C'est une avancée majeure dans le traitement du cancer du pancréas : un nouveau médicament, mis au point par le laboratoire américain Revolution Medicines, permet de doubler la durée de survie des malades atteints du cancer du pancréas. Décryptage avec le Dr Daniel Scimeca, médecin généraliste, au micro du Petit Matin Sud Radio.
"Près de 50% des patients décèdent dans l'année suivant le diagnostic"
Diagnostiqué le plus souvent à un stade tardif, le cancer du pancréas affiche des chiffres particulièrement alarmants : "près de 50% des patients décèdent dans l'année suivant le diagnostic, et seuls 12% survivent au-delà de cinq ans", indique le Dr Scimeca.
Dans ce contexte, l'arrivée d'un nouveau traitement, le daraxonrasib, marque une avancée notable. Testé principalement chez des patients à un stade avancé de la maladie, ce médicament, malgré son nom encore peu familier, "est un véritable porteur d'espoir".
"Un traitement qui double l'espérance de survie des patients"
Selon l'étude, ce médicament a offert aux 460 malades participants, déjà traités par chimiothérapie, une durée médiane de survie de 13,2 mois contre 6,7 mois seulement avec la deuxième chimiothérapie. "Ce qu'il veut dire qu'il permet de doubler la durée de survie des malades !"
Le traitement sera réservé aux cas les plus sévères. Pour l'instant, aucune date de mise sur le marché n’a été annoncée. "Ce que l'on sait, c’est qu'il s’agira d'un traitement oral, sous forme de comprimés, donc a priori plus simple d'utilisation", précise le médecin généraliste.
Un espoir élargi aux autres cancers
Au-delà du cancer du pancréas, ce nouveau traitement pourrait ouvrir des perspectives dans d'autres formes de cancers. Le médecin rappelle en effet que la mutation du gène RAS, ciblée par cette thérapie, est également retrouvée dans des cancers du rein et du poumon, laissant entrevoir des applications potentielles plus larges à l'avenir.
Mais en attendant ces avancées, la prévention reste essentielle : "activité physique régulière, alimentation équilibrée et limitation des excès de viande constituent des recommandations de base pour réduire les risques" rappelle le Dr Scimeca. Le spécialiste évoque également des facteurs environnementaux de plus en plus surveillés, comme l'exposition aux pesticides et aux engrais, notamment le cadmium, aujourd'hui au cœur des préoccupations sanitaires.
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