Jean-Baptiste Lemoyne : "On en est à 38 milliards d'euros d'aides sur le secteur du tourisme"

Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 19 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

Jean-Baptiste Lemoyne
Jean-Baptiste Lemoyne, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 19 octobre, dans "le petit déjeuner politique".

Tourisme, éoliennes, campagne des présidentielles : Jean-Baptiste Lemoyne répond aux questions de Patrick Roger.

Jean-Baptiste Lemoyne sur le tourisme : "Il y a un vrai retour des clientèles européennes de proximité"

Le tourisme est l'un des secteurs qui a le plus souffert de la crise du Covid. La reprise semble être d'actualité, "grâce à la vaccination qui est montée en puissance et au pass sanitaire", se félicite Jean-Baptiste Lemoyne qui constate "une saison estivale non seulement normale, mais avec un vrai retour des clientèles européennes de proximité". "La France, par son emplacement géographique, fait que toutes ces clientèles, qui cherchent à voyager en circuit court, se sont tournées vers notre pays, qui en a sous le pied, qui a de la ressource !", explique le secrétaire d'État.

Concernant la clientèle internationale en général, "les Américains et Canadiens ont commencé à revenir cet été", affirme-t-il. Des statistiques qui sont mises en lumière grâce "à la cellule mise en place pour la conversion de leur certificat de vaccination en pass sanitaire". "70% de la demande venaient du continent nord-américain", note Jean-Baptiste Lemoyne. Ce qui se voit dans l'hôtellerie qui accueille la clientèle internationale. "En revanche, côté Asie, ça reste durablement entravé", reconnaît-il. "Les conditions de retour en Asie imposées par les pays asiatiques sont très strictes, avec une stratégie de zéro-Covid. On en a encore pour plusieurs mois avant de voir revenir cette clientèle".

Le secrétaire d'État chargé du tourisme perçoit "des signaux intéressants au niveau global", liés au tourisme événementiel, des salons, des foires, des séminaires, "ça repart", se réjouit-il. "Depuis le mois de septembre, ça y est, la clientèle d'affaire revient, européenne et internationale", note Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Remontées mécaniques : "Il ne faut pas exclure le pass sanitaire"

"On espère avoir entre 40 et 45 millions de touristes internationaux sur l'année", confie le secrétaire d'État. "On divise par 2 par rapport à ce qu'on faisait d'habitude, parce que le tourisme a été touché de plein fouet, mais c'est un retour progressif à la normale. On met les bouchées doubles en terme de promotions sur les marchés internationaux", explique Jean-Baptiste Lemoyne. À l'approche de la saison d'hiver, le gouvernement a mis "2 millions d'euros supplémentaires pour attirer les skieurs chez nous".

La saison précédente avait été marquée par la colère des professionnels de la montagne contre les restrictions. "Tignes a déjà ouvert !", répond le secrétaire d'État au Tourisme, qui ajoute que "les Deux-Alpes vont ouvrir pour la Toussaint". "Aujourd'hui, les stations sont dans le droit commun national, notamment pour les restaurants et boîtes de nuit qui demandent le pass sanitaire", précise-t-il. "À ce stade, pour les remontées mécaniques, ça a commencé sans le passs sanitaire. Mais il ne faut pas l'exclure, le pass, c'est ce qui permet de rester ouvert quoi qu'il arrive", affirme Jean-Baptiste Lemoyne. Le pass sanitaire pour utiliser les remontées mécaniques n'est donc pas exclu, "c'est une réflexion en cours, on apportera la réponse prochainement", promet-il. "On voit qu'en Grande Bretagne, le taux d'incidence est très élevé. En France, il est aussi en légère augmentation. Les professionnels du ski veulent l'assurance de pouvoir rester ouvert, peut-être avec pass sanitaire".

Jean-Baptiste Lemoyne tient toutefois à rassurer. "Aujourd'hui, 85% de la cible vaccinable est vaccinée ! Et la plupart des gens qui viennent en station prennent le TGV, l'avion, ils sont soumis de fait au pass sanitaire", précise le secrétaire d'État qui appelle à "ne pas se focaliser sur ces modalités". 

À la veille des vacances de la Toussaint, le taux de réservation du côté de l'hôtellerie de plein air "est très bon". Le secrétaire d'État chargé du Tourisme constate "une envie de souffler". Pour les vacances de Noël, en revanche, "les réservations montent en flèche pour les destinations 'soleil', parfois sur des destinations étrangères. Les Antilles, l'océan Indien rencontrent beaucoup de succès", rapporte Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Jean-Baptiste Lemoyne : "On en est à 38 milliards d'euros d'aides sur le secteur du tourisme"

Certains regrettent que les aides n'arrivent pas forcément aussi vite que prévu. "On a mis le paquet sur les aides", affirme Jean-Baptiste Lemoyne. "On en est à 38 milliards d'euros sur le secteur du tourisme".

"S'il y a des problèmes de versement, je donne mon mail, vous m'envoyez ça directement ! jean-baptiste.lemoyne@diplomatie.gouv.fr"

"On s'occupe avec mon Cabinet que le versement se passe dans les meilleurs conditions !" assure-t-il.

Le gouvernement peine à faire face aux plateformes comme Booking et AirBnB ? "La loi Élan adoptée en 2020 met en place des sanctions", rappelle-t-il. Une loi qui permet, "aujourd'hui, aux juges de sanctionner les plateformes qui mettent en ligne des annonces qui ne sont pas numérotées ou qui ont dépassé le seuil de location de 120 jours par an". "Les plateformes sont des outils, certaines se comportent mieux que d'autres", précise le secrétaire d'État.

Pour chercher de l'argent, faut-il taxer un peu plus ces plateformes ? "Il y a quelques jours, on a atteint enfin un accord pour mettre en place une taxation sur les Gafa", se réjouit Jean-Baptiste Lemoyne. "On a eu ce consensus international sur cette taxation minimale, on ne reste pas les bras ballants, c'est du boulot !".

Éoliennes : "On a suffisamment cotisé à l'impôt révolutionnaire éolien !"

Sur les paysages et l'environnement, Jean-Baptiste Lemoyne reste mesuré sur les éoliennes. "Il en faut sûrement un peu, mais il faut bien choisir les endroits et il y a des endroits dans lesquels on en a mis trop !", admet-il. "On a suffisamment cotisé à l'impôt révolutionnaire éolien ! La loi a dessaisi les élus locaux de leurs compétences sur ce sujet. C'est problématique", regrette le secrétaire d'État.

 

"La maison et le jardin, c'est quelque chose auquel tout un chacun aspire"

Emmanuelle Wargon a dit stop aux maisons individuelles. "Les réseaux sociaux ont un peu travesti sa pensée", estime Jean-Baptiste Lemoyne. "Dans l'imaginaire français, la maison et le jardin, c'est quelque chose auquel tout un chacun aspire. Ce qu'elle visait, c'est qu'il y a pu avoir dans les années 60-70 des lotissements implantés parfois au milieu de nulle part, posant des problèmes de raccordements de réseaux", explique le secrétaire d'État. "Les Français ont cet attachement à la propriété et c'est normal de vouloir avoir son toit", reconnaît-il.

 

Jean-Baptiste Lemoyne : à LREM, "il y une ambiance incomparablement plus saine"

Ministre issu de la droite, Jean-Baptiste Lemoyne ne regrette pas son choix. "Il voulait faire à l'échelle française ce que j'ai conduit à l'échelle municipale ou départementale : réunir des gens qui sont d'accord sur un projet pour leur pays". Malgré les diverses origines politiques des ministres ou des députés LREM, le secrétaire d'État fait état d'une ambiance "incomparablement plus saine" que ce qu'il a connu dans le passé.

Édouard Philippe a lancé son parti "Horizons", au début du mois. "Il avait fait un choix différent de celui que j'ai fait, avec Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu qui avons adhéré à LREM". À l'époque, le Premier ministre ne souhaitait pas adhérer à une structure. "Je me réjouis qu'il ait annoncé la couleur", confie Jean-Baptiste Lemoyne qui est heureux de le voir soutenir le président de la République.

La progression d'Éric Zemmour dans les sondages pourrait s'expliquer par "des appareils partisans qui ont été pas mal chahutés à droite comme à gauche depuis 2017", souligne-t-il. "On est dans ce phénomène qui va aller au bout, une partie de la droite va se reconnaître dans le président de la République et une autre partie, plus souverainiste, risque de se reconnaître dans Éric Zemmour", estime le secrétaire d'État. "La droite n'a plus son espace central parce qu'elle a fait le choix de courir après les lubies d'autres", regrette-t-il.

 

 

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