Julien Bellver : "le 11 septembre 2001, la plupart des journalistes étaient désemparés car ils ne savaient pas faire"

Julien Bellver, journaliste et chroniqueur dans l’émission de Yann Barthès "Quotidien", était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 8 septembre 2021 dans "Le 10h - midi".

Julien Bellver, invité de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Le mercredi 8 septembre 2021 à 21h05, Julien Bellver présentera sa première émission, "21h Médias", une déclinaison grandeur nature de sa rubrique quotidienne "19h30 médias" dans l'émission "Quotidien" de Yann Barthès. "Il y a eu beaucoup de documentaires pour les 20 ans du 11 septembre. Nous, notre parti pris, c’était de revivre cette journée et uniquement cette journée sous le prisme des médias, en France et aux États-Unis, avec les acteurs qui l’ont couvert en France", a expliqué Julien Bellver.

 

"Tous les journalistes ont des souvenirs extrêmement précis de cette journée"

"David Pujadas est la nouvelle star du 20 heures, il était sur LCI, il venait d’arriver sur France 2 quelques semaines avant le 11 septembre. Et ce jour-là, une caméra de Canal+ est là, et elle filme sa première réaction : ‘wow, génial’. Cela lui a été beaucoup reproché évidemment. Il est revenu dessus, il revient dessus pour nous.

 


Les autres journalistes de l’époque, Michel Moutot, correspondant de l’AFP aux États-Unis, et Thomas Legrand, évoquent leur excitation journalistique de l’époque. Ils avaient l’impression qu’ils vivaient quelque chose d’historique, que ce sont eux qui vont raconter cet événement historique. Et ils avaient la même excitation que David Pujadas sur France 2.

Ils ont des souvenirs extrêmement précis de cette journée. Thomas Legrand est dans la rue quand le premier avion percute la tour, Laurence Haïm était dans un avion, elle le voit à travers son hublot. Elle doit atterrir à New York mais elle ne peut pas parce que c’est interdit d’atterrir dans les aéroports près de New York. Michel Moutot, c’est la première dépêche AFP, c’est lui qui l’a rédigée", a raconté Julien Bellver.

"Les journalistes américains avaient pris le parti de ne montrer aucun mort"

Où sont donc passées les images de morts ? "Il y a un truc qui nous a sauté aux yeux quand on a revu ces images, c’est qu’il n’y a aucun mort, aucun blessé, aucun brancard. Michel Moutot l’explique très bien : les journalistes américains avaient pris le parti de ne montrer aucun mort, alors qu’en France on montrait ces images de personnes qui avaient fait le choix de sauter des tours avant d’être tuées par l’incendie.

Les journalistes sont dépassés par l’événement. Thomas Legrand dit : ‘on ne se sent pas à la hauteur’. C’était tellement du jamais vu, il n’avait jamais couvert ce type d’événement. Et surtout, à l’époque il y avait très peu d’infos. On avait ces images en direct mais on a mis plusieurs heures à comprendre qui se cachait derrière", a raconté Julien Bellver.

"Le 11 septembre, c’est le point de départ d’une nouvelle façon de fabriquer de l’information"

 


"C’est le point de départ d’une nouvelle façon de fabriquer de l’information. C’est le premier breaking news de l’histoire, et les médias de l’époque ne sont pas armés pour traiter ce genre d’événement. Le mieux armé en France, c’est David Pujadas. Sur LCI il avait l’habitude des breaking news, il savait jongler avec le peu d’information, le peu d’images, le peu d’informations. Mais la plupart des journalistes sont désemparés car ils ne savent pas faire. Et depuis ce jour, des procédures ont été mises en place, notamment à France Télévisions. En cas d’événement majeur, il y a tout un tas de procédures pour qu’on puisse tenir l’antenne", a fait savoir Julien Bellver.


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