Bariza Khiari : Le Premier ministre Édouard Philippe "est Macron-compatible"

Au lendemain de la nomination à la tête du gouvernement du député-maire LR du Havre Édouard Philippe, la sénatrice de Paris Bariza Khiari était l’invitée de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat.

Bariza Khiari l’assure, le nouveau Premier ministre a beau avoir affirmé hier, lors de la passation de pouvoir, être de droite, Édouard Philippe est "Macron-compatible". "J’ai trouvé ça complètement normal parce que ça ressemble à l’ADN du mouvement. Il y avait deux choix. Le premier choix c’était la tradition qui nous a fait perdre jusqu’à aujourd’hui, ou la transgression positive que nous souhaitions. Ce Premier ministre, c’est cette transgression positive", a déclaré la sénatrice PS de Paris, invité de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat, refusant d’y voir "une prise de guerre" en vue des élections législatives en juin 2017. 

Un gouvernement d’ouverture à droite et à gauche 

Le gouvernement nommé mardi devrait également participer à cette "transgression positive" selon l’élue, soutien de la première heure du nouveau président de la République. "Le président Sarkozy avait fait une tentative d’ouverture vers la gauche mais c’était homéopathique, et ça n’a pas marché. Là, c’est à un niveau un peu plus fort et c’est assumé", a défendu Bariza Khiari. En pointillé, l’élue dessine un gouvernement où se mêlent des "des ministres de droite modérée qui ont des convergences sur les questions de sociétés et économiques", des gens de la société civile "avec une expertise dans leur domaine", et "des gens solides qui ont une véritable expérience" pour s’occuper des ministères régaliens. Soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, Bariza Khiari assure, pour sa part, qu’elle ne souhaite pas occuper un poste de ministre

L’élue défend également Emmanuel Macron de toute volonté de faire exploser la droite "déjà en décomposition". "Après les élections législatives, il va y avoir trois camps à droite, prédit la sénatrice PS, le camp des extrêmes, un camp plus centrale - la droite républicaine normale - et puis un camp qui a compris le monde dans lequel on vit", citant notamment Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet

Macron, seul maître à bord

En deux jours, le nouveau président a laissé entre-apercevoir sa façon de gouverner, imposant son tempo et ses décisions. Une volonté qui se retrouve dans le choix assumé de modifier le code du travail par ordonnances. "Emmanuel Macron a compris qu’il fallait aller vite, que nos concitoyens sont en attente de résultats. Il l’a annoncé c’est dans son programme, et c’est dans ses projets, donc ça se fera", a expliqué Bariza Khiari traçant le portrait d’un président "à l’écoute" qui "sait ce qu’il veut"

Même chose sur le choix d’augmenter la CSG afin de garantir le financement de l’universalité du chômage pour tous. La droite s’y oppose, le Conseil constitutionnel pourrait mettre son veto, mais pour autant, pas question de reculer. "C’est la volonté d’Emmanuel Macron de rendre possible les droits au chômage pour tous. Il redonne du pouvoir d’achat au salarié par la même occasion" en baissant les charges salariales, détaille Bariza Khiari. 

Structurer l’islam de France 

Si Bariza Khiari ne brigue pas de poste dans le gouvernement d’Édouard Philippe, l’élue PS a d’autres objectifs en tête. La sénatrice souhaite notamment "structurer l’islam de France". "Il y a trop de gens à la tête de l’islam de France qui sont en allégeance avec les pays d’origine. Cela pouvait être valable du temps où c’étaient des immigrés, où il y avait le mythe du retour au pays. Aujourd’hui, les musulmans sont installés dans le pays, et il faut, comme la communauté juive, des choses complètement indépendantes", estime Bariza Khiari qui souhaite voir des "jeunes issus de l’immigration, nés en France" prendre en main l’islam de France. 

La sénatrice PS est également revenue sur la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation de l’islam de France. Si elle ne remet pas en cause la personnalité de l’ancien ministre avec qui elle travaille, elle déplore un choix malheureux qui entérine, selon elle, l’idée dérangeante "qu’il n’y a pas un musulman ou une musulmane (...) capable d’assumer cette fonction"

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