Bruno Retailleau - Abandonner l'âge-pivot, "ça serait le pire. La garantie du pouvoir d'achat, c'est une mesure d'âge"

Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président du groupe LR au Sénat, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 7 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Bruno Retailleau, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 11 mai à 7h40.

Bruno Retailleau : "les femmes sont les grandes perdantes de cette réforme"

Le mouvement de grève contre la réforme des retraites se poursuit, alors que les discussions reprennent mardi 7 janvier. Chez les Républicains, "nous condamnons les grèves animées notamment par Monsieur Martinez, qui sont en train d'empêcher les Français d'aller et venir et d'aller à leur travail explique Bruno Retailleau au micro de Patrick Roger, j'ai d'ailleurs fait une proposition sur le service minimum garanti dans les transports publics que le gouvernement, une fois de plus, n'a pas reprise rappelle-t-il". Bruno Retailleau ne demande pas le retrait de la réforme. "Nous considérons que l'objectif de cette réforme doit être d'abord le pouvoir d'achat des retraités. Et pour le garantir, il faut des mesures d'âge. Il faut reculer l'âge légal de départ à la retraite réaffirme-t-il, comme tous les autres pays européens ont pu le faire. Selon lui, avec une réforme à points, si on ne le fait pas, on paupérise les retraités. 

 

Bruno Retailleau souhaite par ailleurs une réforme plus juste, notamment pour les femmes, "qui sont aujourd'hui les grandes perdantes. Il explique qu'un "institut indépendant a montré que la perte de droits est d'autant pus élevée que vous élevez plus d'enfants. Or, dans un régime par répartition, ce qui compte est le renouvellement des générations. Pour lui, cette réforme ne tient pas compte de la dimension familiale. Je pense qu'Emmanuel Macron s'est trompé de réforme : en focalisant sur le point, un mode de calcul, il nous a détournés de l'essentiel, qui est de financer les retraites".

 

"Abandonner l'âge pivot à 64 ans ? Cela serait le pire"

Bruno Retailleau a notamment réagi aux propos du Premier-ministre, qui se dit sur RTL prêt à renoncer à l'âge pivot à 64 ans si les partenaires sociaux s'entendent pour une autre mesure d'équilibre financier des retraites. Selon lui, "il y a trois variables : recul de l'âge, or on est le pays d'Europe qui travaille le moins dans une vie. Deuxième chose : augmenter les impôts et les cotisations, et on fragilise l'emploi ? Car les entreprises françaises sont les plus chargées d'Europe. Ou alors on baisse les pensions. Il n'y a que ces trois variables. J'exclus l'augmentation des cotisations et la baisse des pensions. Qu'est-ce qu'il reste ? La mesure d'âge".

Abandonner l'âge pivot à 64 ans ? "Cela serait le pire estime Bruno Retailleau. Cela serait une catastrophe. Avec un régime à points, vous ne garantissez pas les pensions. La valeur du point, pour l'instant très floue, peut varier. La seule façon de maintenir la valeur du point, c'est l'équilibre financier. La variable d'ajustement, c'est le point. Les médecins en savent quelque-chose : leur retraite est à points. Il y a quelques années, ils ont vu la valeur du point baisser, ce n'est pas du tout une hypothèse d'école. La garantie du pouvoir d'achat, c'est une mesure d'âge. C'est la garantie du financement des retraites dans un pays qui vient de dépasser les 100% d'endettement".

 

Bruno Retailleau : "Le gouvernement depuis le début s'y prend comme un manche !"

La CFDT a proposé une conférence sur le financement des retraites. Mais pour Bruno Retailleau, "ça ne marche pas ! On ne peut pas remettre à demain le financement. Tous les pays qui ont fait des réformes systémiques par points ont pris soin avant de faire une réforme paramétrique : le paramètre à bouger est le recul de l'âge légal de départ à la retraite" répète-t-il.

Le texte est déjà parti au Conseil d'État. "Le gouvernement depuis le début s'y prend comme un manche ! estime Bruno Retailleau. Quand un électeur de droite voit la moustache de Monsieur Martinez, ça le rend fou ! Moi aussi je dénonce la prise d'otage du pays.  Mais ce n'est pas parce qu'on dénonce les actions de Monsieur Martinez qu'on doit approuver une réforme qui est mauvaise. Pour lui, Emmanuel Macron est coresponsable de ce qui se passe aujourd'hui en France". 

Si l'âge pivot tombe, "c'est une catastrophe ! confie Bruno Retailleau. Il n'y aura plus de réforme. Elle devait être universelle, il y a déjà une dizaine d'exceptions. La mesure d'âge doit être 64 ans puis 65 ans, il faut la pousser progressivement au fur et à mesure qu'on gagne en espérance de vie".

 

"On est en train de perdre la bataille contre le djihadisme. On est en train de psychiatriser le terrorisme"

Interrogé sur les attaques terroristes, Bruno Retailleau explique que si "les services de renseignement ont fait des progrès, on est en train de perdre la bataille contre le djihadisme, parce qu'on refuse le combat. On n'arrive plus à nommer les choses. On est en train de psychiatriser le djihadisme, le terrorisme. Aujourd'hui il y a l'excuse mentale pour déresponsabiliser.

 


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