Chloé Vienne : "Concernant le ciblage électoral, il n’y a aucun contrôle"

La journaliste Chloé Vienne était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 14 avril 2022 dans "Le 10h - midi".

Chloé Vienne
Chloé Vienne, invitée de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Le 14 avril 2022 à 23h10, France 2 diffuse l'émission Complément d’enquête : Big data : quand les politiques nous ciblent. Dans cette enquête de Chloé Vienne, il s'agira du ciblage électoral : on a tous en tête le message vocal d’Emmanuel Macron en personne à la veille de l’élection présidentielle 2017 ou encore un texto d’un candidat Rassemblement National aux dernières régionales. Comment les candidats obtiennent-ils vos données ?

 

Chloé Vienne : "Les entreprises revendent nos données à des data brokers"

"Parfois, on décide de répondre à une enquête sur Internet, laisser nos coordonnées pour voir un tuto, une vidéo,… c’est là que tout se joue. On est face à des entreprises qui revendent nos données à des data brokers. Et ces data brokers revendent eux-mêmes ces données à des entreprises de ciblage électoral.

 


C’est un ciblage assez fin de nos modes de vie, de ce qu’on est… On vous demande si vous êtes enceinte, à combien de mois de grossesse vous en êtes, si vous êtes fiché à la Banque de France,… En France, on n’a pas le droit de ficher les gens compte tenu de leur obédience politique, les confessions religieuses, le handicap et de leur orientation sexuelle. Mais tout le reste, on peut cibler", a expliqué Chloé Vienne.

"Aux États-Unis, on a droit à beaucoup plus de choses"

Quelle attitude les candidats adoptent-ils en public au sujet du ciblage électoral ? "Ils ont envie de dire qu’ils connaissent leurs électeurs et qu’il n’y a pas du tout besoin d’un ciblage électoral. Mais tout le monde l’utilise", a répondu Chloé Vienne.

 


Quel contrôle de l’utilisation de ces données donc, et quels risques ? "Concernant les messages qui sont envoyés, il n’y a aucun contrôle, si ce n’est la CNIL. La CNIL fait des recommandations, mais ce n’est pas la CNIL qui fait la loi. La complexité, c’est que les lois américaines ne sont pas du tout comme les lois françaises. Là-bas, on a droit à beaucoup plus de choses. Et puis la NSA a accès à ces données aussi", a fait savoir Chloé Vienne.


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Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Valérie Expert