Isabelle Chalençon : "à France Télévisions, on est victime de harcèlement moral !"

France Télévisions est obligée de faire des économies. Douloureux pour un grand nombre de collaborateurs, en CDD depuis près de 30 ans pour certains d'entre eux. "Comment peut-on nous dire que nous ne sommes plus dans la précarité ?" s'insurge Isabelle Chalençon, chroniqueuse dans l'émission Télématin.

France Télévisions coûte-t-elle trop cher ? C'était le débat du 10h-12h de Valérie Expert, le 12 septembre.

Isabelle Chalençon, chroniqueuse mode et beauté pendant 22 ans dans l'émission Télématin, a cumulé jusqu'à 330 jours de contrats par an pendant 20 ans. "J'ai fait un burn out, j'ai explosé en vol au mois de février dernier. Depuis 20 ans je suis en CDD. J'ai eu des soucis de santé et je me suis rendue compte que j'étais dans la précarité. J'ai attaqué France Télévisions pour demander un CDI, que j'ai obtenu aux prud'hommes. Mais mon CDI a été accepté avec une amputation de salaire de 40%".

 

Isabelle Chalençon : "comment peut-on nous dire que nous ne sommes plus dans la précarité ?"

"Nous sommes journalistes et à ce titre, nous sommes cadres, explique Isabelle Chalençon à Valérie Expert. Ça fait plus de 20 ans que nous demandons à avoir notre statut cadre. Nous avons été reçus par différentes RH, qui à chaque fois étaient licenciées ou qui sont parties ; nous n'avons jamais eu d'écho ni à notre demande de changer nos CDD en CDI, ni de récupérer notre statut cadre en étant journaliste. Quelle société privée aujourd'hui aurait le droit de faire ça ?

"Comment peut-on nous dire que nous ne sommes plus dans la précarité ?"

On nous dit que nous avons droit à des vacances, et du coup on nous impute nos salaires de 40%. C'est honteux !

Aujourd'hui, je pose la question : quel est le budget de France Télévisions pour le montant des avocats qu'ils paient ? Parce que les avocats ne répondent pas aux nôtres et font traîner les choses. Je suis aux prud'hommes depuis 2015... Je paye à la fois mon propre avocat et celui qui est contre moi via mes impôts, via ma redevance.

Ils estiment que nous sommes trop payés, que nous ne travaillons que 5 minutes par jour, que nous ne sommes pas dans la précarité. Mais nous sommes présents pour la préparation, le tournage et le montage. Je voudrais déjà avoir au moins le contrat qui m'a été fait".

"Je n'ai jamais signé de contrat"

"On est aussi victime de harcèlement moral"

"On est aussi victime de harcèlement moral : du jour au lendemain, on ne vous met pas à l'antenne, donc vous n'êtes pas payé ; vous ne prenez pas de vacances parce que vous ne savez pas comment vous allez être jugé ou si vous serez encore à l'antenne la saison prochaine..."

Certains salariés expliquent qu'on cherche à les pousser à bout, en leur demandant de faire des tâches qui n'étaient pas les leurs auparavant, de faire plus avec moins. Des conditions de travail dégradées, et certains employés précaires ont même appris la fin de leur collaboration sur un simple coup de fil, d'autres ont parlé d'intimidation. La situation est compliquée.

"C'est à la fois de la violence et de l'incompétence", estime Pierre Mouchel, délégué central CGT à France Télévisions.

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