Sophie Davant : "Aujourd'hui c'est plus simple d'être une femme et de parvenir à la présentation d'émissions intéressantes"

Sophie Davant était l’invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 28 mai dans "Le 10h - midi". Elle présente son livre "Tout ce qui nous lie", publié aux éditions Albin Michel.

Sophie Davant, invitée de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Sophie Davant : "Pourquoi populaire est souvent synonyme de grossier ou de vulgaire ?"

Pendant le confinement, l'éditrice de Sophie Davant l'a sollicitée pour écrire un nouveau livre : "je n'avais plus envie de parler de moi confie-t-elle, le prochain défi que je voulais me fixer était de faire une biographie historique ou tenter ma chance dans le roman. Je n'y ai pas renoncé, mais elle m'a 'mis le grappin dessus' et m'a demandé de réfléchir sur le lien que j'ai tissé avec les Français depuis 30 ans et sur ce qui dans ma personnalité, pouvait faire écho en celle des Français. Dresser une sorte de portrait de la France profonde et populaire. J'ai pris du plaisir à ce travail, qui m'a demandé 6 ou 7 heures de travail par jour assure-t-elle, et c'est un livre que j'ai écrit vraiment seule".

Dans son livre, Sophie Davant commence par le chapitre "l'âme populaire", dans lequel elle explique le mépris qu'elle a parfois ressenti parce qu'elle animait des émissions populaires. "Je ne veux pas passer pour une aigrie parce que ce n'est pas du tout mon propos, mais je ne comprends pourquoi ce mépris vis-à-vis de la popularité reconnaît-elle. Pourquoi populaire est souvent synonyme de grossier ou de vulgaire ? s'interroge-t-elle. On peut être populaire et élégant, comme Michel Drucker ou Jacques Chancel, Bernard Pivot estime-t-elle. Ce n'est pas le regard des Français, qui est toujours bienveillant souligne-t-elle, mais un regard de certains médias qui se disent branchés et pour qui populaire n'est pas désirable. Ça ne m'a jamais empêchée de faire mon métier, mais je trouve ça intéressant à observer !"

 

"En ce qui me concerne, la longévité est une valeur ajoutée"

Pour Sophie Davant, "les choses sont en train de changer. En ce qui me concerne, la longévité est une valeur ajoutée et j'ai l'impression qu'on a besoin de se raccrocher à des icônes populaires, je l'ai constaté pendant le confinement et ces derniers mois, où avaient accès à des médias branchés des gens qu'on n'y entendait jamais. Et selon elle, la popularité n'est pas suffisamment considérée".

Sophie Davant a-t-elle des regrets concernant sa carrière ? "J'ai toujours eu la chance d'être à la tête d'un magazine, d'émissions quotidiennes souligne-t-elle. J'aurais peut-être pu faire des tas d'autres choses, je vois des animatrices talentueuses autour de moi qui ont la chance d'accéder à des choses plus rapidement, tant mieux je m'en félicite ! On est des sortes de pionnières estime-t-elle, on a ouvert des voies. Il y a des femmes qui m'ont donné envie de faire ce métier, j'ai l'impression qu'aujourd'hui c'est plus simple d'être une femme et de parvenir à la présentation d'émissions intéressantes".

L'animatrice constate être aujourd'hui une source d'inspiration pour des jeunes femmes. "Ça me fait extrêmement plaisir et j'en suis flattée ! assure-t-elle. Je suis exigeante envers moi-même et j'ai toujours l'impression d'avoir encore rien prouvé, tout reste toujours à faire pour moi ! Je suis toujours en devenir et ce n'est pas plus mal, c'est un moteur. Je cultive la notion d'admiration, j'adore admirer ! J'ai besoin d'admirer pour aimer, admirer les gens que je côtoie. J'avais besoin de ça quand j'étais jeune journaliste pour avancer et ça me flatte de croiser des jeunes qui me disent ça".

 

"Affaire conclue" : "C'est une vraie carte postale de la France, seuls les objets sont castés !"

Sophie Davant anime l'émission "Affaire conclue" sur France 2, qui est un énorme succès. "J'ai été étonnée quand on me l'a proposée, mais le producteur m'a demandé de faire de l'émission ce que je suis raconte-t-elle. Stéphane Bern [qui a été le premier animateur choisi par la chaîne mais qui a refusé, ndlr] était trop expert pour jouer ce rôle du candide vis-à-vis de l'objet alors que moi j'étais vraiment néophyte. Le téléspectateur peut se projeter en moi et progresse au même rythme que moi ! J'ai énormément progresser en histoire de l'art !"

Pour elle, "c'est vraiment l'exemple de l'émission qui répond à la mission de service public qui permet de se divertir et d'apprendre ! C'est un savant mélange entre le divertissement et la culture. Par ailleurs, c'est une vraie carte postale de la France, seuls les objets sont castés ! C'est la seule émission en télé où tout le monde peut avoir la chance de passer à la télé. Je reçois aussi bien des profs de fac que, hélas, des personnes qui viennent parce qu'elles ne peuvent pas boucler les fins de mois".

On lui reproche parfois sur les réseaux sociaux d'être froide avec les candidats. "Je le prends mal parce que c'est vraiment injuste ! regrette-t-elle. Je reçois 26 personnes par jour, et mon rôle est de les mettre en valeur explique l'animatrice. Il y a un montage, il suffit d'une mimique, d'une attitude mal montée et sortie du contexte pour qu'on ait cette impression. Il y a des critiques qui me permettent de me remettre en question assure-t-elle, on me reprochait par exemple de demander tout le temps aux candidats ce qu'ils feraient de la somme perçue ; j'ai arrêté de le faire parce que les gens trouvaient ça insultant".

 

"Je regrette que Pierre-Jean Chalençon ne soit plus avec nous !"

Sur Pierre-Jean Chalençon, "je n'ai pas envie d'alimenter les mauvais buzz ! explique Sophie Davant. Je regrette simplement qu'il fasse plus parler de lui sur du mauvais buzz que sur son talent et ses connaissances, que je respecte et que j'apprécie. Je l'adore, c'est toujours mon chouchou mais il se complaît dans un buzz qui ne m'intéresse pas. Ce sont des gens qui ont été livrés du jour au lendemain au succès, il a eu accès à la notoriété rapidement et il est parti dans tous les sens "déplore-t-elle.

"Je regrette que Pierre-Jean ne soit plus avec nous, c'était un élément important et je suis triste". 

 

Dans le chapitre "Mademoiselle" de son livre, très drôle, Sophie Davant raconte ses rencontres amoureuses. "J'ai découvert le pays de célibat ! confirme-t-elle. Je romance ces histoires et ce ne sont pas que les miennes tient-elle à préciser. Je suis très confiante, toujours aussi romantique et je suis toujours persuadée que ma plus belle histoire d'amour est celle que je n'ai pas encore vécue..."

 

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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