Arnaud Montebourg : "Je suis un écolo pratiquant !"

Arnaud Montebourg, entrepreneur, ancien ministre et candidat à la présidentielle, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 14 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

Arnaud Montebourg candidat présidentielle
Arnaud Montebourg, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 14 octobre, dans "le petit déjeuner politique".

Prix du carburant, pouvoir achat, réindustrialisation : Arnaud Montebourg, candidat à la présidentielle, répond aux questions de Patrick Roger.

 

Arnaud Montebourg : "La gauche a abandonné les classes populaires"

Anne Hidalgo sera officiellement investie, jeudi 14 octobre, par le Parti socialiste pour la présidentielle. Arnaud Montebourg pourrait-il la rejoindre ? Carole Delga, proche d'Anne Hidalgo, lui a tendu la main en direct sur Sud Radio. "Je défends des propositions qui sont nouvelles, qui n'existent pas dans les partis politiques", répond le candidat à la présidentielle, qui considère que "les quatre quinquennats, les 20 ans qui viennent de s'écouler ont mené peu ou prou aux mêmes politiques".

Pour lui, "le moment est venu de parler différemment depuis ma position. Je suis un entrepreneur de gauche, j'ai eu une expérience ministérielle politique de terrain, j'ai accumulé un certain nombre d'expériences personnelles qui me permettent aujourd'hui de dire que la réduction du temps de travail, la question des allocations comme le revenu universel, sont des erreurs. On a déjà fait les 35h, ça a eu des conséquences sur la modération salariale, sur l'augmentation de la productivité dans les entreprises. Il ne faut pas reprendre ce chemin", affirme-t-il. La question des salaires est aujourd'hui posée, "le pouvoir d'achat est centrale, et la gauche répond toujours avec la même réponse : des allocations, mais les Français veulent vivre de leur travail, ils ne veulent pas vivre des allocations", rapporte Arnaud Montebourg. "La gauche a abandonné les classes populaires, notamment avec sa politique fiscale", regrette l'ancien ministre.

"On doit organiser la remontada mondiale des salaires"

Travailler plus pour gagner plus ? Selon Arnaud Montebourg, "c'est autre chose". "Je demande qu'on paie mieux les gens avec le travail qu'ils font déjà, c'est-à-dire des augmentations de salaire". Le candidat à la présidentielle propose "10% d'augmentation du Smic". "C'est encaissable par les entreprises car il y a sur le Smic peu de cotisations sociales. Par ailleurs, il faut reprendre tous les métiers dévalorisés : parmi les personnes au Smic, 62% sont des femmes, qui travaillent à temps partiel contraint. C'est intenable !", relève-t-il.

"Le gaz et l'électricité ont considérablement augmenté, l'essence est arrivée à un niveau supérieur à celui qui a justifié le mouvement des Gilets Jaunes", souligne Arnaud Montebourg.

"Financièrement les Français sont pendus, ils ne peuvent plus vivre de leur travail".

"Tous les autres pays sont en train de remonter les salaires", tient-il à préciser. Il cite en exemple l'Espagne qui a "augmenté les salaires en cinq ans de 27%", mais aussi le programme de Joe Biden qui souhaite "augmenter le salaire minimum fédéral à 15 dollars, c'est-à-dire 15 euros". "En France, le Smic en net est à 8. On doit organiser la remontada mondiale des salaires !", appelle-t-il.

Présidentielles : "Ça n'existe pas les alliances !"

Concernant une alliance avec Anne Hidalgo : "nous sommes dans une présidentielle, c'est un accord entre le souverain qui est le peuple et un ou une candidate. Chacun présente ses propositions et on va au bout", rappelle-t-il. Pour Arnaud Montebourg, "ça n'existe pas les alliances, puisqu'on choisit une personne ! Ce n'est pas un programme de gouvernement avec une équipe gouvernementale", explique l'ancien ministre.

Pour financer sa campagne, ça se fera "conformément à la loi, par des dons, par des prêts et par les banques, qui prêtent quand vous êtes assurés d'être au dessus de 5%". Or, ce n'est pas le cas dans les sondages. "C'est le début, et des gens ont commencé beaucoup plus bas et ont fini très haut. Les Français se positionneront en février-mars, laissez-nous travailler !".

 

Arnaud Montebourg : "Je suis un écolo pratiquant !"

Comment se situe Arnaud Montebourg ? "Je suis un écolo pratiquant ! J'ai créé plusieurs entreprises, je pratique l'écologie. La question des fossiles et la menace climatique qui angoisse beaucoup les nouvelles générations, et c'est un problème que tout le monde partage", confie le candidat. "La question n'est plus de savoir si nous devons limiter nos émissions de gaz à effet de serre, c'est comment. Les écologistes ont une réponse qui est celle de l'Europe : une taxe à chaque page", déplore-t-il. "Le système de fiscalité écologique qui consiste à mettre des taxes sur les pratiques indésirables a pour conséquence de toucher d'abord les classes populaires, les classes moyennes, et ça ne marche pas", observe l'ancien député de Saône-et-Loire.

Baisse des taxes plutôt que chèques énergie ? "Le gouvernement met du temps à réfléchir ! Pour les classes moyennes, ça ne fonctionne pas. On va restituer un chèque de 100 euros, mais il reste 200 euros qui seront prélevés", souligne-t-il. Pour Arnaud Montebourg, "c'est un système qui ne marche pas et qui n'empêchera pas la gilet jaunisation de toute l'Europe !"

Arnaud Montebourg : "La Commission européenne passe son temps à emmerder la France !"

Sur le débat concernant l'Europe : le droit national doit-il primer sur le droit européen ? "Il y a une Union européenne qui ne marche pas, ne traite pas les problèmes. Les Européens ont laissé s'organiser une passoire, nous ne sommes pas protégés", regrette le candidat à l'élection présidentielle qui note, par ailleurs, que "la Commission européenne passe son temps à emmerder la France !",

L'ancien socialiste prévoit de proposer un référendum "qui va être une nouvelle répartition des pouvoirs". Si Arnaud Montebourg ne se considère pas comme un "Frexiteur", il souhaite "le rétablissement d'une forme de souveraineté nationale raisonnable quand l'intérêt national est en jeu". Le candidat souhaite une réorganisation des pouvoirs, déplorant des "abus de pouvoir à tous les étages dans la dérive de la Ve République".

 

"10 millions de Français sont dans les métropoles et rêvent d'en partir"

Une des conséquences de la crise sanitaire dans les métropoles, l'exode urbain qui se fait sentir. "Il y a 10 millions de Français aujourd'hui qui sont dans les métropoles et qui rêvent d'en partir, mais sont scotchés", observe Arnaud Montebourg qui propose une politique de "retour à la terre". "Il y a un million de biens vacants abandonnés dans tous les territoires", note-t-il, en prenant l'exemple de l'Italie du sud qui ont fait ça "avec succès". L'idée du candidat serait "de les offrir pour 1 euro, à toute personne qui les rénove".

 

 

Vendredi 15 octobre sera une journée d'hommage pour le professeur Samuel Paty, décapité dans son établissement il y a un an. "Ce qui s'est passé a été un traumatisme qui nous a fait beaucoup réfléchir", confie Arnaud Montebourg. "Je voudrais que nous en tirions les justes leçons", encourage-t-il en notant que "par la terreur, des islamistes politiques voudraient changer le contenu de l'enseignement républicain".

 

 

 

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