Agnès Pannier-Runacher - Brevets : "La position de la France est constante"

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 10 mai 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Agnès Pannier-Runacher interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 10 mai 2021 à 7h40.

Agnès Pannier-Runacher : "L'objectif des 20 millions de vaccinés au 15 mai sera tenu"

Le gouvernement a autorisé la vaccination pour tous s’il reste des doses dès le mercredi 12 mai 2021. "Aujourd’hui, on est à plus de 17 millions de vaccinés" avec la première dose, explique Agnès Pannier-Runacher ; "à un rythme de 2,5 millions par semaine, on est en capacité d’atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés de 20 millions au 15 mai". Notamment en vaccinant "même pendant le week-end de l’Ascension".
L’objectif que s’est fixé le gouvernement est toujours de "30 millions juste avant l’été". "L’enjeu, c’est de vacciner la majorité de la population adulte."


Pour certains Français, toutefois, l’ouverture à la vaccination pour les plus jeunes est inutile car ces derniers ont peu de risques de formes graves. "L’enjeu, il est très simple : c’est qu’aujourd’hui, nous avons des éléments sur les vaccins qui montrent qu’ils arrêtent drastiquement la circulation du virus." La vaccination "limite la contamination des autres", explique la ministre déléguée à l’Industrie, ce qui en fait une arme puissante contre la pandémie. "Et puis, il ne faut pas oublier que même quand on est jeune, certains, c’est évidemment pas les plus nombreux et heureusement, peuvent développer des formes graves ou peuvent développer des formes très désagréables". "On se vaccine bien contre la grippe, et on a plutôt intérêt à se vacciner contre le coronavirus."

 

"Aujourd'hui, on consomme 90% de Pfizer, 80% de Moderna, 70% d'AstraZenaca"

L’Europe n’a pas renouvelé son contrat avec le laboratoire AstraZeneca, au centre de retards de livraisons et d’une défiance grandissante de la population concernant son vaccin. "On attend 120 millions de doses, donc ce n'est pas fini", précise Agnès Pannier-Runacher. "Ces doses servent à vacciner." Pour elle, en outre, on ne peut pas dire que "ne pas avoir de doses de vaccins ou ne pas être livrés de doses de vaccin est une bonne chose". "L’enjeu, c’est l’accélération de la vaccination sur tous les continents."

Elle explique en outre que l’Europe est en train "d’examiner les contrats pour les vaccins de deuxième génération", notamment pour vacciner les enfants. Or, AstraZeneca "ne poursuit pas d’essais cliniques sur les enfants". Le laboratoire est également en retard "de plusieurs mois" sur les essais cliniques concernant les variants et les rappels. "La question de renouveler le contrat n’est pas sur la table à date". "Notre enjeu, c’est d’avoir des vaccins de deuxième génération", explique la ministre déléguée, et AstraZeneca n’a pas d’offre à ce sujet.

En France, il reste plus de 3 millions de doses d’AstraZeneca en stock. "On va les administrer", souligne Agnès Pannier-Runacher. "C’est un vaccin sûr, c’est un vaccin efficace." Elle ne manque pas de rappeler que "l’Agence européenne du médicament est l’une des plus rigoureuses du monde" et que la prudence dont elle a fait preuve est "la meilleure façon de protéger les Européens et les Français".

Les stocks français sont conséquents, mais ils sont bien utilisés : "aujourd’hui, on consomme 90% des doses de BioNtech/Pfizer, on est du côté de 80% sur Moderna, plus de 70% sur AstraZeneca. En fait, il faut le temps d’absorber les livraisons qui arrivent".

 

"Il y aura un renforcement des lieux de vaccination sur les lieux de vacances cet été"

Durant les vacances d’été, une question se pose : les Français pourront-ils se faire vacciner sur leur lieu de villégiature ? "C’est un sujet sur lequel le ministre de la Santé travaille", confirme Agnès Pannier-Runacher. Notamment car, durant les grandes vacances d’été, "40% de Français changent de département" et que nombreux devront recevoir, à cette période, la deuxième dose. Toutefois, "on a un peu de latitude", explique la ministre déléguée. "On peut positionner ses vacances de façon à être vacciné chez soi."

La deuxième dose se fera, précise la ministre déléguée à l’Industrie, avec le vaccin AstraZeneca pour les personnes de plus de 55 ans, tandis que pour les moins de 55 ans, "ce sera plutôt une dose ARNmessager qui sera proposée". "Moderna et Pfizer, c’est le même vaccin, ce sont les mêmes résultats."

 

Brevets : "La position de la France est constante"

La France n’était initialement pas favorable à la levée des brevets sur les vaccins, avant de changer de position. "La position de la France est constante", estime la ministre déléguée à l’Industrie. "Aujourd’hui, le principal frein à la fabrication des vaccins, ce n’est pas les brevets, comme on veut bien le dire, c’est les capacités industrielles. Aujourd'hui, l’enjeu c’est de mettre en place des chaînes de production industrielle". La production industrielle doit non seulement produire des vaccins "pour toutes les pathologies habituelles" mais, en plus, pour le coronavirus. "L’enjeu, c’est d’empiler les chaînes de production, ce qui ne se fait pas en l'espace d'un instant."


Pfizer semble vouloir augmenter le prix de la dose, à environ 19,50 dollars, contre 15 dollars auparavant. "On est dans ces eaux-là", confirme Agnès Pannier-Runacher qui tient toutefois à précise que "ce n’est pas le même vaccin. Ce que nous avons négocié avec la Commission européenne, c'est la possibilité, en fonction de la situation sanitaire, soit d'appeler des doses de vaccin contre le variant d'Afrique du Sud, soit d'appeler des doses pour faire des rappels, soit d'appeler des doses pour les enfants"L’augmentation de prix est liée à cette"flexibilité, qui est plus complexe" négociée avec Pfizer : l’Union européenne pourra en effet décider quels vaccins se faire livrer en priorité, notamment des vaccins à destination des enfants ou encore contre certains variants particuliers.

 

"Il y a plus de 300 projets de relocalisation de sites de production en France"

Dans l'industrie, 36 projets ont été retenus pour bénéficier du plan France Relance. "Il y a plus de 300 lauréats donc 300 projets de relocalisation de sites de production en France sur 6 secteurs, explique Agnès Pannier-Runacher. La santé, qui est d'ailleurs le premier secteur en termes de nombre de projets, l'agro-alimentaire, l'électronique, la 5G, les intrants critiques et le nucléaire. On n'a jamais eu autant de soutien public à des projets de relocalisation, tient-elle à préciser. La relocalisation est portée par les industriels, ce sont eux qui prennent les risques, mais nous les accompagnons pour limiter les risques et donner le coup de pouce qui permet de déclencher les décisions. On parle de relocalisation pour des nouveaux produits, pour des doublements de lignes, pour des produits que vous sous-traitez à l'étranger ; ce sont des chaînes de production complémentaires qui n'existent pas et qui s'installent en France et créent de l'emploi".

"On a plus de 500 millions d'aides d'ores et déjà déployées sur le territoire, ajoute-t-elle. Nous avons consacré au total 850 millions d'euros dans nos prévisions budgétaires à la relocalisation auxquels s'ajoutent tous les dossiers sur les territoires d'industrie qui sont à hauteur de 550 millions d'euros. Le plan de relance industrielle, c'est ici et maintenant ! Ça fait 8 mois que nous avons démarré et nous avons déjà soutenu des milliers d'entreprises".

 

"La tribune de "Valeurs Actuelles" est une tribune politique et appelle au désordre !"

Une nouvelle tribune de militaires a été publiée dans "Valeurs Actuelles", écrite cette fois par des soldats en service notamment, qui s'inquiètent de l'avenir du pays et de certains quartiers devenus des foyers de violence. "C'est une tribune anonyme, déplore la ministre déléguée à l'Industrie, donc on ne sait pas qui parle. Par ailleurs, c'est une tribune politique, c'est un peu curieux parce que c'est assez contraire aux principes de l'armée, en particulier de l'armée en service. Enfin, et nous avons pris le sujet en main avec Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, on peut effectivement souhaiter améliorer la sécurité des Français sur le territoire".

"Des militaires, ou des prétendus militaires, ça peut être des personnes qui reprennent des termes de l'extrême-droite et d'ailleurs les mêmes propos que le Rassemblement national, estime-t-elle. Pour elle, cela s'apparente à une instrumentalisation politique : poser le problème, c'est une chose, appeler au désordre au motif qu'on veut défendre l'ordre est parfois inquiétant. Il faut lire entre les lignes de ce qui est plutôt une pétition".

 

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