Laetitia Avia : "À LREM, on refuse d’avoir des courants, ce n’est pas notre approche"

Laetitia Avia, députée (LREM) de Paris

Députée de Paris, déléguée nationale et porte-parole de La République en Marche, Laetitia Avia était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce lundi. Politique pénitentiaire, orientation universitaire et mode de fonctionnement du parti LREM étaient notamment au programme.

Alors que des surveillants de prison se mobilisent depuis ce week-end après l’agression de trois d’entre eux par un détenu islamiste, leurs conditions de travail restent au cœur des préoccupations du gouvernement, assure Laetitia Avia, députée (LREM) de Paris, au micro de Sud Radio ce lundi. "Je ne pense pas qu’on puisse parler de laxisme quand on parle de notre politique pénitentiaire aujourd’hui. Il faut comprendre l’émotion des surveillants et les conditions dans lesquelles ils exercent leur mission. Avec les commissaires aux lois de l’Assemblée nationale, nous nous sommes rendus en prison il y a quelques semaines. J’ai vu une atmosphère extrêmement pesante pour ces surveillants, qui sont sous tension, dans un brouhaha constant. Il y a énormément à mettre en œuvre pour améliorer leurs conditions de travail. Il faut plus de moyens, plus de personnels. Dans les crédits justice votés dans le budget 2018, la grande majorité de l’augmentation du budget est destinée au domaine pénitentiaire et au renforcement des effectifs", rappelle-t-elle.

"Jean-Michel Blanquer, je lui mets une excellente note, 16 ou 17"

Celle qui est également déléguée nationale et porte-parole de La République en Marche a aussi évoqué l’entrée en application ce lundi de Parcours Sup, la nouvelle plate-forme d’orientation des bacheliers, que certains soupçonnent de mettre en place une sélection à l’université. "S’il n’y avait pas Parcours Sup, on serait encore avec ce système APB, un tirage au sort dans quelques mois et une situation catastrophique avec plus de 3000 bacheliers sans affectation. Le nouveau système permet de faire des choix et de réfléchir à son orientation. Je pense qu’il faut aussi lui donner sa chance avant d’aller manifester. Ce n’est pas un système de sélection mais d’organisation de l’orientation. Avec Parcours Sup, on peut faire dix choix et bien savoir quelles sont les connaissances et les appétences nécessaires pour réussir dans chaque filière", clame-t-elle avant de se réjouir de l’action de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale. "Jean-Michel Blanquer, je lui mets une excellente note. En six mois, il a accompli bien plus que ce que d’autres ont pu faire dans l’ensemble d’un quinquennat. Je lui mets 16 ou 17, parce qu’il y a toujours une marge de progression. Nous sommes très exigeants à LREM !", s’exclame-t-elle.

"Le PS, un combat de coqs sur un champ de ruines"

Une exigence que les députés LREM auront l’occasion de cultiver ensemble dès ce lundi puisqu’ils seront réunis en séminaire de cohésion et de travail. Si certains ont préféré sécher l’événement, Laetitia Avia refuse d’y voir un début de défiance ou de malaise. "Je ne dirais pas qu’il y a des états d’âme. De manière générale, mes collègues sont assez ravis de se retrouver ce matin. Nous assumons le fait de devoir travailler encore notre cohésion puisque nous n’avons pas 20 ans de militantisme commun comme nos collègues LR ou PS. (…) Je ne pense pas qu’il y ait un risque d’apparition de frondeurs. Au sein de LREM, il y a soit des nouveaux députés, soit des députés qui ont connu cette époque des frondeurs qu’ils rejettent avec force. Ce qui est compliqué avec les courants, c’est qu’ils sont créés autour de personnes et pas forcément de projets de travail. À LREM, on refuse d’avoir des courants. On a un programme, un équilibre dans nos idées, on va continuer de construire. C’est une approche qui ne correspond pas à notre façon de voir les choses", explique-t-elle.

Enfin, la députée LREM a eu un petit mot acerbe pour les candidats à la présidence du Parti socialiste, alors que Delphine Batho a fait part récemment de son intention, elle aussi, de tenter sa chance. "Je n'ai pas l’habitude de commenter la vie politique des autres partis, c’est pour ça que je n’ai jamais été engagée auparavant. Aujourd’hui, on est sur des candidats qui partagent les mêmes positions. C'est un combat de coqs sur un champ de ruines, je les laisse continuer", balaye-t-elle.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Laetitia Avia dans le Grand Matin Sud Radio

 

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