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Groenland : une force européenne qui porte mal son nom

Par Emmanuel Mottet

Menacé par les États-Unis, le Groenland voit arriver plusieurs détachements militaires européens dans le cadre d’exercices menés sous l’égide du Danemark. Un contingent bien maigre, quand on y regarde de plus près.

Un navire militaire norvégien lors d'une patrouille au large du Groenland.
Un navire militaire norvégien lors d'une patrouille au large du Groenland (Photo by Alessandro RAMPAZZO / AFP)

Menacé d’annexion par les États-Unis, le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, est devenu le centre de nombreux enjeux géopolitiques. Face à cette situation, plusieurs pays européens ont décidé de mobiliser une coalition militaire sur place. La Norvège, la France, la Suède et l’Allemagne ont ainsi annoncé le déploiement de personnels militaires au Groenland, dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance ». Ils ont été suivis par le Royaume-Uni, la Finlande et les Pays-Bas.

Une quinzaine de chasseurs alpins

Mais pour l’instant, force est de constater que le nombre de soldats déployés n’est pas en mesure d’inquiéter la puissance militaire des États-Unis. Jeudi, sur Franceinfo, l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor, a précisé qu’une quinzaine de chasseurs alpins français étaient déjà mobilisés pour cette « opération de dissuasion », visant à montrer aux États-Unis que l’OTAN est présente dans la région.

Lors de ses vœux aux forces armées, Emmanuel Macron a confirmé cette présence, ajoutant qu’elle serait « renforcée par des moyens terrestres, aériens et maritimes ». Le président de la République a également déclaré que « l’Europe a une responsabilité envers le Groenland, qui fait partie de son territoire ».

13 soldats allemands, 1 officier allemand

Côté allemand, le renfort militaire reste également limité, avec la présence de treize soldats envoyés sur le sol groenlandais. Toutefois, le discours officiel de Berlin diffère. Selon le ministère allemand de la Défense, la mission de reconnaissance menée par plusieurs pays européens membres de l’OTAN au Groenland a été ordonnée en raison des «menaces russes et chinoises dans l’Arctique ». Une déclaration transmise dans un communiqué qui n’évoque pas les ambitions territoriales américaines.

Concernant les autres pays membres de cette coalition, seul un officier britannique serait présent sur place. Des militaires suédois doivent également être dépêchés au Groenland, à la demande du Danemark, afin de préparer les prochaines étapes dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance ». La Norvège, les Pays-Bas et la Finlande doivent aussi y mobiliser des renforts.

Aucun impact sur la prise de décision" de Trump

Côté américain, ces mobilisations européennes ne semblent pas perturber les plans de Washington. Jeudi, la porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré, à propos du déploiement de troupes européennes au Groenland, que « cela n’aura aucun impact sur la prise de décision du président ni sur son objectif d’acquérir le Groenland ». De son côté, le président américain Donald Trump a estimé « qu’une solution serait trouvée », tout en répétant que Washington « avait besoin du Groenland » pour assurer sa sécurité.

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