Jordan Bardella : Masques : "Combien de vies auraient pu être sauvées si on les avait imposés ?"

Jordan BARDELLA était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 19 mai 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jordan Bardella interviewé par Patrick Roger dans le studio de Sud Radio.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont, le 18 mai 2020, annoncé un plan de 500 milliards d’euros de prêts pour les pays européens. Un plan qui ne convainc pas le vice-président du Rassemblement national : "on est devant un plan franco-allemand"."Il s’agit en réalité non pas de prêts, mais il s’agit d’adosser cette somme au budget européen, ce qui veut dire que ce sont les États qui contribuent le plus au budget européen qui devront rembourser cette somme, à savoir la France et le portefeuille des Français". "Il n’y a évidemment pas de quoi se réjouir", estime-t-il.

"L’Europe a été aux abonnés absents"

Durant la crise,"l’Europe a été aux abonnés absents". La réalité de l’Europe, pour l’eurodéputé, est qu’on "est en prison et on laisse à la charge de Mme Merkel et M. Macron la charge de fixer le loyer."

"L’Europe a totalement été absente de cette épidémie, elle a totalement échoué à gérer cette épidémie." En France, "les grands échecs" de la gestion de l’épidémie sont liés à"la lourdeur bureaucratique de l’État"."Ceux qui se sont débrouillés tous seuls ce sont les élus locaux, les acteurs de terrain. " Or, Emmanuel Macron veut, selon Jordan Bardella,"accélérer les transferts de souveraineté" en ajoutant"une strate supplémentaire" de bureaucratie. "Macron c’est l’anti-de Gaulle". Alors qu’il célébrait de Gaulle le dimanche 17 mai 2020,"il accélère dans le fédéralisme européen"."L’Europe ne marche pas et lui en redemande."

Par ce plan, selon le vice-président du Rassemblement national, la Commission européenne pourra flécher les fonds alors qu’elle a "à 63 reprises depuis maintenant plusieurs années que la France baisse ses dépenses de santé". "Le premier réflexe de Bruxelles a été de mettre en garde les pays qui ont rétabli les contrôles aux frontières" et"Emmanuel Macron impute les échecs de l’Europe à ce qu’il appelle les réflexes nationalistes".

Le président de la République "assume avoir créé une pénurie" de maques

Sur la stratégie de la France concernant les masques défendue par le Président dans un reportage diffusé le 18 mai 2020. "Emmanuel Macron a l’art de réécrire l’histoire", estime Jordan Bardella.  "Il assume avoir créé volontairement une pénurie" de masques. "Les soignants manquaient de masques, les médecins manquaient de masques, les pharmaciens ont eu interdiction de se fournir en masque auprès de leurs fournisseurs et d’en vendre."

"Ils ont menti aux Français", critique l’élu qui juge que "c’est hallucinant". Jérôme Salomon, Sibeth Ndiaye, Édouard Philippe "ont défilé sur tous les plateaux de télévision dès le mois de février pour expliquer que le port du masque ne servait à rien, pour infantiliser les Français en expliquant qu’ils ne savaient pas mettre des masques". Or, rappelle, Jordan Bardella, ils ont "changé d’avis un mois plus tard".

Une étude, parue dans la presse et citée par Jordan Bardella, annonce que le port du masque dès le début du déconfinement permettrait "de sauver 80.000 vies". Or, s’interroge l’élu,"combien de vies aurait-on pu sauver si on avait imposé cette mesure de bon sens dès le début ?"

"Ils ont organisé volontairement, de l’aveu même du chef de l’État, une pénurie et surtout ils ont menti aux Français et devront en rendre des comptes."

"Il faut que la vie reprenne"

L’ouverture des lieux de culte, imposée par le Conseil d’État le 18 mai 2020, est pour Jordan Bardella une bonne décision. "Les cultes ont prouvé durant cette crise leur esprit de responsabilité". "À partir du moment où on autorise les rassemblements de dix personnes, les cultes peuvent parfaitement s’organiser" pour que les conditions de sécurité sanitaires qu’impose la pandémie soient respectées. "Il faut que la vie reprenne."

"Si les conditions sanitaires sont assurées alors la démocratie doit aussi être déconfinée."

Concernant les élections en juin, la question reste en suspens et Jordan Bardella ne se prononce pas de manière définitive. "Est-ce qu’on va permettre à chaque électeur d’avoir un masque à l’entrée du bureau de vote et de se fournir en gel hydroalcoolique ?" Et est-ce que les Français qui vont tenir les bureaux de vote auront "des masques FFP2 renouvelés toutes les 4 heures" ? Autant de questions que se pose Jordan Bardella et pour lesquelles il estime la réponse plutôt négative. "Je n’en suis pas certain."

"Si c’est le cas alors le deuxième tour des municipales pourra être envisagé" en juin. Mais dans le cas contraire, "le risque sera bien trop important". "Si les conditions sanitaires sont assurées alors la démocratie doivent aussi être déconfinée."

"On discute avec ceux qui veulent discuter avec nous"

Alors que plusieurs rumeurs courent au niveau d’un retour de Florian Philippot au Rassemblement national ou encore d’une alliance du RN avec Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella est catégorique : "absolument pas" ; ce ne seraient que des rumeurs sans fondement. Mais le vice-président du parti RN laisse la porte ouverte. "On discute avec ceux qui veulent discuter avec nous."

"Il faut d’ores et déjà préparer l’alternance à Emmanuel Macron", estime l’eurodéputé. "Un quinquennat pour quoi faire ?" s’interroge-t-il. "Les quelques mesures qu’il a mises sur la table ont été annulées."

Par contre, Florian Philippot étant "parti" il est un "non-sujet". "En tout cas, nous appelons tous ceux qui veulent dès maintenant construire une alternance à Emmanuel Macron" à rejoindre ou suivre le Rassemblement National pour la Présidentielle 2022.

"La réalité est qu’il n’y a pas de traitement miracle aujourd’hui contre le covid"

Alors que Donald Trump a annoncé prendre en prévention de la chloroquine, pour Jordan Bardella la situation actuelle est simple. "M. Raoult a eu au moins le mérite de mettre ce traitement sur la table" mais "la réalité est qu’il n’y a pas de traitement miracle aujourd’hui contre le covid".

"Il faut poursuivre les efforts de recherche, notamment sur les vaccins" et que chacun soit responsable. Et surtout "il faut qu’on puisse se fournir en masques, en tests, en gel hydroalcoolique pour pouvoir reprendre une vie normale."

 


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