éditorial

L'édito de Michaël Darmon

A propos...

Journaliste au service économie et politique de TF1 de 1990 à 1993, il est le correspondant de la RTBF à Jérusalem de 1992 à 1993. En 1994, il entre à France 2, au sein du service politique. Il suit l...
Michaël Darmon ©Anthony Ghnassia
Politique

Les désaccords et autres bisbilles se succèdent entre les ministres du gouvernement

Le gouvernement réuni pour sa photo officielle (©THOMAS SAMSON - AFP)

Après un an de travail à un rythme très soutenu, les équipes ministérielles sont de plus en plus à fleur de peau, et certains commencent à prendre certaines libertés.

Ces derniers jours, on a assisté à une divergence affichée entre Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, et Édouard Philippe, Premier ministre, à propos des 80km/h. On a également assisté à une passe d’armes beaucoup plus inattendue entre les deux ministres de droite de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, sur les aides sociales apportées aux entreprises. Même si elles sont moins médiatisées, il y a aussi des bisbilles très régulières entre Françoise Nyssen, ministre de la Culture, et Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Françoise Nyssen tient par exemple beaucoup à ses prérogatives de ministre dans les manifestations culturelles et ne voulait pas que Marlène Schiappa participe à la soirée des Césars cet hiver. Jusqu’au dernier moment, il y a eu des pressions, notamment de la part de la réalisatrice Tonie Marshall, pour la faire venir. Mêmes bisbilles pour le festival de Cannes. Ça se relâche donc un peu en ce moment.

Dans les coulisses de l’Élysée, on remarque et on assume le fait que l’interview de Nicolas Hulot, préparée de longue date pour exprimer publiquement à la télévision ses états d’âme, a un peu ouvert une boîte de Pandore car personne ne l’a recadré derrière. Tout le monde se dit que finalement, on peut dire un peu ce qu’on veut après un an de pratique gouvernementale, quand les équipes sont souvent épuisées.

L’Élysée tente de calmer un peu le jeu, mais avec quelle méthode ? Faut-il retendre les positions, prendre les gens entre quatre yeux et mettre quelques baffes ? C’est une méthode et certains la préconisent. D’autres disent qu’il faudra peut-être travailler de manière plus collective. Il est vrai que les équipes sont très fatiguées et que les effectifs sont tendus. Rappelons qu’il n’y a que cinq conseillers maximum autorisés dans les ministères, sauf pour l’Élysée et Matignon, où il n’y a aucune limite !

Les réactions de l’opinion font leurs effets sur les politiques menées, les quelques ministres y sont sensibles et envoient leurs messages. Bruno Le Maire a voulu rappeler qu’il était de la droite libérale, Gérald Darmanin de la droite sociale, Gérard Collomb a envoyé son signal aux départements, etc. On voit bien que certains se disent qu’il faudrait peut-être changer un peu la donne.

Mais si l’on a vu depuis quinze jours une ambiance un peu électrique, il n’en reste pas moins que les effets de la première année commencent à se faire sentir. Le conflit à la SNCF est très certainement bientôt terminé, on verra bien comment tout cela se terminera. Peut-être que comme le dit la formule de Roland-Garros, ce sera "balles neuves"...

Réécoutez en podcast l’édito de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio

 

Les rubriques Sudradio