Florian Philippot : Le pass sanitaire est une mesure "de contrôle numérique", "une évolution à la chinoise"

Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Philippe David le 14 mai 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Florian Philippot interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 mai 2021 à 7h40.

Florian Philippot : "On l’importe aussi dans les bagages de l’immigration"

Israël et la Palestine connaissent une hausse de tensions depuis une semaine, avec plusieurs dizaines de morts dans des raids aériens israéliens en Palestine en réponse à des roquettes lancées par le Hamas. Florian Philippot appelle "à la désescalade" et "au calme". Ce conflit "s’éternise depuis des décennies", explique-t-il. Il souhaiterait que "la France ait une voix forte" qu’elle n’a plus depuis la fin de l’ère Chirac. "Ça s’est éteint depuis Sarkozy", juge-t-il, avec "l’alignement" aux positions américaines sous Sarkozy et "l’inexistence" sous Hollande. Quant à Macron, le président du parti Les Patriotes estime qu’il s’agit d’un "mix des deux".

"Tous les acteurs politiques et religieux doivent tout faire pour ne pas importer ce conflit en France", alerte Florian Philippot alors que Gérald Darmanin a demandé l’interdiction des manifestations pro-Palestine dans l’Hexagone. "Mais malheureusement, on l’importe aussi dans les bagages de l’immigration".

 

"La norme en France, est d'interdire a priori des manifestations"

Pour autant, "je suis contre l’interdiction de manifestations", déclare Florian Philippot qui se positionne donc aux antipodes du gouvernement. "En plus, il se fonde sur des violences qui ont eu lieu en 2014, là nous sommes en 2021", souligne le président des Patriotes. Une justification qui lui paraît trop légère. "On ne doit pas tomber dans cette facilité, qui quand même, est la norme de plus en plus en France, d'interdire a priori des manifestations", déplore-t-il.

Lors de manifestations pro-Palestine en Allemagne, jeudi 13 mai, des slogans antisémites ont pu être entendus. "Il faudra appréhender les personnes qui ont proféré ce genre de cris et les traduire devant la justice", déclare Florian Philippot. "Mais ça n’est pas la même chose."

"Je suis un défenseur de la liberté", s’exclame le président des Patriotes qui souligne que de plus en plus de manifestations sont interdites en France "pour des motifs de plus en plus fallacieux". "Je pense que ça n’est pas sain du point de vue des principes" ni même que ce soit "efficace". "La plupart du temps, les manifestations ont quand même lieu", souligne Florian Philippot.

 

Le régime de restriction "détruit tout sauf le virus"

Florian Philippot a lui-même organisé des manifestations contre les mesures prises dans le cadre du déconfinement, devant le ministère de la Santé. "On réclame la liberté, on réclame la raison, on réclame la sagesse", affirme-t-il. Sur les mairies, rappelle le président des Patriotes, "il n’est pas écrit libération conditionnelle, mais égalité-fraternité".

Pour lui, les mesures du "régime de restriction" sont "parfaitement inefficaces" et n’ont "aucun impact sur le virus". Le régime de restriction "détruit tout sauf le virus", déplore le président des Patriotes. "Maintenant, on nous embarque dans des pseudo-réouvertures", juge Florian Philippot, qui critique le maintien des "gestes barrières" ou encore du port du masque.

 

"Le Pass sanitaire, ce n’est pas anecdotique"

Le Pass Sanitaire a été adopté par l’Assemblée nationale dans la soirée du mardi 11 mai, après un deuxième vote, le premier ayant débouché sur un rejet du projet de loi. Pour Florian Philippot, le gouvernement a fait revoter les députés afin qu’ils votent "oui". Le vote a basculé en faveur après un revirement de la position du Modem.
"L’opposition était aux abonnés absents", ne manque pas de souligner Florian Philippot. "Il y avait quand même zéro députés RN dans l’hémicycle", note-t-il.

"Le Pass sanitaire, ce n’est pas anecdotique", juge le président des Patriotes. "C’est une bascule de société", et notamment dans une "société de contrôle numérique", principe qu’il développe dans son livre Covid-19 : la grande bascule. "Je ne comprends pas qu’on n’ait pas des millions de Français dans la rue contre cette évolution qui est, d’ailleurs, une évolution à la chinoise." Pour Florian Philippot, "toutes ces mesures ne sont plus sanitaires, elles sont politiques : ce sont des mesures de domestication du peuple".

 

"Macron essaye de gonfler le RN"

L'imbroglio entre Les Républicains et LREM en PACA "ne créera pas de recomposition politique", selon Florian Philippot qui regrette que l'on "transforme ces élections régionales et départementales en champ de magouille, en omettant de parler du fond". "Il y a un jeu d'En Marche et de Macron pour essayer de gonfler le RN", souligne le président des Patriotes qui voit une stratégie du président de la République pour "être réélu en 2022". Une réélection qui est conditionnée par le "besoin de tomber sur le RN au second tour".

Pour l'ancien vice-président du parti de Marine Le Pen, "le RN est devenu conformiste". Il prend pour exemple leur volonté de rester dans l'Union européenne, l'euro, Schengen, l'OTAN, et "de payer la dette jusqu'au dernier centime". Pour Florian Philippot, le Rassemblement national "rentrent dans le système". "La vraie recomposition, c'est quand on opposera les souverainistes conséquents au camp actuel au pouvoir", estime le candidat aux élections régionales.

 

"Il y a une autre politique à mener"

Florian Philippot n'exclut pas l'idée de se faire vacciner, même si "ce n'est pas prévu". Il appelle à "une autre politique, celle du traitement et de la prévention". Deux principes mis de côté, contrairement à la vaccination. "La liberté, c'est un fondamental, ça ne passe pas par une injection dans son corps, ni par un QR code", rappelle le président des Patriotes.

Selon lui, la vaccination n'est pas le seul facteur qui permet de faire baisser la pression épidémique. "Au Portugal, il y a deux morts avec le même taux de vaccination qu'en France", pointe Florian Philippot qui recommande de "regarder avec un peu de recul et prendre du temps". L'opposant souhaite "miser sur la prévention, le système immunitaire, le traitement, l'arrêt des suppressions des lits à l'hôpital, et de donner la liberté vaccinale, pas la pression ou l'obligation par le pass sanitaire".  

 

 

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