Interview d'Emmanuel Macron - Maires, politologues, médecins, policiers, qu'attendent-ils ?

Alors qu'émanent des volutes de couvre-feu - 20 heures, 22 heures, 23 heures ? - dans les zones placées "en rouge écarlate", la sixième intervention du président de la République depuis le mois de mars au sujet de l'épidémie de Covid-19 sera scrutée de près. Le Dr Marty, la maire de Mulhouse, le politologue Bruno Cautrès et un représentant de policiers seront parmi les premiers devant leur écran.

Le président de la République s'exprimera devant les Français pour la sixième fois depuis le début de la crise sanitaire, ce soir à 19h45. (Photo de Ludovic Marin / AFP)

Propos recueillis par Mathilde Choin pour Sud Radio.

 

Michèle Lutz, maire LR de Mulhouse, se dit prête à opter pour des mesures coercitives par souci de santé publique. Avant, en mars (ndlr), le contexte n'était pas du tout le même qu'aujourd'hui : nous étions dans un moment où on ne savait pas très bien comment le virus se transmettait, comment se protéger. Il est aussi de la responsabilité d'un maire de protéger sa population. Alors, si je devais prendre des mesures restrictives, je le ferai."

 

Un politologue du CNRS estime l'intervention du président nécessaire à l'approche des congés de fin d'année

Bruno Cautrès, politologue au CNRS, attend de l'interview qu'elle clarifie concrètement la ligne de conduite jusqu'à décembre a minima. "Emmanuel Macron doit monter au créneau dans une situation où l'opinion publique se sent déboussolée, où le Premier Ministre a du mal dans sa communication. Il faut expliquer aux Français où nous en sommes, ce qui les attend dans les semaines et les mois à venir, alors qu'une période tout à fait importante arrive : les vacances de la Toussaint et la perspective des congés de fin d'année."

 

Le Dr Marty déplore la stratégie de confinement-reconfinement et suggère une méthode "efficace"

Le Dr Jérôme Marty, auteur de : "le couvre-feu, c'est un reconfinement à certaines heures de la nuit. Est-ce que c'est ce type de mesures qu'il faut prendre ? En réalité, il faut tester de façon efficace, qu'on trace de façon efficace et qu'on isole de façon efficace. C'est ça qui va nous permettre de sortir de la maladie, pas des confinements qui ne sont ni plus ni moins que des "stop and go". Car on arrête puis on relance mais sans avoir fait baisser du tout la présence virale. Quand on en arrive là, c'est qu'on a échoué sur le reste."

 

Les policiers lassés de verbaliser : "Ça ne nous paraît pas être la méthode adaptée !"

Bruno Bartocetti, secrétaire national pour la zone Sud du syndicat SGP-Police, recueille les colères et anxiétés des policiers depuis le début de la crise sanitaire. Et incite à plus de pédagogie, plutôt que de dresser mécaniquement des amendes. "C'est quand même un travail assez ingrat dans la mesure où nous avons des missions bien plus importantes. Ce n'est pas pour autant qu'il faudra rejeter ces mesures mais pour nous, c'est surtout l'approche qu'on peut avoir avec tous ces commerçants qui souffrent au quotidien. Pour nous, ce n'est pas agréable de verbaliser en appliquant ces textes. Je reste convaincu que mes collègues travailleront dans un premier temps dans de la pédagogie. Verbaliser systématiquement ne nous paraît pas tout à faite adapté."