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Après un an de détention, Boualem Sansal gracié et transféré en Allemagne

Par Justine Houllé

ALERTE INFO - Après presque un an de détention, l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal vient ce mercredi d'être gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été gracié par le président Tebboune (Photo by Joël SAGET / AFP)
L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (Photo by Joël SAGET / AFP)

En pleine crise diplomatique entre Alger et Paris, l'Algérie accède à une demande... de l'Allemagne

Emprisonné depuis presque un an dans les geôles algériennes, Boualem Sansal sera bientôt libre ! Âgé de 81 ans et atteint d'un cancer, l'écrivain franco-algérien vient d'être gracié, mercredi 12 novembre, par la présidence algérienne.

Selon le communiqué officiel de la présidence, le président algérien Abdelmadjid Tebboune "a répondu favorablement" à une demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, notamment concernant "l'octroi d'une grâce en faveur de Boualem Sansal". "Le président a réagi à cette demande, qui a retenu son attention en raison de sa nature et de ses motifs humanitaires", précise le communiqué.

Arrêté à Alger le 16 novembre 2024 et condamné en appel en juillet 2025 à cinq ans de réclusion pour des propos jugés attentatoires à l’unité nationale, Boualem Sansal va donc être gracié par l'Algérie, puis transféré en Allemagne pour être soigné, indique le communiqué de la présidence algérienne.

Un "soulagement" pour le gouvernement français

En pleines questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a tenu à exprimer le "soulagement" du gouvernement de la République face à l'annonce de cette grâce tant attendue. "Nous souhaitons que Boualem Sansal puisse rejoindre ses proches au plus vite et qu'il soit soigné. Je tiens à remercier du fond du coeur celles et ceux qui ont contribué à cette libération, fruit d'une méthode faite de respect et de calme", a ajouté Sébastien Lecornu. Une déclaration qui s'est ensuivie de longs applaudissements de la représentation nationale dans l'hémicycle.

Au Sénat, Gérard Larcher (président du Sénat et sénateur Les Républicains) a réagi au communiqué de la présidence algérienne avec des morts forts de sens : "l'injustice [a été] réparée. Notre soulagement et notre joie sont grands". Et de conclure sur ces mots : "La liberté porte en ce jour le nom de Boualem Sansal".

"Jour de victoire", "satisfaction", "échec de la méthode Retailleau"... des réactions venues de tous bords politiques

Après l'annonce de la grâce et de la libération de Boualem Sansal, les réactions des représentants politiques ne se sont pas faites attendre. Pour tous, un mot revient inlassablement : le "soulagement". Pour Gabriel Attal (président du groupe EPR à l'Assemblée et secrétaire général du parti Renaissance), la grâce de Boualem Sansal équivaut à "un jour de victoire", où "la Justice l'emporte". Même son de cloche pour Marine Le Pen, qui salue les "efforts de tous ceux qui ont oeuvré à ce dénouement". Selon la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, la libération de Boualem Sansal est une "victoire pour la dignité et la liberté d'expression d'un écrivain de courage et de vérité".

Côté Insoumis, le député LFI Éric Coquerel a fait part de sa "satisfaction" face à la libération de l'écrivain franco-algérien... une situation que son groupe, précise-t-il, "espérait". Par l'annonce de cette grâce, le président de la Commission des finances à l'Assemblée nationale "espère" également "que les relations entre l'Algérie et la France [seront] moins conflictuelles". Idem pour Sabrina Sebaihi (députée Écologiste et Social des Hauts-de-Seine), qui pointe "l'échec" de la "méthode Retailleau", qui "n'aura mené qu'à l'escalade entre nos pays". Pour la députée Écologiste et Social des Hauts-de-Seine, cette "décision humanitaire redonne espoir quant au rétablissement d'un dialogue apaisé" entre la France et l'Algérie.

De son côté, Marion Maréchal (présidente d'Identité-Libertés (IDL)) appelle à réellement durcir le ton avec Alger. Selon elle, la France doit arrêter de "tolérer de vivre sous la pression permanente d'une dictature revancharde" et doit, dès maintenant, "rendre [à l'Algérie ses] vrais criminels".

Après la libération de Boualem Sansal, place à celle de Christophe Gleizes

Pour autant, cette bonne nouvelle ne dissipe pas la crise entre Alger et Paris qui, désormais, risque de se concentrer sur un autre point, et pas des moindres : la détention, encore actuelle, du journaliste Christophe Gleizes. Pour rappel, le 29 juin dernier, la justice algérienne a condamné le collaborateur de So Foot et Society en première instance à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national". Alors que son procès en appel est fixé au 03 décembre, les représentants politiques français sont unanimes : la France doit également réclamer sa libération !

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