Géraldine Levasseur : "on voulait montrer aux ados ce que c’est que la réalité d’une tête coupée"

La productrice et auteure Géraldine Levasseur était l'invitée de Valérie Expert sur Sud Radio le 14 octobre 2021.

geraldine-levasseur
Géraldine Levasseur, invitée de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Le 14 octobre 2021 à 21 heures, Canal+ diffuse le docufiction de Géraldine Levasseur "Dolorès, la malédiction du pull­over rouge. Le témoin devenu bourreau". Avec une équipe venue de la fiction et une écriture inédite, ce docu­fiction en quatre épisodes raconte l'histoire de Jean­-Baptiste Rambla, le frère de Marie­ Dolorès, tuée en 1974 par Christian Ranucci.

 

Géraldine Levasseur : "la fiction, il n’y a rien de faux dedans"

Géraldine Levasseur a tout d’abord expliqué comment ce docufiction s’est fait. "C’est Jean-Marc Juramie, à Canal, qui nous a dit : ‘on veut mettre le doc au même niveau que la série, on cherche des histoires vraies, des twists et quelque chose de connu’." Mais justement, quelle part de documentaire et quelle part de fiction y trouve-t-on, en particulier quand on sait la part importante qu’y tiennent les reconstitutions ? "La fiction, il n’y a rien de faux dedans. Il y a l’interprétation des comédiens et la mise en scène du réalisateur. Mais toute la fiction est racontée à partir de PV d’auditions. À Giraf Prod, on est une boîte de documentaires, on est journalistes avant tout. On innove aussi, par exemple, on a rejoué l’une des scènes en fiction, en rajoutant le son de l’époque, car les archives existent. On a Roger Ardouin qui nous raconte les coulisses de cette interview dans le documentaire. Je crois qu’on a réussi l’invention d’une nouvelle écriture, à savoir l’enchevêtrement de la fiction, de l’archive et du doc."

"J’ai tenu à ce qu’on fasse l’interview le 28 juillet, qui est la date de l’exécution de Christian Ranucci"

"Gilles Perrault est un monsieur qui doit avoir 83 ans, qui vit en Normandie. L’essentiel de l’histoire est tourné à Marseille et à Toulouse. Et à un moment donné, il était indispensable que je lui parle. Pour être tout à fait sincère, cela n’a pas été difficile. J’ai tenu à ce qu’on fasse l’interview le 28 juillet, qui est la date de l’exécution de Christian Ranucci. Je lui ai tout de suite demandé comment il se sentait. Mais non, il ne regrette rien", raconte Géraldine Levasseur.

 


"C’est une histoire qui a marqué la France. Et puis, c’est une histoire qui croise la grande, il ne faut pas oublier qu’on célèbre cette année les 40 ans de l’abolition de la peine de mort. Cela nous a paru important de montrer, notamment aux jeunes générations, ce qu’était la guillotine. On a tourné aux Beaumettes, le vrai couloir de la mort qu’a emprunté Chirstian Ranucci. Nous avons demandé l’autorisation à l’administration pénitentiaire. On venait d’ailleurs de faire un autre doc avec eux, sur la prison, et ils ont été contents du doc. La guillotine historique est installée dans les Beaumettes, dans un recoin. Cela nous a semblé important d’avoir cette scène de l’exécution de Christian Ranucci parce que 55% des Français se disent favorables au retour de la peine de mort. On voulait montrer aux ados ce que c’est que la réalité d’une tête coupée. Comme les ados sont bercés aux séries américaines, ils pensent que c’est une injection léthale."

"Jean-Baptiste Rambla se pose en absolue victime de son histoire"

Quid de Jean-Baptiste Rambla, que Géraldine Levasseur a également rencontré pour ce documentaire ? "C’est un homme qui a 54 ans, il mesure 1m85, un bel homme, avec une prestance, une belle allure. Il est séducteur, il tente d’avoir la séduction. Et puis, ensuite, c’est un homme absolument brisé. C’est d’ailleurs quelque chose de bouleversant : au début, on avait l’impression qu’il était sûr de lui. En fait, il se pose en absolue victime de son histoire, de l’histoire de sa famille. Au moment où il se met à parler de son histoire, de l’enlèvement de sa sœur, de ce qu’il a vécu, de la cour de récré, de son enfance, tout remonte, il est fou en larmes. C’est comme s’il devenait un enfant. Il a les mains qui ne vont pas du tout avec son physique, il a de petites mains avec des vergetures comme en ont les enfants quand ils ont froid en hiver.

 


C’est un type très étrange. Il dit qu’il ne sait pas pourquoi il a tué ces deux femmes et raconte des histoires qui ne tiennent pas la route. En revanche, la seule chose qui l’intéresse, c’est de parler de lui à travers cette histoire, montrer comment sa famille a été piétinée, comment leur douleur a été oubliée", a raconté Géraldine Levasseur.

 

À lire aussi :

"Fourniret est fier et orgueilleux, il justifie ses actes par une recherche de la pureté"

Disparition de Marion à Agen en 1996: l'ombre de Fourniret?

Cliquez ici pour retrouver l'intégralité de l’interview média en podcast.

Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez ici !