Laurent Bignolas : "On s'en est pris à moi parce que j'étais une sorte de symbole"

Laurent Bignolas, que vous retrouvez chaque jour dans "Télématin" sur France 2 à 6h30, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 2 juin dans "Le 10h - midi".

Laurent Bignolas, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Laurent Bignolas : "Je n'ai jamais été inquiet de la reprise de Télématin, parce qu'on ne tue pas la poule aux oeufs d'or !"

"J'ai eu la chance d'être confiné au moment où j'étais en famille à la campagne confie Laurent Bignolas à Valérie Expert et Gilles Ganzmann. Je n'ai pas perdu mon temps, j'ai surveillé l'actualité. J'ai culpabilisé au début d'être absent reconnaît-il, notamment par rapport à tous ceux qui sont obligés de travailler dans des conditions nouvelles et inconnues. J'ai aussi été un peu stressé parce qu'on a essayé de repartir au plus vite. Toute l'équipe, très discrètement, avec beaucoup d'humilité, a essayé de mettre en place les choses pour qu'on puisse redémarrer le plus tôt possible mais on ne voulait pas prendre le risque d'être obligés de s'arrêter à nouveau. Il fallait être sûrs et certains qu'on pourrait redémarrer, dans certaines conditions qu'on a pu étudier pour préparer un retour progressif".

 

Pendant le confinement, France Info était diffusé le matin sur France 2. "Il était évident et naturel que dans une maison où on prône la mutualisation des moyens on fasse aussi de la mutualisation d'antenne, explique Laurent Bignolas. La matinale de France Info répondait au besoin d'information, avec cette ressemblance à Télématin avec ses modules : pendant cette période-là, les équipes ont travaillé tient-il à préciser. 200 modules propres à Télématin ont été injectés dans cette matinale commune, ce qui fait qu'on pouvait garder un petit aspect Télématin. Je n'ai jamais été inquiet de la reprise de Télématin, parce qu'on ne tue pas la poule aux œufs d'or ! Les annonces publicitaires rapportent de l'argent !"

 

Quelle est l'ambiance des studios avec le retour à l'antenne ? s'interroge Valérie Expert. "Ça s'est passé dans une certaine excitation de mômes qui retournent à l'école !" raconte le journaliste.

 

"On s'en est pris à moi parce que j'étais une sorte de symbole"

L'année 2020 a été difficile pour l'émission "Télématin", avec de nombreuses tensions dans l'équipe. "Il valait mieux que ça tombe sur moi, qui avais un peu d'expérience ! affirme Laurent Bignolas. J'ai beaucoup de peine mais d'un autre côté, je comprenais très bien, sans l'admettre, que dans le malaise d'un changement, on veuille trouver quelqu'un d'un peu fragile pour toucher, pour piquer, parce qu'on perd un peu la face dès l'instant où on vous supprime l'antenne après 15-20 ans, surtout quand on le fait avec un certain talent ! Ce sont des gens que forcément j'aimais bien confie-t-il, je les ai vus être très malheureux, et s'en prendre à moi du regard parce que j'étais une sorte de symbole. 

La structure n'a pas été cassée souligne toutefois l'animateur. C'est la façon dont ça s'est passé, parce qu'effectivement, c'était une communauté qui vivait un peu à part. Les gens ne partageaient pas énormément de temps, ça se passait dans les studios, dans les couloirs, c'est William [Leymergie] qui tenait tout ça avec son équipe administrative. Il y a beaucoup de choses qui devaient changer dans la méthode assure Laurent Bignolas. C'étaient des gens qui n'étaient pas dans les modes de travail d'aujourd'hui. Ce ne sont pas des privilégiés parce que finalement, ces gens-là sont malheureux !"

Selon l'animateur, "il n'y a pas eu une crise interne, pas de crise dans l'équipe, mais entre certains membres de Télématin. Quelques-uns sont partis parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec la direction, l'administration de France Télévisions affirme-t-il. Ceux qui sont restés ont convenu qu'il fallait changer les choses. Une énorme majorité a accepté les nouvelles règles et d'autres, sachant qu'ils ne pouvaient pas s'habituer, sont partis. Cet épisode m'a fait de la peine insiste-t-il, certains moments ont été très durs. Quelques journaux aujourd'hui sont capables depuis 10 jours de me réinventer une vie privée ; je préfère en rire mais ça peut être blessant ! reconnaît-il. Ce sont les échos qu'on en a donnés qui sont parfois un peu durs, parce que c'était à répétition".

 

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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