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Rachid Temal (PS) : "C'est mieux d'avoir Hollande dans la campagne qu'à l'extérieur"

INTERVIEW SUD RADIO – Rachid Temal, sénateur PS du Val-d’Oise, a répondu aux questions de Jacques Cardoze sur les rodéos urbains, la primaire du Parti socialiste et l’élection présidentielle. Il s’est notamment exprimé sur une possible alliance avec LFI en vue de la Présidentielle.

Rachid Temal

Jacques Cardoze : Qu'inspirent selon vous les événements survenus ce week-end à Saint-Pierre-des-Corps et faut-il apporter une réponse ferme face aux agressions ciblant les policiers lors de ces émeutes ?

Rachid Temal : « D'abord, il faut effectivement toujours penser que les policiers, c'est le service public de la sécurité. Je crois que ce sont ceux qui sont là pour protéger, sauver les gens. Donc il faut effectivement des réponses exemplaires. Après, il faudra que l'enquête nous dise les tenants et les aboutissants, mais en tout cas on ne peut pas aujourd'hui agresser des forces de police dans notre pays. »

"C'est une police exemplaire, mais il faut leur donner les moyens d'être exemplaire"

Rejoignez-vous les responsables de La France insoumise qui ont affirmé que la police tue ?

« Moi je suis de gauche et je ne dis pas ça, comme beaucoup de gens à gauche d'ailleurs, je crois principalement tout le monde à gauche sauf certains. Parce que les policiers sont ceux qui sont tués d'ailleurs parfois dans notre pays, les femmes et les hommes qui sont dans la police prennent des risques pour leur vie. 

C'est une police exemplaire, mais ça veut dire qu'il faut leur donner les moyens d'être exemplaire, et puis ensuite chaque fois que, comme dans tout corps, quand quelqu'un faute, alors il faut qu'il soit aussi puni. Donc je crois que l'exemplarité et d'abord les moyens qu'on doit donner à la police est une bonne chose. »

Rodéos urbains : "Il ne faut pas généraliser"

Ces violences urbaines ne démontrent-elles pas une fois de plus que les quartiers de banlieue sont devenus des territoires perdus de la République où la règle ne s'applique plus ?

« C'est faux. Ce qui s'est passé ce week-end n'est pas la France, n'est pas tous les quartiers, et évitons les généralisations. Parce que si je prends votre vocable, vous savez, moi je m'appelle Rachid, j'ai grandi dans une cité HLM. Dans votre vocable, je pourrais être considéré moi aussi historiquement comme un jeune de cité. Donc non, d'abord c'est la République. 

Encore une fois je pense qu'il ne faut pas généraliser, il y a des cas de délinquance, il y a des cas de tension sociale, il faut les traiter en tant que tel et ne pas généraliser. Et juste aussi vous dire qu'encore une fois cette question-là dans les quartiers, c'est la République qui s'est retirée. C'est la République qui s'est retirée parce que dans beaucoup d'endroits, il n'y a plus de service public. Regardez la qualité des écoles. »

"Il y a un phénomène de ghettoïsation"

Ce qui s'est passé ce week-end, c'est de la faute des services publics qui se sont retirés ?

« Ce n'est pas ce que je viens de dire. Sur ce week-end, je viens de vous dire que moi je ne connais pas le dossier exactement, il y a une enquête. Vous me parliez plus globalement des territoires perdus de la République. Non, c'est la République qui s'est retirée des territoires. Je vous le dis, quand vous avez, et tout le monde le sait, sur la question des services publics, sur la question des écoles etc., il y a un débat, les gens disent : 'on ne veut pas dans cet état-là, on va ailleurs'. 

La question de la politique du logement aussi qui est posée. Donc soit on prend ça sérieusement à bras-le-corps, et moi je suis prêt à tous ces débats-là, mais ne tombons pas dans la caricature. Ces territoires-là ne sont pas le matin arrivés, ont pris leur territoire, sont partis, non : c'est que de plus en plus il y a un phénomène de concentration, il y a un phénomène de ghettoïsation. Après, on peut être dans ces quartiers-là et ne pas être délinquant. »

Mais il existe bien des quartiers abandonnés où les forces de l'ordre interviennent la peur au ventre avec un risque permanent d'embrasement.

« C'est pour ça, comme quand on parle de la ruralité où il faut des moyens spécifiques pour des politiques spécifiques, il faut aussi des moyens pour ces politiques-là. Par exemple, avoir dans ces ensembles-là finalement aucun espoir parce qu'il n'y a aucune entreprise, aucun service, aucune école de qualité etc. Là aussi, ça fait des choses comme celle-là. »

"L'idée d'une primaire, c'est d'avoir une dynamique"

Rachid Temal, quel regard portez-vous sur le lancement poussif de la primaire socialiste ?

« Ce qui nous dira si elle est bien ou pas à la fin de la primaire, c'est je crois la qualité des débats. Nous en avons trois, dont un d'ailleurs qui commence cette semaine, et puis le nombre de participants. Hier soir, j'étais encore dans mon département en réunion avec mes collègues de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste parce qu'on a un comité d'organisation pour qu'il y ait un maximum de votants dans le Val-d'Oise notamment, mais ailleurs au mois d'octobre. Donc moi à ce stade ce que je vous dis, c'est que ça dépendra encore une fois de la qualité des débats et des propositions des uns et des autres. »

Ségolène Royal qualifie Raphaël Glucksmann de 'stagiaire' et affirme que les Français ne veulent pas d'un bis repetita du macronisme. Pensez-vous qu'elle puisse créer la surprise alors que des ténors du PS redoutent sa candidature ?

« Ce qui est clair, c'est que nous sommes dans une compétition. Donc j'invite les uns et les autres à faire des propositions aux Français, parce que ce que veulent aujourd'hui nos concitoyens, c'est dire, et vous, les socialistes, qu'avez-vous à dire, finalement, sur notre quotidien ? Qu'avez-vous à dire sur les questions de sécurité internationale, sur le logement, sur l'essence, l'emploi, etc. Cest comme ça que, collectivement, nous gagnerons du crédit, parce que l'idée d'une primaire, c'est d'avoir une dynamique.

Primaire : "Ils ont tous des qualités et des spécificités"

C'est un stagiaire, Raphaël Glucksmann ?

« Si Raphaël Glucksmann a été tête de liste deux fois, il n'est plus européen, chacun et chacune ont tous des qualités. Je les invite à faire des propositions aux Français, je vous assure je pense que ce sera mieux pour tout le monde. Il est clair que si on les prend les uns et les autres, ils ont tous des qualités et ils ont tous des spécificités. Si vous parlez de Ségolène Royal, elle a été candidate à l'élection présidentielle, elle a été élue longuement, ministre, députée etc. Raphaël Glucksmann, il a été deux fois tête de liste. 

Olivier dirige un parti dans une période compliquée. Emmanuel Morel que je connais bien dans mon département, c'est quelqu'un qui a chevillée au corps le socialisme, la laïcité, comme Jérôme Guedj. Ils ont tous des qualités. Donc je les invite à être eux-mêmes. Mais attendez les débats. Le moment venu, je dirai pour qui je voterai, mais le moment n'est pas venu. »

Affaire Philippe Brun : "Le mieux est de laisser les choses se faire"

Regrettez-vous la manière dont Philippe Brun a été exclu 10 minutes avant le gong ?

« Moi je n'étais pas au bureau national parce que j'étais entre deux commissions. Philippe Brun a annoncé qu'il mettait un certain nombre de mesures. Le fait est qu'il ne fera pas partie de la primaire. Il y a aujourd'hui des actions qui vont être menées, donc moi je ne souhaite pas échanger là-dessus. Je pense qu'encore une fois, si on fait un peu de sérénité, il y a une décision qui a été prise, il y a le droit pour Philippe Brun de mener ce qu'il veut mener. Je pense que le mieux c'est de laisser les choses se faire maintenant. »

Si le PS savait qu'il était accusé de violences dès le mois de juillet, pourquoi ne pas avoir réagi à ce moment-là ?

« Vous me posez la question, je ne peux vous répondre pour une raison simple, c'est que je n'étais pas au courant moi-même. Donc je ne veux pas faire comme d'autres ou faire le commentaire du commentaire. À ce stade je ne sais pas, je ne connais pas l'affaire. Je vous le redis à ce stade, je crois qu'il faut surtout laisser les uns et les autres. Il y a une décision qui a été prise, Philippe a annoncé qu'il mènerait un certain nombre d'actions, je crois qu'il faut en rester là à ce stade et qu'on verra dans les prochains jours ce qu'il en est des suites. »

"Les socialistes relèveront la tête pour gagner l'élection présidentielle"

Sur le prix de 15 € pour voter, est-ce que vous ne faites pas du business sur le dos des électeurs socialistes ?

« Moi je faisais partie de ceux qui pensaient que 15 € c'est trop élevé. Alors on nous dira il y a une déduction fiscale, et je rappelle qu'il y a aussi un tarif à 10 €. Maintenant cela a été acté, j'ai dit ce que je pensais à l'époque. Il y a quand même une possibilité à 10 €, il y a une déduction fiscale de 66 % quand vous payez l'impôt sur le revenu, donc ça fait deux tiers de moins.

Ensuite je crois que, pour revenir à ce qu'on disait tout à l'heure, ce qui fera le succès de la primaire, c'est encore une fois essentiellement les propositions. La question qui nous est posée aujourd'hui, c'est : est-ce qu'on souhaite l'extrême droite au pouvoir ? La réponse c'est non. Est-ce qu'on souhaite revoir le macronisme dans sa saison 3 ? La réponse est non. Donc c'est notre responsabilité historique, nous les socialistes, nous la gauche, cette gauche démocratique et républicaine, de porter une expérience pour les Françaises et les Français. Et c'est cela qu'on veut porter. 

Donc ça passera par des débats de qualité, avec des propositions et surtout parler vrai aux Français parce que les Français, pour beaucoup, le 15 ou le 20 du mois n'ont plus que la lumière dans leur frigo. C'est à ces gens-là qu'il faut parler, c'est à ces gens-là qu'il faut proposer, c'est à ces gens-là qu'il faut redonner de l'espoir. C'est à ça que j'appelle la candidate et les candidats lors de ces débats-là. Et vous verrez que collectivement les socialistes relèveront la tête pour gagner l'élection présidentielle. »

"Les macronistes ne vont pas refaire le coup une troisième fois"

Une gauche sociale et démocrate, c'est la ligne de François Hollande ? Sur la stratégie présidentielle, quelle est votre position entre la branche favorable à un accord avec LFI et celle qui s'y oppose fermement ?

« C'est la ligne du Parti socialiste dont François Hollande est membre. Sur la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est candidat et c'est son droit. Moi je n'ai pas voté pour lui, je n'ai jamais voté pour lui, j'ai voté pour le candidat socialiste. L'extrême droite a 35 %. Les macronistes ne vont pas refaire le coup une troisième fois, on a vu leur bilan au bout de 10 ans. Donc qu'est-ce qui nous reste ? Notre responsabilité, de la gauche socialiste démocratique, le PS, Place publique, GRS, c'est de porter cet espoir-là.

Arrêtons de penser que les gens fonctionnent comme nous. Dans le département du Val-d'Oise, il y a une circonscription qui est passée malheureusement au RN en juillet 2024. Je crois que tous les électeurs qui ont voté là-bas ne sont pas à jeter à la poubelle. Vous êtes en train de parler d'accord de parti à parti. Moi je vous parle de parler aux Français, et oui il faut que des gens qui ont pu voter dans le passé telle ou telle position puissent nous rejoindre. 

La présidentielle, ce n'est pas un accord avec tel ou tel parti, c'est parler aux Français, il faut réunir 50 % des Français plus un. C'est ça l'objectif. Nous allons le faire, et on ne le fera pas en disant 'on fait une alliance avec un tel'. Non, on le fera par nos propositions, notre résonance et notre capacité à convaincre. »

"C'est mieux d'avoir François Hollande dans la campagne qu'à l'extérieur"

Faut-il chercher un rapprochement avec le centre pour s'éloigner de La France insoumise comme le préconise François Hollande ?

« Sur la présidentielle, personne ne propose cela. Aucun des candidats ne propose cela. Ensuite moi je souhaite que toute la famille soit rassemblée. C'est mieux d'avoir François Hollande dans la campagne qu'à l'extérieur, comme Bernard Cazeneuve ou d'autres. Tous ceux qui voudront se rassembler se rassembleront, parce que si vous commencez par rassembler votre famille, c'est un peu mieux pour ensuite rassembler la France et les Français.

Jean-Luc Mélenchon est candidat contre nous. Il l'a été beaucoup de fois aux municipales, il est contre nous à la présidentielle, donc il n'y aura pas d'alliance avec lui puisqu'il est candidat contre nous. Lors du premier tour de l'élection présidentielle, vous aurez un bulletin Mélenchon pour ceux qui le souhaitent, et vous aurez un bulletin socialiste, social-démocrate de la gauche républicaine et démocratique pour nous.

"La seule question qui nous est posée, c'est le rapport aux Français"

Le sujet n'est pas de savoir si on est loin ou pas de Pierre, Paul ou Jacques. La question de la présidentielle, c'est de parler aux Français, et je crois que c'est ça l'erreur de la gauche en ce moment, c'est quand elle ne fait que se parler à elle-même. On se parle entre nous mais les Français nous regardent en disant : 'on est là'. La seule question qui nous est posée, ce n'est pas le rapport au centre, ce n'est pas le rapport à LFI, c'est le rapport aux Français. 

La seule question qui doit être posée, c'est le rapport aux Français, l'espoir, l'espérance. Qu'est-ce qu'on dit dans ce monde de violence ? Qu'est-ce qu'on dit pour demain, pour ne plus vivre dans des conditions horribles avec les vagues de chaleur ? Que dit-on sur le logement, sur l'école ? Vous avez aujourd'hui 1,5 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en stage, ni à l'école. Ça c'est des vraies questions de fond. C'est là-dessus qu'il faut répondre. »

Groupe d'amitié France-Algérie : "Ça s'appelle du racisme"

En tant que président du groupe d'amitié France-Algérie au Sénat, êtes-vous le mieux placé pour être rapporteur de ce projet ? Certains détracteurs estiment que vos liens avec l'Algérie posent problème. Quand y êtes-vous allé pour la dernière fois et quelle relation entretenez-vous avec ce pays ?

« Non mais allez jusqu'au bout. Vous dites c'est parce que, vous savez, il y a un média entre guillemets, Boulevard Voltaire, qui explique que parce que mes parents viennent d'Algérie, parce que mon prénom est Rachid, parce que je suis comme tous mes collègues au Sénat, quasiment tous, président d'un groupe d'amitié, je ne pourrais pas. 

Ça s'appelle du racisme, c'est du pur racisme. Et donc moi, je refuse de rentrer dans ce jeu-là. Je veux dire, quand vous êtes au Sénat ou à l'Assemblée, il y a des groupes d'amitié. Je rappelle qu'un groupe d'amitié, c'est entretenir les relations au nom du Sénat entre le Sénat et son homologue dans le pays concerné. »

Ingérences étrangères : "Je pourrais voter certaines lois mais pas d'autres ?"

Le problème soulevé ne concerne pas le groupe d'amitié, mais votre rôle de rapporteur.

« Non, non, non. Et d'ailleurs ces gens-là oublient, ils citent, ces racistes-là citent un excellent rapport comme ils disent sénatorial, en oubliant de rappeler que la personne qui est à l'origine de ce rapport et le rapporteur du Sénat, c'est moi. Et que ce rapport sur les ingérences étrangères qu'on vient d'évoquer a été adopté à l'unanimité du Sénat, droite et gauche. 

Donc je recommence : parce que je m'appelle Rachid, parce que mes parents ont eu la chance ou la malchance, comme souhaitent certains, de naître en Algérie et d'être en France depuis maintenant toute leur vie, eh bien voilà, je ne serais donc pas capable sur ce sujet, je pourrais voter des lois mais pas certaines lois ? »

"Je n'ai pas vu le président Tebboune"

Peut-on se rendre en Algérie sans l'accord du régime algérien ?

« C'est totalement faux puisque je n'ai pas vu le président Tebboune. La Chambre de commerce et d'industrie franco-algérienne, qui a 2000 adhérents dont beaucoup d'entreprises françaises, beaucoup de Français qui sont installés en Algérie, cette Chambre de commerce et d'industrie franco-algérienne m'invite à venir rencontrer les entrepreneurs pour comprendre les problématiques entre les deux pays. Donc je m'y rends avec un visa. »

Qu'est-ce qui bloque aujourd'hui concernant la situation du journaliste Christophe Gleizes ?

« Moi je ne suis pas en charge de ce dossier-là, ce sont les Affaires étrangères. Encore une fois, un groupe d'amitié au Sénat a pour mission de faire en sorte que les relations entre le Sénat français et le Conseil de la nation, c'est le Sénat algérien, soient fluides. En ce moment c'est compliqué pour des tas de raisons. Voilà. Quand je suis allé à Alger comme mes collègues... Boulevard Voltaire n'a pas cité par exemple le fait que je demande la libération de Boualem Sansal à l'époque et celle de Monsieur Gleizes aujourd'hui. C'est intéressant d'ailleurs ce côté tropisme, je vous le redis. 

Donc moi je vous le dis très tranquillement ce matin, je suis pour la libération de Christophe Gleizes comme je suis pour la libération de tous les Français qui sont retenus de par le monde notamment. Voilà, c'est assez simple en fait. Et je ne crois pas avoir, une seule fois dans ma vie politique, ça fait 30 ans que je suis élu, une seule fois quelqu'un a pu dire une seule fois que j'étais contre mon pays qui s'appelle la France. »

"Je ne qualifierai pas Monsieur Sapin de fasciste"

Comment pouvez-vous vous rendre en Algérie sans avoir de contacts avec le régime pour évoquer le sort des ressortissants retenus ?

« S'il y a une campagne numérique contre moi, j'ai le droit de répondre ici. Donc je le dis, moi je suis Français et donc je suis élu de mon pays, la France, et je fais en sorte de défendre mes intérêts, ceux de la France. Ensuite sur l'Algérie, je demande un visa et vous irez, moi c'est comme ça que ça s'est passé. »

Après la mise à l'écart de Charles Sapin de France Inter, LFI salue une « victoire des salariés antifascistes ». Partagez-vous cette réaction ?

« Je ne qualifierai pas Monsieur Sapin de fasciste. Et vous avez noté que le Parti socialiste a une autre vision que celle du parti que vous venez de citer sur ce qu'est la démocratie et sur ce que sont les médias. Donc nous n'avons pas à cautionner la commission de Monsieur Alloncle qui était quand même un torchon, une attaque en règle contre les médias publics. Nous sommes très respectueux. Aujourd'hui, quand j'allume France Info télé, je vois de la diversité parce que je vois bien des éditorialistes qui viennent d'anciens médias de CNews. Donc voilà, on en est là. »

Affaire Charles Sapin : "C'est le service public de tous les Français"

Selon vous, France Inter n'est donc pas une radio de gauche ?

« Mais moi je n'ai jamais qualifié... le pluralisme en tout cas est défendu. Que des médias se déclarent de gauche ou de droite, ça se sait. Mais le service public n'est ni de gauche ni de droite. C'est le service public de tous les Français, et donc il doit répondre à des missions d'intérêt général au service public en fonction de la loi. Est-ce qu'il respecte la loi ? Je crois que oui. »

Trouvez-vous normal qu'une intersyndicale fasse ainsi plier la direction d'un service public comme Radio France ?

« Moi je vais vous le redire, il doit assurer les missions d'intérêt général, c'est ça la question qui nous est posée. Donc si certains considèrent que cette radio ne respecte pas le cahier des charges d'intérêt général, qu'ils fassent les actions, je n'ai pas de sujet. Mais ce n'est pas à moi de juger de ce qui respecte ou non la mission d'intérêt général. D'ailleurs, il y a une autorité pour ça qui s'appelle l'Arcom. Donc ceux qui ne sont pas contents de cela, c'est l'Arcom. »

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