chez les parents".

"La candidature de Christiane Taubira n'est pas une valeur ajoutée pour la gauche"

Il n'y aura pas de primaire à gauche pour les prochaines présidentielles, uniquement la primaire populaire. "Est-ce que Christiane Taubira ira ? Très probablement, estime Patrick Kanner. Ils vont tester y compris des personnes qui ne sont pas candidates, ce qui montre que ce n'est pas vraiment une primaire mais une consultation populaire. Yannick Jadot a dit qu'il ne serait pas candidat à cette primaire populaire. Madame Hidalgo va sûrement confirmer qu'elle ne sera pas candidate. Elle voulait une primaire au moins avec ceux qui veulent gouverner avec nous. Nous voulons gouverner avec les verts et c'était un bon moyen de départage. La dynamique passe par l'union. La gauche en confettis, c'est la gauche qui perd. Le sénateur regrette que la main tendue d'Hidalgo, qui a pris un risque, ait été refusée. Ce sont les logiques d'appareil qui l'ont emportées sur l'intérêt de la gauche".

Si Christiane Taubira remporte la primaire populaire, sera-t-elle candidate ? "Pas sûr !", soutient Patrick Kanner. Pour lui, "Madame Taubira aura peut-être du mal à avoir ses signatures, contrairement à Anne Hidalgo. Elle a une autorité morale, mais depuis 5-6 ans, elle a pris du recul avec la politique". Sa candidature est-elle une valeur ajoutée pour la gauche ? "Je ne le pense pas !".

 

 

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