Gaspard Gantzer : "il faut recoudre Paris : la ville est trop petite, elle étouffe"

Gaspard Gantzer, candidat à la mairie de Paris, fondateur de "Parisiennes, Parisiens" et auteur de "Nous autres Parisiens" (aux éditions Fayard), était l’invité du “Petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 20 septembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Gaspard Gantzer, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 20 septembre à 7h40.

Jean-Luc Mélenchon comparaît jeudi 19 et vendredi 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny ; il dénonce un procès politique. "C'est un procès tout simplement judiciaire, estime Gaspard Gantzer. À l'évidence, Jean-Luc Mélenchon n'a pas eu un comportement acceptable, notamment pour un élu de la République. Je crois en la justice de mon pays. Crier à l'instrumentalisation politique, la ficelle est énorme : c'est une façon un peu pauvre de se défendre. J'ai déjà vu des interpellations plus musclées durant mes études, ça ressemblait à autre chose que cette perquisition assez bien élevée. J'apprécie la personnalité de Mélenchon quand il est cet orateur qui fait appel à l'Histoire, aux valeurs de la gauche, au peuple insoumis. Je l'aime moins dans la version de chronique politico-judiciaire. Il ne grandit pas ce qui est, par ailleurs, son combat".

 

Acte 45 des Gilets Jaunes : "Je suis vraiment du côté des policiers pour éviter la casse et les blessés"

Les Gilets Jaunes ont prévu un samedi noir samedi 21 septembre. "Le gouvernement a malheureusement prouvé l'an dernier que, parfois, il était débordé ; ça va être difficile. La menace est mobile, très déterminée. Je serai vraiment du côté des policiers, demain, pour qu'il n'y ait pas de désordre, pas de casse. Ce serait légitime qu'il y ait en amont un démantèlement des réseaux d'agitation tels que les blacks blocs. Il faut protéger les commerçants, les habitants. Il y a eu beaucoup de blessés et de casse l'année dernière. Il faut éviter que ça ne se reproduise".

Christophe Castaner joue-t-il sa peau sur ce prochain épisode de manifestations ? "Visiblement, Christophe Castaner bénéficie d'un crédit assez illimité auprès du président de la République. Je vous rappelle que c'est le ministre de l'Intérieur qui va en boîte de nuit après la manifestation des Gilets Jaunes et Paris mis à sac. Visiblement, il fait un peu ce qu'il veut ! Quand on est ministre de l'Intérieur, on doit avoir un peu de retenue et d'exemplarité".

 

"Emmanuel Macron aime beaucoup Machiavel"

Emmanuel Macron dit avoir tiré des leçons des Gilets Jaunes, qui auraient été très bénéfiques pour lui dans un certain sens. "Emmanuel Macron a l'art du judo. Il utilise les difficultés à son profit. Il a su se rétablir après cette crise, retrouver de l'air mais pour faire quoi ? On entend beaucoup de paroles en cette rentrée, parfois désagréables comme sur l'immigration, mais assez peu d'actes".

Emmanuel Macron serait-il un peu manipulateur ? "Non, je veux croire un peu en sa sincérité.  C'est vrai qu'il sait bien rebondir sur les événements. Pourquoi pas, c'est vrai que ça fait partie de la vertu politique, comme disait Machiavel, car Macron aime beaucoup Machiavel, mais il faut savoir pourquoi on l'utilise : il faut que ça soit pour les Français, et non pas simplement pour le plaisir de se maintenir au pouvoir".

 

Logement : "il faut pénaliser très fortement ceux qui achètent des logements sans les occuper"

Si Gaspard Gantzer est élu, il envisage de fermer le périphérique. "Oui, à long terme. L'idée, c'est de recoudre Paris qui est séparé en deux entre la métropole parisienne et le cœur de Paris. La ville est trop petite, elle étouffe, c'est pour ça que les prix de l'immobilier explosent. Mais on va le faire en 15 ans, par 15 jours. En y associant les citoyens et en organisant un référendum".

Quelles propositions pour le logement ? "Le prix au mètre carré a explosé. C'est la loi du marché qui l'emporte, les gens sont vaincus par l'argent, et sont obligés de fuir Paris. Il y en a plus de 12.000 qui quittent Paris tous les ans. Je propose de créer 30.000 logements neufs à Paris. Je n'aime pas ce sentiment de ceux qui referment la porte derrière eux : ceux qui sont montés à Paris il y a quelques années et qui, maintenant qu'ils sont bien installés, ne veulent pas que d'autres arrivent. Paris doit être une ville ouverte. Paris est une ville étudiante : il faut construire 5.000 nouvelles places étudiantes, et construire des logements inter-générationnels, pour inciter des personnes âgées à accueillir des étudiants. Je pense qu'il faut pénaliser très fortement ceux qui achètent des logements sans les occuper. Il y a plus de 100.000 logements vacants à Paris, avec une fiscalité dérisoire. On devrait quasiment leur faire payer un loyer fictif, car ils font souffrir la collectivité".

 

"Moi j'ai un programme, moi j'ai une vision, moi j'ai bossé"

Gaspard Gantzer a beaucoup de propositions, contrairement à Cédric Villani. Serait-il prêt à le rejoindre ? "Je maintiens ma candidature jusqu'au bout ! Je me bats pour des idées. On a travaillé depuis deux ans, avec Isabelle Saporta et tous les membres de "parisiennes, parisiens": je n'aime pas ceux qui se lancent alors qu'ils n'ont pas le début d'une idée, aucune vision de la ville. Quand [Cédric Villani] est interrogé sur le logement, priorité numéro 1, il n'a aucune réponse à apporter. Je suis pour qu'on travaille sur le fond, sur le terrain : propreté, logement.. Je veux croire que, quand la campagne démarrera en janvier, les gens regarderont les programmes, le fond : la propreté, la sécurité. Moi j'ai un programme, moi j'ai une vision, moi j'ai bossé".

 

Renforcer les moyens de la propreté

Il faut donner plus de moyens aux agents de la propreté : ils sont avec des balais en plastique, comme si vous laviez votre appartement avec une brosse à dent. Il faudrait s'inspirer de ce qu'a fait San Francisco : faire de Paris la première ville zéro plastique en Europe.

 

Armer la police municipale ? "Bien-sûr que oui"

Si on veut que la police municipale soit efficace, il faut qu'elle puisse se projeter dans les zones dangereuses du nord-est de Paris, du nord de Paris, ou même du sud de Paris dans le XVe arrondissement ou le XIVe. Si elle doit être confrontée à des gens qui dealent de la drogue, font du trafic d'êtres humains ou pire encore. J'ai vécu à l'Elysée plusieurs drames, notamment quand Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge, s'est fait tirer dessus. Quand on a un uniforme, on est une cible. Et quand on est une cible, on a le droit de se défendre.

 

"Les bourgeois ne croisent pas l'immigration" selon Macron ? "Je ne vois pas de qui il parle"

Vraiment, je ne vois pas de qui il parle. Je n'aime pas ces catégories. Je sillone tous les jours les quartiers. J'étais encore cette semaine dans le sud du 14e, dans le 20e... Dans le mouvement "parisiennes, parisiens", il y a toute la diversité des origines, des couleurs, des religions de Paris. Qu'il aille sur le terrain. Je veux bien l'emmener à Paris que je sillonne tous les jours, à la Goutte d'Or, à Max Dormoy... Il y découvrira des choses.

 

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