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L'humeur de Périco Légasse : "Samuel Paty, un professeur assassiné pour un cours sur la laïcité"

OPINION SUD RADIO – Périco Légasse est revenu sur le verdict de la cour d’appel dans le procès des complices de l’assassinat de Samuel Paty, tué le 16 octobre 2020 par Abdoullakh Anzorov. Si certaines peines ont été réduites, les magistrats ont confirmé la qualification d’association de malfaiteurs terroriste.

Samuel Paty / Justice
Alain JOCARD - AFP/Archives

« Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty a rendu son verdict hier. L’assassin, Abdoullakh Anzorov, est mort, mais la justice devait se prononcer sur ceux qui ont participé, de près ou de loin, au mécanisme ayant conduit au drame.

Verdict jugé mitigé par certains. Trop sévère pour les uns, trop indulgent pour les autres. Mais l’essentiel est ailleurs : les condamnations sont fermes et les faits d’association de malfaiteurs terroriste (AMT) ont été confirmés.

"Abdelhakim Sefrioui condamné à 15 ans de prison"

Abdelhakim Sefrioui, condamné à 15 ans de prison en première instance, voit sa peine confirmée en appel. Décision vécue comme un choc par ses proches, mais saluée par ceux qui considèrent la sanction à la hauteur des faits. Brahim Chnina, initialement condamné à 13 ans, voit sa peine ramenée à 10 ans, une peine qui demeure lourde.

Quant à ceux qui ont apporté une aide matérielle au terroriste — en fournissant une arme ou en le transportant — Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ils écopent respectivement de 6 et 7 ans de prison, contre 16 ans en première instance.

"Une prétendue discrimination anti-musulmane de la part de Samuel Paty"

Le point central reste la confirmation de l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste. Malgré les plaidoiries de la défense — notamment celle de Francis Vuillemin, qui a invoqué une prétendue discrimination anti-musulmane de la part de Samuel Paty — les juges ont maintenu la qualification terroriste. La thèse consistant à renverser la responsabilité sur la victime n’a pas convaincu.

L’argument principal de la défense reposait sur l’absence de contact direct entre certains condamnés et l’assassin. Ni Abdelhakim Sefrioui ni Brahim Chnina n’avaient rencontré Anzorov. Mais la justice rappelle qu’en matière d’entreprise terroriste collective, l’absence de lien matériel direct n’exclut pas la participation dès lors qu’un mécanisme commun a été enclenché. C’est ce principe qui a prévalu.

"Il n’imposait rien, il expliquait ce qu’est le blasphème dans une République laïque"

Ce verdict adresse un message clair. Lancer des accusations, désigner une cible, attiser la vindicte sur les réseaux sociaux peut suffire à déclencher un engrenage fatal. On ne peut pas se retrancher derrière l’argument « je ne voulais pas qu’il meure » quand les faits ont conduit à l’irréparable.

Un professeur a été assassiné et décapité en France pour avoir dispensé un cours sur la laïcité et la liberté d’expression. Samuel Paty avait précisé à ses élèves que ceux qui pouvaient être choqués par certaines caricatures étaient libres de quitter la salle. Il n’imposait rien ; il expliquait ce qu’est le blasphème dans une République laïque.

"Poignardé puis décapité par un islamiste radicalisé"

Il a été poignardé puis décapité par un islamiste radicalisé. Nourri par un climat de dénonciation et par l’action de personnes que la justice qualifie aujourd’hui de complices dans une association terroriste.

Quinze ans de prison pour Abdelhakim Sefrioui. C’est le prix que la justice fait payer à ceux qui, en République française, appellent à la haine et contribuent à désigner une cible pour avoir exercé sa liberté d’expression. Pour ses soutiens, ce verdict honore la République. Et il se veut un avertissement à tous ceux qui voudraient importer sur le sol français des idéologies violentes, contraires aux principes fondamentaux du pays. »

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États. Sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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