Arlette Chabot - Le rêve de la droite : "il s'agit moins de gagner que de conserver"

Retrouvez l'édito politique d'Arlette Chabot chaque mercredi à 7h20 sur sudradio.fr   Le gouvernement est empêtré dans la réforme des retraites, la majorité préoccupée aussi dans les municipales... A Paris souffle un vent d'optimisme pour les Républicains devant le duel Griveaux Villani... Rachida Dati monte et se trouve derrière Anne Hidalgo... Et si c'était vrai. […]

Retrouvez l'édito politique d'Arlette Chabot chaque mercredi à 7h20 sur sudradio.fr

 

Le gouvernement est empêtré dans la réforme des retraites, la majorité préoccupée aussi dans les municipales... A Paris souffle un vent d'optimisme pour les Républicains devant le duel Griveaux Villani... Rachida Dati monte et se trouve derrière Anne Hidalgo...

Et si c'était vrai. Si Rachida Dati si clivante, trop ancien monde devant Benjamin Griveaux et Rachida Dati peut-elle reprendre la ville perdue en 2001 abandonnée aux socialistes et convoitée par LREM qui surperforme à Paris. Chacun sait que ces enquêtes globales d'intention de votes sur la ville n'ont pas de vraie valeur dans une ville où on vote par secteur arrondissement.

Qu'importe les Républicains veulent y croire. Que voulez-vous, après la série de défaites, la présidentielle imperdable et perdue, les législatives plus que décevantes, le coup de massue des européennes... Des Républicains nargués par le trio Philippe, Darmanin, Le Maire ont envie de revanche. Christian Jacob, le nouveau patron des LR, l'a dit "à l'occasion des élections municipales il est temps de poser le pied sur la terre ferme", comprendre retrouver une assise pour la droite républicaine. Montrer que l'ancrage des territoires résiste, car ce sont des territoires que ses leaders veulent partir à la reconquête de l'Elysée.

Christian Jacob a en tête la vague bleue de 2014 sanction de la politique de François Hollande, l'UMP avait alors gagné Toulouse, Brive, Angers, Saint Etienne. Alors aujourd'hui il s'agit moins de gagner que de conserver. Et emporter par leur optimisme, les Républicains font semblant d'oublier qu'ils sont divisés à Marseille et que leurs sortants à Toulouse et Nice ont aussi le soutien de LREM et qui revendiquera aussi la victoire le soir du second tour. C'est pas évident.

Les LR étaient mobilisés contre la réforme des retraites. Les députés arboraient hier leur écharpe multicolore de façon solennel pour demander un nouveau texte de loi au gouvernement...

C'est le deuxième objectif des Républicains : retrouver à l'occasion du débat sur les retraites le statut de première parti d'opposition, opposition crédible évidemment capable de proposer une alternance en 2022 et sortir du duel annoncé Le Pen / Macron... D'où cette démonstration spectaculaire hier à l'Assemblée façon France insoumise avec l'écharpe tricolore ; et demander le report de l'examen de la réforme dont on ne connaît pas le financement, c'était hier : Eric Woerth dénonçait l'irresponsabilité du gouvernement. Un signe fort à l'intérêt d'un électorat de droite que les LR essaient de récupérer.

Alors deux grands défis pour les LR. RDV le 22 mars au soir, deuxième tour des municipales. On saura si les LR ont réussi leur rebond, espéré, attendu, ou s'ils sont encore une fois victimes de leurs illusions.