Hervé Morin sur les vaccins : "Les polémiques étaient utiles, le gouvernement a changé de politique et de stratégie"

Hervé Morin, président de la région Normandie et président des Centristes, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 6 janvier 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Hervé Morin interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 6 janvier 2021 à 7h40.

Le gouvernement s'attire les foudres face à la lenteur de la campagne de vaccination contre la Covid-19. Il a annoncé vouloir accélérer la cadence tandis que le Premier ministre a dénoncé, mardi 5 janvier, les "polémiques stériles". Un point de vue contredit par Hervé Morin : "s’il fallait souligner à quel point elles ont été utiles, c’est que le gouvernement a changé de politique et de stratégie". S’il concède que les critiques étaient parfois "un peu dures", il juge qu’elles néanmoins "étaient utiles".

"Vacciner le plus rapidement possible c’est protéger des vies"

Le président de région, qui s'est entretenu avec le président de l’Union régionale des médecins libéraux de Normandie, rapporte que "la consultation pré-vaccinale de quatre jours était abandonnée". Une consultation qui posait en effet de nombreuses questions, surtout concernant le délai de quatre jours maximum, "alors que pour un vaccin traditionnel vous allez à la pharmacie et on vous le fait dans la seconde".

Pour Hervé Morin, "au-delà du fait que vacciner le plus rapidement possible c’est protéger des vies, on l’oublie tout de même, est-ce que le pays se met en situation de pouvoir profiter de la reprise économique mondiale le jour où elle interviendra ?" Pour en profiter, explique-t-il, il faudra que "les outils de production marchent à fond". "On voit bien que notre pays aujourd’hui est en retard sur les autres", souligne le président de la région Normandie.

"Faire confiance aux élus locaux"

Le président des Centristes s'en prend au gouvernement sur sa vision des élus locaux : "si on avait fait confiance aux élus locaux, si on considérait qu’on mettrait autour de la table tous ceux qui peuvent participer à une politique de vaccination la plus massive et la plus rapide possible", la vaccination pourrait accélérer plus facilement et la France n’aurait pas de retard. "Il faut des lieux, pour vacciner", souligne Hervé Morin qui rappelle que nombre de ces lieux potentiels sont sous la responsabilité des élus locaux, comme les écoles, les salles des fêtes ou encore les gymnases.

"On aurait pu demander aux maires : allez nous chercher les infirmières, les pharmaciens, les médecins en retraite pour leur demander de participer à la campagne de vaccination", propose-t-il, précisant "que nous avons des dizaines de milliers de bus sous notre autorité puisqu’on transporte notamment les enfants tous les matins". Ce qui aurait pu permettre de faciliter le transport des personnes âgées.

"Olivier Véran a échoué en tout"

L’élu souligne également que la France aura reçu, à la fin de la première semaine de janvier, "un million de doses". "Hier soir, Olivier Véran, nous dit ‘c’est formidable, il y a 5.000 personnes vaccinées en France’. Il y a eu 500.000 vaccins livrés la semaine dernière", rappelle le porte-parole des Centristes. Pour Hervé Morin, c’est simple : "la suffisance de ce ministre qui a échoué en tout est assez extraordinaire".

"Il a échoué sur les masques, il a échoué sur les vaccins, il a échoué sur l’application et il a échoué sur les tests", énumère-t-il. "Si avec tout ça vous considérez que c’est un ministre de la Santé qui a fait le job...", s'indigne le président de la Normandie. "En fait, tous ces politiques sont otages de la bureaucratie et de la technocratie", estime Hervé Morin.

"15 millions de personnes vaccinées dans le meilleur des cas à la fin de l'été"

Hervé Morin dévoile être "en discussions avec un grand groupe pharmaceutique pour acheter des doses de vaccin". Le président de région souhaite en effet qu'un retour à la normale se fasse le plus rapidement possible, alors qu'il ne devrait y avoir que "15 millions de personnes de vaccinées dans le meilleur des cas à la fin de l'été". Parmi les personnes non vaccinées, il y aura, de fait, "la population active", souligne Hervé Morin qui "souhaite être en capacité de proposer à ceux qui veulent pouvoir aller bosser librement" de pouvoir le faire.

Le président de région rapporte qu'un bon nombre d'entreprises "étaient totalement saines et performantes il y a un an et sont aujourd'hui au bord du précipice". Il appelle à "vacciner massivement pour se protéger d'une troisième déferlante qui serait dramatique", puisque pour Hervé Morin, "la chape de plomb actuelle devient insupportable pour chacun d'entre nous et que notre pays est au bord de l'effondrement".

"Macron est aussi responsable"

Après les fuites du coups de colère d'Emmanuel Macron, qui paraît dans le Canard enchaîné, ce mercredi, Hervé Morin ne croit pas du tout en la sincérité du président de la République. "C'est lui qui décide de tout, il a validé le processus, qu'il ne nous raconte pas d'histoire", réagit-il. Selon le porte-parole des Centristes, il s'agit "d'une manipulation de l'opinion", Emmanuel Macron étant "aussi responsable du modèle technocratique et bureaucratique".

Dans le même temps, l'ancienne ministre de la Santé et ancienne candidate à la mairie de Paris, Agnès Buzyn, vient d'être nommée à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Ça ne concourt pas à redresser l'image que nous avons dans l'opinion publique sur les politiques", réagit Hervé Morin. "Ce qui me fascine, c'est que le nouveau monde qui évoquait un État qui allait être efficace, exceptionnel, faisant appel à des cabinets de consulting américains. Au final, il procède exactement de la même façon", déplore-t-il.

 

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