Jean-Claude Martinez : "le silence autour de la Nouvelle-Calédonie est un mystère"

Jean-Claude Martinez, Président-fondateur de l’Union pour la Nouvelle-Calédonie, professeur de droit public et en sciences politiques à l’Université Paris 2 et auteur du manifeste "Nouvelle-Calédonie, quoiqu’il en coûte la France doit rester", était l’invité d’André Bercoff le 1er décembre 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-14h, "Bercoff dans tous ses états".

Jean-Claude Martinez
Jean-Claude Martinez, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Pour Jean-Claude Martinez, "le silence autour de la Nouvelle-Calédonie est un mystère". "La Nouvelle-Calédonie c’est autour de 18.000 km2 et 275.000 habitants", explique-t-il. "À Shikoku, au Japon, avec rigoureusement la même superficie, il y a près de 4 millions d’habitants. À Hawaï, 16.000 km2, pratiquement la taille de la Nouvelle-Calédonie, il y a 1,4 million d'habitants", compare le professeur de droit public.

"Les indépendantistes", néo-calédoniens, explique Jean-Claude Martinez, c’est "entre 100.000 et 120.000". "C’est l’équivalent de l’agglomération de Béziers", explique-t-il. Pour le Président-fondateur de l’Union pour la Nouvelle-Calédonie, c’est comme si "Robert Ménard avait découvert du Nickel dans les vignes et qui, poussé par les Chinois, demande l’indépendance de l’agglomération de Béziers".

 

Nouvelle-Calédonie : Il s'agit en réalité du "sixième référendum"

"Tout le monde dit le troisième référendum", explique Jean-Claude Martinez, mais pour lui, il s’agit en réalité du "sixième référendum". "En partant de 2018, 2020 et puis 2021", il s’agit bien "du troisième", juge-t-il. "Mais en réalité, le premier, c’était celui de Bernard Pons, qui était ministre d’Outre-Mer, le 13 septembre 1987", explique le professeur de droit public. "Il y avait 46.000 voix contre l’indépendance, sur 50.000 votants puisque le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) avait boycotté le vote. C’est le premier référendum. Disons le référendum de Bernard Pons, 1987. Avant qu’il y ait les présidentielles de 88", explique Jean-Claude Martinez.

"Puis il y a le référendum que l’on a oublié, national, métropole comprise, du 6 novembre 1988. Qui portait sur la question : approuvez-vous le projet de loi portant la préparation à l'autodétermination ?", explique Jean-Claude Martinez. Il y avait eu "une abstention en métropole folle", raconte-t-il, "63% d’abstention, 34% de votants. En revanche sur le territoire néo-calédonien, c’est l’inverse. Il y a 62% de votants". "Évidemment, les gens, on leur dit autodétermination, ils votent pour l'autodétermination. C’est approuvé. Mais ici aussi c’était partagé", explique-t-il.

 

Les indépendantistes "ont décidé de boycotter et de délégitimer le référendum"

"Puis, le troisième référendum qu’on a encore aussi oublié, c’est le référendum du 8 novembre 1998", explique le Président-fondateur de l’Union pour la Nouvelle-Calédonie, "pour approuver ce qu’on appelle les accords de Nouméa". "Il y a eu les accords de Matignon, et Oudinot, au mois d'août 1988 avec Michel Rocard et puis 10 après, les accords de Nouméa, en 1998", raconte Jean-Claude Martinez au micro de Sud Radio. Ces accords ont conduit à la promulgation de la loi constitutionnelle du 20 juillet 1998 relative à la Nouvelle-Calédonie. Le Titre XIII de la Constitution est consacré au statut de la Nouvelle-Calédonie. "Les accords de Nouméa ont fait l'objet d’un référendum uniquement en Nouvelle-Calédonie", explique-t-il. La question posée était : "approuvez-vous l’accord signé à Nouméa le 5 mai 1998 ?", rapporte-t-il. "Il y avait 79.000 votants et ça se partageait au niveau des résultats".

"L’accord de Nouméa prévoyait qu’il y aurait trois référendums. Si le premier ne donnait pas l’indépendance on en faisait un deuxième, si le deuxième ne faisait pas l’indépendance, on en ferait un troisième", explique Jean-Claude Martinez en rappelant les trois derniers référendums, "2018, le quatrième, 2020, le cinquième et maintenant 2021". Pour Jean-Claude Martinez, "le FLNKS sent qu’avec l’affaire du Covid et ses 275 morts, essentiellement dans la province Nord et la province indépendantiste, la population découvre que la France a joué un rôle pour amener des masques, etc." Selon lui, ils voient qu'ils "peuvent perdre". "Ils ont donc décidé de boycotter et de délégitimer le référendum à cause de ça", juge le professeur de droit public. D'après lui, cela permettra à "la quatrième commission de l’ONU de dire : oui, bien sûr, vous avez fait un référendum, c’est le troisième, mais regardez les populations autochtones, le peuple autochtone canaque, n’a pas voulu voter, donc ce n'est pas bon. Donc on va refaire" un référendum, explique Jean-Claude Martinez.

 

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