"La vérité historique sera une victime de plus de Vladimir Poutine" pour François-Xavier Bellamy

François-Xavier Bellamy, député européen LR, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio. Il revient notamment sur le discours attendu de Vladimir Poutine lors de la cérémonie du 9 mai à Moscou.

Poutine
François-Xavier Bellamy, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 9 mai, dans "le petit déjeuner politique".

Guerre en Ukraine, discours de Vladimir Poutine lors de la célébration du 9 mai en Russie, campagne des législatives : François-Xavier Bellamy a répondu aux questions de Patrick Roger.

François-Xavier Bellamy : "La vérité historique sera une victime de plus dans le discours de Vladimir Poutine"

La Russie célèbre le 9 mai la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945, alors que la guerre se poursuit en Ukraine. Tous les regards sont tournés vers Moscou et le discours de Vladimir Poutine. La crainte de François-Xavier Bellamy est que "la vérité historique ne soit une victime de plus dans le discours qu'il tiendra. Vladimir Poutine cherche à récupérer la mémoire du combat contre l'Allemagne nazie au profit de sa propagande d'aujourd'hui à travers la rhétorique de la dénazification de l'Ukraine complètement aberrante". Il y a selon lui "quelque chose d'indécent dans cette récupération. Quand l'URSS a déclaré la guerre à l'hyper-puissance nazie, c'est parce qu'elle était directement attaquée par Hitler, rappelle-t-il. Aujourd'hui, c'est Vladimir Poutine lui-même qui attaque l'Ukraine, qui ne menaçait pas la Russie. Personne ne peut sérieusement penser que les Américains allaient envahir la Russie".

"Vladimir Poutine s'est livré à une forme de transgression qui, si elle reste sans conséquence, transformera le monde, estime le député européen. Un monde dans lequel les puissances résolvent leurs différends par la violence. En commémorant le 9 mai, Vladimir Poutine transforme le travail de mémoire qui a été fait. Y compris en Russie, l'idée du 'plus jamais ça' dans l'idée de 'nous sommes capables d'avoir de nouvelles victoires'". Concernant la menace nucléaire, François-Xavier Bellamy reste prudent. "La politique consiste à anticiper le scénario du pire", explique-t-il. Pour lui, "la dissuasion nucléaire est le levier qui permet d'éviter que l'escalade n'aille plus loin encore. La question fondamentale est de savoir comment faire en sorte que la réponse de l'Europe, du monde occidental, soit susceptible de mettre fin à cette guerre".

 

Europe : "Cette dépendance nous installe dans une impuissance coupable"

Jusqu'où faut-il aller dans les sanctions contre la Russie ? "Nous sommes placés devant la situation de vulnérabilité européenne, déplore François-Xavier Bellamy. Celle que nous avons déjà connue face au Covid. J'ai dénoncé avec mes collègues au Parlement européen le fait que l'Europe est devenue dépendante pour produire les biens les plus importants pour garantir la souveraineté de nos démocraties. On a vu pendant la crise du Covid notre dépendance industrielle, sur la question des masques, des tests. On la voit aujourd'hui sur la production énergétique. Cette dépendance nous installe dans une impuissance coupable", estime le député européen.

"Les Européens ont réagi avec force au déclenchement de la guerre en Ukraine en mettant en oeuvre des réponses fortes de manière rapide. Aujourd'hui, nous arrivons au nerf le plus important : l'énergie. Sur ces questions, nous ne pouvons pas faire sans les importations qui viennent de Russie. Le vrai sujet est le gaz, affirme François-Xavier Bellamy. Le travail urgent est de tenter de construire les conditions d'une indépendance plus grande à l'égard de la Russie sur le plan énergétique. Emmanuel Macron n'a pas défendu le nucléaire pendant les dernières années de son mandat. Il a laissé la Commission européenne mettre le nucléaire à la marge de l'énergie en Europe".

 

 

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