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Gobelets en plastique : pourquoi le gouvernement repousse l’interdiction à 2030

ECLAIRAGE SUD RADIO. Alors que les pouvoirs publics ont repoussé de quatre ans l'interdiction des gobelets en plastique, Joseph Tayefeh, secrétaire général de Plastalliance, dénonce à la fois une vaste hypocrisie sur le sujet ainsi qu'une "infaisabilité". Explications.

Gobelets en plastique

La France devait bannir, au 1ᵉʳ janvier 2026, les gobelets à usage unique contenant du plastique, conformément aux dispositions de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) et aux textes réglementaires adoptés depuis 2021, mais cette échéance a été officiellement repoussée au 1ᵉʳ janvier 2030.

Un décret publié au Journal officiel fin décembre 2025 modifie l’arrêté de 2021 sur la teneur maximale de plastique autorisée dans ces gobelets. Initialement, le taux autorisé avait été progressivement abaissé : 15% jusqu’à 2022, 8% depuis 2024, et finalement 0% à partir de 2026. Désormais, la disparition complète du plastique dans les gobelets est fixée à 2030, avec un bilan d’étape intermédiaire prévu en 2028 pour évaluer les progrès technologiques et industriels.

Les fabricants pointés du doigt

Le gouvernement justifie ce nouveau report de quatre ans par des difficultés techniques et industrielles : selon l’exécutif, les fabricants ne seraient pas encore en mesure de produire à grande échelle des gobelets totalement dépourvus de plastique dans des conditions satisfaisantes, notamment en termes de performance, de sécurité sanitaire et de coûts.

Ce revirement suscite de vives critiques chez les associations environnementales. Des organisations comme Zero Waste France ou Surfrider Foundation dénoncent un recul dans la lutte contre la pollution plastique, estimant que des alternatives sans plastique existent déjà et sont techniquement viables. Elles appellent à une généralisation du réemploi et des solutions circulaires plutôt qu’à un simple report des interdictions.

Le délai d’écoulement des stocks lui aussi allongé

La mesure concerne principalement les gobelets dits "en carton" ou "en papier" qui contiennent encore une part de plastique pour assurer l’imperméabilité : ces produits ne sont pas recyclables, contrairement à une idée reçue largement partagée dans le public.

Outre le report de l’interdiction, le décret prévoit aussi d’allonger le délai d’écoulement des stocks : après 2030, les gobelets fabriqués ou importés avant cette date pourront être commercialisés pendant douze mois, soit deux fois plus longtemps que ce qui était prévu auparavant. Ce recul intervient dans un contexte où la mise en œuvre des interdictions actuelles est déjà jugée insuffisante, plusieurs enquêtes ayant montré que de nombreux acteurs ne respectent pas encore les interdictions existantes sur d’autres plastiques à usage unique.

Un gobelet sans plastique n'est pas faisable

"L'ennemi n'est pas le plastique, mais cette idéologie qui confond interdiction et solutions. Quand on dit de faire des gobelets en carton, soi-disant sans plastique, c'est ignorer la chimie, les lois de la chimie. Et les lois ne pourront jamais changer ces principes", souligne Joseph Tayefeh, secrétaire général de Plastalliance, au micro de Sud Radio, pour qui l'interdiction totale de plastique ne sera pas applicable.

"Aujourd'hui, poursuit-il, vous avez énormément de produits qui, en apparence, ne sont pas en plastique de l'extérieur, mais qui sont recouverts de plastique, parce que d'un point de vue technique, il est impossible de faire autrement. S'il n'y a pas de plastique à l'intérieur de votre gobelet, le café va passer au travers. Le seul carton qui n'est pas traité par du plastique, c'est le carton de déménagement. Si vous voulez mettre en contact avec des choses qui sont humides ou grasses, le plastique est, techniquement, le meilleur allié".

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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