Philippe Geluck : "J'ai des milliers de documents inédits"

Le dessinateur Philippe Geluck était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 23 novembre dans "Le 10h - midi".

Philippe Geluck, invité de Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Philippe Geluck : "Le tome 23 du 'Chat' est peut-être le seul effet bénéfique de la pandémie avec la défaite de Trump !"

Y aurait-il eu un tome 23 du Chat, "Le Chat Est Parmi Nous", sans la pandémie de coronavirus ? "Pour moi, c'est une bénédiction cette pandémie ! confie avec humour Philippe Geluck. C'est peut-être le seul effet bénéfique avec la défaite de Trump ! S'il n'y avait pas eu la pandémie, Trump aurait été élu haut la main ! estime-t-il. C'est dangereux au plus haut point de soutenir un type comme ça, ajoute-t-il, un fou-furieux qui n'a aucune morale, qui n'hésite pas à mentir, à balancer des fausses nouvelles à longueur de journée".

Le Chat est-il de gauche ? interroge Gilles Ganzmann. "Le Chat est humaniste, assure le dessinateur, il est plutôt écolo. Je suis de culture de gauche, mes parents, militants communistes, m'ont beaucoup ouvert l'esprit mais plutôt dans l'attention aux autres, dans la fraternité, le partage, la démocratie".

 

"J'ai des milliers de documents inédits"

Philippe Geluck raconte avoir eu un tout autre projet, en marche depuis deux ans : "la création de 20 sculptures monumentales du Chat en bronze, chacune sur un thème humoristique, qui devaient être exposées sur les Champs-Élysées à partir d'avril 2020. L'exposition a été annulée et reportée d'un an, explique-t-il. On avait édité un catalogue, un hors-série, un documentaire, plein de choses qui vont entourer cette exposition et tout ça tombe à l'eau !

Pendant les 3 mois du confinement, je ne voulais pas laisser les lecteurs en manque du 'Chat' en cette fin d'année ! Je sais que c'est devenu une tradition d'offrir un de mes livres le 24 au soir. J'ai retrouvé des centaines de dessins inutilisés depuis des années que j'avais un peu abandonnés. Pendant le confinement, on a fait de l'ordre dans l'atelier avec ma femme, et on a retrouvé des merveilles ! J'ai des milliers de documents inédits, assure-t-il. Une partie de ces dessins se retrouvent dans l'album et d'autres que j'ai faits spécialement". 

Ces dessins retrouvés sont toujours d'actualité, "justement parce que je travaille très peu sur l'actualité ! souligne Philippe Geluck. Depuis le début, avec le 'Chat', j'ai eu cette intuition qu'il fallait que mes dessins soient détachables des articles qu'ils illustrent. J'ai commencé à faire des dessins intemporels sur des grandes idées, des préoccupations qui sont celles de notre temps mais qui pourraient être celles de penseurs plus anciens et qui continuent à intéresser les générations suivantes".

 

"J'ai ma façon à moi de m'engager pour la liberté d'expression"

Lors d'une interview, Philippe Geluck a expliqué comprendre que certains puissent être choqués par certains dessins. "Cette interview date de 2015, souligne le dessinateur. J'ai ma façon à moi de m'engager pour la liberté d'expression que je chéris par-dessus tout, j'ai mes outrances à moi et je n'ai jamais ressenti le besoin par exemple de dessiner le prophète des musulmans. La liberté d'expression, c'est laisser les autres s'exprimer, je les laisserai s'exprimer de toutes mes forces. Mais je me rends compte que cette histoire de caricature du prophète pose un énorme problème à peu près à tous les musulmans, y compris aux musulmans pacifistes, aux braves gens qui pratiquent une religion dans l'intimité et qui sont outrés parce que, pour eux, c'est le tabou absolu".

"Est-ce que moi, au nom de la liberté d'expression et de la presse, je suis obligé de leur mettre ça sous le nez ? Je suis d'accord pour qu'on puisse le faire, c'est la liberté d'expression, mais je ne suis pas persuadé qu'il soit indispensable de continuer à ressortir ces caricatures-là pour les mettre sous le nez de gens que ça blesse, et je ne parle pas des intégristes que je prends frontalement aussi dans mes dessins d'une autre façon".

"J'essaie de faire de la pédagogie, affirme Philippe Geluck. L'humour est important, l'humour permet d'analyser, de critiquer, de dénoncer. Essayons de le faire ensemble, de se comprendre et peut-être faut-il repartir un peu arrière pour refaire de la pédagogie envers ceux qui ne sont pas prêts à accepter les choses auxquelles nous sommes arrivés avec la presse satirique, avec la séparation de l'Église et de l'État. Tout le monde n'est pas capable de recevoir ça".

 

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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