Le regard libre d'Élisabeth Lévy - Quand Guillaume Meurice, "payé par nos impôts, se moque des prétendus assistés"

Une chronique de Guillaume Meurice, publiée dans le mensuel "Siné", a déchaîné les passions d'un Twitter au secours des restaurateurs et commerçants. Se moquant de ceux qui sont aujourd'hui dans la panade économique et qui auraient antérieurement critiqué les subventions de l'État, l'humoriste sur France Inter tape toujours sur les mêmes. Mais c'est son droit.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Une chronique de Guillaume Meurice dans Siné Mensuel fait beaucoup réagir.

Guillaume Meurice qu’on connaît pour ses chroniques humoristiques sur France Inter. Sa spécialité : se moquer du plouc à l’esprit étroit ce qui lui permet de montrer sa belle âme et ses hautes valeurs. 

Dans Siné Mensuel, il signe un article - pas drôle cette fois - intitulé « Faites ce que je dis, pas ce que je pense » qui s’en prend aux commerçants et aux indépendants. Je vous lis le début : « Alors, je rêve ou tu chouines ? Ton business est en train de couler alors tu demandes de l’aide à l’État ? Je croyais que dans la vie, il fallait se débrouiller tout seul. »

Que veut-il dire ? 

Pour lui, les commerçants sont tous d’affreux gens de droite qui ont voté Macron ou Fillon, ont de la bouillie libérale dans la tête et conchient l’État-providence. Il ironise donc sur le fait qu’ils redécouvriraient ses bienfaits, bref qu’ils se comporteraient comme les assistés qu’ils dénonceraient eux-mêmes habituellement. 

Alors que beaucoup se débattent contre la pauvreté, cette chronique a suscité l’indignation. « C’est juste dégueulasse », tweete Brice Couturier. Julie Garnier de la France insoumise rappelle que, « pour 10 millions de Français, la question ce n'est pas de savoir s'ils pourront skier à Noël, mais s'ils pourront manger à Noël ».

Derrière la polémique, qu’en penser ? 

La caricature est par définition caricaturale : elle mélange un micro-fond de vérité et beaucoup de mauvaise foi. Le micro-fond de vérité, c’est que les gens qui ont choisi d’être indépendants ont aussi besoin de l’État. La mauvaise foi, c’est qu’ils ne réclament pas des aides ou des subventions mais le droit de travailler et de vivre de leur travail. 

Cependant, on ne peut pas défendre la liberté de caricaturer les musulmans, les Auvergnats ou les chasseurs et réclamer que les commerçants soient protégés contre elle.

Et bien sûr, on a le droit de se moquer de Guillaume Meurice. Quel délicieux pays que celui où un garçon payé par nos impôts pour se payer la tête des gens qui ne pensent pas comme lui peut se moquer de prétendus assistés. On attend donc que Meurice renonce à sa planque à France Inter pour découvrir les joies de l’humour libre.