Gilles Platret - Pass sanitaire : "on est en train de ramener, avec l’Europe, la vaccination obligatoire"

Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, vice-président des Républicains et candidat aux régionales en Bourgogne-Franche-Comté, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Benjamin Glaise le 26 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Gilles Platret interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio le 26 février 2021 à 7h40.

Gilles Platret : "Il y a une espèce d’incapacité du Premier ministre à faire passer les messages"

Jean Castex, lors de la conférence de presse qu’il a tenue le 25 février 2021, n’a pas annoncé d’autres reconfinements locaux que ceux déjà connus de Nice et Dunkerque. 20 départements sont toutefois placés sous surveillance renforcée et de nouvelles mesures pourraient être prises par la suite. La prestation du Premier ministre a été "égale aux précédentes", estime Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, vice-président des Républicains et candidat aux régionales en Bourgogne-Franche-Comté. "Aujourd’hui, la politique, c’est aussi communiquer et savoir communiquer", rappelle l’élu qui juge que les auditeurs ont des difficultés "d’accrocher aux propos" du Premier ministre. "Il y a une espèce d’incapacité du Premier ministre à faire passer les messages." Un défaut qu’il ne reproche pas à Édouard Philippe, ancien Premier ministre.

Pour le maire de Chalon-sur-Saône, "c’est un peu ennuyeux, parce que dans ce contexte là, il faut inspirer de la confiance". Néanmoins, Gilles Platret tient à préciser qu’il ne parle que de "la forme" des conférences de presse et ne juge pas, ici, de la "capacité à être utile à son pays" de Jean Castex.

Les reconfinements de Nice et Dunkerque semblent trancher avec l’attente du gouvernement ailleurs en France. "La multiplication des communications est importante", analyse le vice-président des Républicains : "le Premier ministre, en termes gouvernementaux, a l’air de se contredire dans la même semaine". De plus, quelques heures plus tard, Emmanuel Macron a annoncé "des choses, alors encore très floues comme d’habitude, sur une espèce de passeport sanitaire" dont n’a pas parlé Jean Castex. Pour Gilles Platret, "c’est complètement illisible pour les Français".

 

 

Pass sanitaire : "Vous sortez de l’entretien, vous n’avez pas compris ce qu’il voulait dire"

Le Pass sanitaire évoqué par Emmanuel Macron ne sera pas un passeport sanitaire. "J’ai écouté également le président de la République hier soir, il nous a fait du Macron dans le texte", estime Gilles Platret. "Vous sortez de l’entretien, vous n’avez pas compris ce qu’il voulait dire."

Le Pass sanitaire serait "un passeport sanitaire, qui ne serait pas vaccinal, mais à l’intérieur duquel figurerait tout de même le vaccin", explique le vice-président du parti Les Républicains.
Or, il rappelle qu’il était contre "la vaccination obligatoire" et est donc "contre le passeport vaccinal". "Là, on est en train de la ramener avec l’Europe, la vaccination obligatoire", estime Gilles Platret qui juge qu’il y a "un loup dans le placard".

 

"Les confinements le week-end, ça n’apportera rien" !"

Sur le Pass sanitaire, "on a besoin de clarté". En tant que maire, il souligne que "le problème majeur de la gestion de la crise sanitaire, c’est l’absence d’horizon". "Je ne dis pas qu’il soit facile de gouverner en ce moment" tient à préciser l’élu. "Pour autant, ce qu’attendent nos concitoyens, c’est d’avoir une ligne". "Aujourd’hui, on n’a pas de ligne" et "les confinements le week-end, ça n’apportera rien", explique Gilles Platret. L’élu demande des décisions précises mais juge qu’on est dans "un en même temps sanitaire qui est terrible. Nos concitoyens aujourd'hui perdent l'espoir parce qu'il n'y a pas de ligne directrice".

 

"N’oublions jamais que c’est quand même la Chine qui a provoqué ce désordre mondial"

Les 20 départements sous surveillance pourraient être confinés le week-end dès le 6 mars 2021. "Moi, je suis, évidemment comme chacun, très soucieux de savoir comment va se comporter le variant anglais", explique le maire de Chalon-sur-Saône qui tient à rappeler que si on parle de variants de différentes nationalités, "on a juste oublié que le virus était chinois". "N’oublions jamais que c’est quand même la Chine qui a provoqué ce désordre mondial."

Lorsque la crise sera terminée, il y aura l’analyse des pays qui ont le plus gagné et perdu avec cette crise, "et la Chine, à mon avis, a bien tiré les marrons du feu", déclare le vice-président des Républicains. "Ma grande préoccupation, je ne vais pas la cacher, c’est : est-ce que nos vaccins en cours seront suffisants pour résister à ces nouveaux variants ?"

Pour faire face à l’épidémie, "je suis favorable à cette histoire de territorialisation", souligne le maire, car elle permet de prendre en compte les situations locales et "les solutions que nous pouvons apporter localement". "Si on nous avait écoutés plus tôt, peut-être qu’on aurait évité un certain nombre de faillites" de commerçants. Gilles Platret tient à réaffirmer que "le reconfinement doit à tout prix être évité : les effets, les conséquences humaines du confinement seront sans doute dramatiques au point qu'elles dépassent peut-être le nombre de morts de l'épidémie".

 

"Il faut que la justice des mineurs se durcisse, on est angéliques dans ce pays"

Gilles Platret revient sur les rixes entre bandes rivales qui se multiplient, sur la guerre de territoires entre très jeunes. "À l'échelle d'une ville plutôt tranquille comme Chalon-sur-Saône, je vois le phénomène monter de violence, d'accaparement du territoire, explique-t-il. Aujourd'hui, vous avez des jeunes qui très tôt sont contre la société, contre l'autorité, mais il y a aussi un phénomène nouveau sur lequel il va falloir se pencher : la question de l'échange d'informations et des images sur les réseaux sociaux qui nourrissent les bandes, souligne-t-il. Il y a un effet d'entraînement : la violence est scénarisée par les jeunes, ça devient un rite qui est complètement dans la vie quotidienne de ces jeunes".

Pour lutter, "il faudrait déjà prendre des mesures immédiates : la sécurisation des populations qui sont au milieu de tout ça, estime-t-il. Les moyens matériels doivent être mis en place, je suis favorable au déploiement de la vidéo protection partout. Il doit y avoir un fonds d'intervention d'urgence pour aider les communes qui veulent équiper leur police, se vidéoprotéger. Et ensuite, il faut que l'État nous aide, et pas seulement sur des coups médiatiques. Pour lui, la police est sous-dotée, on a des commissariats misérables. Il faut surtout que la justice des mineurs se durcisse, on est angéliques dans ce pays : un mineur est forcément un innocent ! Aujourd'hui, un mineur même de 13 ans n'est plus un innocent, il est dans un système de délit et il faut le traiter comme tel".

 

"La communauté musulmane est fâchée avec toutes les viandes qui ne sont pas abattues rituellement selon le hallal"

Gilles Platret est également revenu sur la polémique du moment dans les cantines, avec l'annonce d'un menu unique sans viande à Lyon. Lui, avait supprimé les menus de substitution au porc par souci de laïcité, mesure retoquée par le Conseil d'État qui a dit "vous ne pouvez pas interdire les plats de substitution au porc au nom de la laïcité". Toutefois, explique l'élu de Chalon-sur-Saône, "il ne m'oblige pas de revenir en arrière". De fait, "depuis 2015, il n'y a pas de plats de substitution dans les cantines de Chalon, et il n'y en aura pas. Je ne vais pas les remettre." Il souligne que "ça se passe très bien" et que "les gamins ne sont pas traités sans considération de leur religion".

Pour lui, cette affaire peut être liée à celle de Lyon qui est "du communautarisme vert". "On a, à Lyon, supprimé le plat principal, et on a mis le plat de substitution, qui est un plat végétarien." Le vice-président des Républicains estime que c'est "scandaleux" car il s'agit d'un "communautarisme qui ne dit pas son nom". "On est en train de flatter un communauté, en l'occurrence la communauté musulmane, qui n'est pas simplement aujourd'hui fâchée avec le porc, mais qui est fâchée avec toutes les viandes qui ne sont pas abattues rituellement selon le hallal."

 

 

 

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