Frédéric Paya : "En France, on a l'habitude de formaliser pour tout et n'importe quoi"

Marie de Greef-Madelin, rédactrice en chef adjointe à Valeurs Actuelles et Frédéric Paya, rédacteur en chef du service Economie-Finance de Valeurs Actuelles, auteurs du livre : "Normes, réglementations… Mais laissez-nous vivre !" (éditions Plon) étaient les invités d’André Bercoff mercredi 5 février sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Marie de Greef-Madelin et Frédéric Paya invités d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

France, pays des droits de l'homme, pays des Lumières et de la liberté. Mais aussi pays des lois et des règlements. Et parfois pour tout et n'importe quoi. C'est ce qu'ont détaillés Frédéric Paya et Marie de Greef-Madelin, journalistes à Valeurs Actuelles. 

 

France, pays de la loi

"Savez-vous comment en Chine on surnomme la France ? Le pays de la loi", rapporte Frédéric Paya. "En France, on a l'habitude de formaliser pour tout et n'importe quoi", remarque-t-il. Et parfois, elles sont souvent conditionnées à des "réponses émotionnelles". "En 2016, il y a eu une petite fille mordue par un chien, les députés ont voulu faire une loi. Sauf qu'elle existait déjà", se souvient le rédacteur en chef du service Économie-Finance de Valeurs Actuelles.

Et quand ce n'est pas l'émotion qui guide l'action du Parlement, c'est "le principe de précaution qui est poussé à l'extrême", estime le journaliste. "Dès qu'il y a une usine créée il faut faire une réglementation...", remarque-t-il, reconnaissant tout de même que "la loi part toujours d'un bon sentiment, après c'est l'accumulation" qui pose problème. Un autre handicap selon lui, "le jeu des alternances". "Sur les heures défiscalisées, Sarkozy les crée, Hollande les supprime et Macron les rétablit avec la crise des gilets jaunes", démontre Frédéric Paya.

Une réglementation tout au long de la vie

Marie de Greef-Madelin donne également quelques exemples de réglementations qui paraissent parfois abusives. "Les entreprises sont obligées à partir de 100 salariés, d'avoir une salle spéciale pour accueillir une femme souhaitant allaiter son enfant", rapporte-t-elle. Une salle soumise à une réglementation "incroyable". Par exemple, elles doivent "faire trois mètres de hauteur, accueillir douze berceaux, et un médecin doit passer au moins une fois par semaine pour vérifier les normes", explique la journaliste.

"Il y a des règles de la naissance jusqu'à après la mort", s'indigne Frédéric Paya. "À la naissance, il est inscrit que l'officier d'état civil doit donner un carnet de santé à l'enfant... au nom de l'enfant, comme s'il allait mettre le nom de sa tortue", s'amuse-t-il. "C'est curieux chez les députés, ce besoin de faire des lois", souligne le journaliste.

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