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Manon Aubry (LFI) : "Je soutiens les femmes iraniennes qui veulent se libérer du voile"

Par Aurélie Giraud

INTERVIEW SUD RADIO - Iran, Mercosur, procès en appel de Marine Le Pen : Manon Aubry (LFI), députée européenne LFI, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Manon Aubry
Manon Aubry, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 13 janvier 2026, dans “L’invité politique”.

Situation en Iran, répression du régime des mollahs et mobilisation des femmes iraniennes, colère agricole et accord de libre-échange Mercosur, assassinat d’Alain Orsoni en Corse. Au micro de Sud Radio, Manon Aubry a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Nous avons été les seuls à La France insoumise à évoquer la mobilisation en Iran"

En Iran, la répression ferait près de 700 morts. Êtes-vous d’accord avec la condamnation de la violence d’État par Emmanuel Macron ?
“Oui, je suis d’accord avec cette condamnation, même si elle est intervenue tardivement. On assiste aujourd’hui à un véritable massacre à huis clos en Iran.”

Pourquoi parlez-vous d’un massacre à huis clos ?
“Parce que le régime coupe les communications, bloque internet et empêche les images de circuler, alors que la répression est extrêmement violente et fait probablement bien plus de victimes que les chiffres qui circulent aujourd’hui.”

La France insoumise a-t-elle, selon vous, été claire dès le départ ?
“Oui. Contrairement à ce qui a pu être dit, nous avons été les seuls, dès la fin du mois de décembre, à évoquer cette mobilisation alors qu’elle mettait du temps à être relayée médiatiquement.”

Il s’agissait au départ d’un mouvement contre la vie chère.
“Oui, la mobilisation est née dans les bazars, face à une inflation massive et à la dévaluation de la monnaie. Mais très vite, elle s’est étendue et transformée en une véritable révolution politique.”

Cette révolte s’inscrit-elle dans un mouvement plus large ?
“Oui, elle fait écho aux mobilisations précédentes, notamment celles des femmes, et à une aspiration profonde du peuple iranien à la liberté.”

"En Iran, les femmes vivent sous un régime qui est profondément machiste et misogyne.”"

Les femmes iraniennes qui veulent se libérer du port du voile peuvent-elles compter sur votre soutien ?
“Évidemment que je les soutiens. En Iran, les femmes n’ont aucune liberté. Elles vivent sous un régime qui les opprime quotidiennement et qui est profondément machiste et misogyne.”

Comment qualifieriez-vous aujourd’hui le régime iranien ?
“C’est un régime théocratique qui opprime tout un peuple et qui exerce une répression violente, en particulier contre les femmes qui se battent pour leurs droits et leur liberté.”

Certains comparent la situation iranienne au débat français sur le voile.
“Faire ce parallèle est indigne de ce qu’il se passe aujourd’hui en Iran. On parle d’une révolution réprimée dans le sang. Ramener cela à un débat franco-français, c’est passer complètement à côté de la gravité de la situation.”

Reconnaissez-vous malgré tout l’existence de contraintes religieuses en France ?
“Oui, et je suis opposée à toute pratique religieuse imposée sans liberté, que ce soit aux femmes ou aux enfants. Mais ce débat ne doit pas servir à détourner l’attention de l’urgence absolue en Iran.”

Faut-il, selon vous, une intervention militaire internationale pour arrêter la répression ?
“Aucune intervention militaire n’a jamais apporté la démocratie. Il faut utiliser d’autres leviers, notamment diplomatiques, et soutenir le peuple iranien sans ajouter de la violence à la violence.”

"Penser qu’on va régler la colère agricole en démantelant des barrages, le gouvernement se trompe"

Des tracteurs à Paris et des barrages démantelés par les gendarmes sur l’A64 : comment analysez-vous la situation ?
“Penser qu’on va régler la colère agricole en démantelant des barrages, le gouvernement se trompe complètement. Cette colère est profonde, elle s’est installée depuis longtemps et elle ne disparaîtra pas avec des opérations de force.”

Comprenez-vous cette mobilisation des agriculteurs ?
“Oui, elle est pleinement légitime. Les agriculteurs demandent simplement de pouvoir vivre de leur travail. Beaucoup sont étranglés économiquement et ont le sentiment d’être sacrifiés.”

Le gouvernement invoque l’ordre public.
“L’ordre public ne peut pas être la seule réponse à une crise sociale de cette ampleur. Quand on en arrive à ce niveau de tension, c’est qu’il y a un problème politique de fond qui n’est pas traité.”

Cette mobilisation peut-elle durer ?
“Oui, parce que les causes sont structurelles. Tant qu’on continuera à défendre un modèle agricole fondé sur la concurrence et les accords de libre-échange, la colère restera.”

Mercosur : "La Commission européenne et Ursula von der Leyen passent en force"

Pourquoi parlez-vous d’un passage en force de la Commission européenne ?
“Parce qu’elle veut signer et appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur alors que le Parlement européen, qui est codécisionnaire en matière commerciale, n’a toujours pas voté. C’est un contournement clair du débat démocratique.”

En quoi cet accord est-il dangereux pour l’agriculture européenne ?
“C’est le pire accord de libre-échange jamais négocié par l’Union européenne. Il va mettre nos agriculteurs en concurrence avec des productions importées qui ne respectent ni nos normes sanitaires, ni nos normes environnementales.”

Vous insistez beaucoup sur la question des pesticides.
“Parce que c’est très concret. Un tiers des pesticides autorisés au Brésil sont interdits dans l’Union européenne. Cela signifie importer des produits que nous interdisons à nos propres agriculteurs.”

Le recours que vous avez lancé devant la Cour de justice de l’Union européenne peut-il bloquer l’accord ?
“Oui, car il a une vocation suspensive. Si le Parlement européen saisit la Cour et adopte la résolution que nous proposons, l’accord ne pourra pas être appliqué avant le vote final.”

Enfin, le procès en appel de Marine Le Pen débute. Quelle est votre position ?
“Je souhaite avant tout que la justice fasse son travail et que la décision intervienne avant l’élection présidentielle. Les idées de l’extrême droite, je les combats politiquement, sur le fond, pas sur le terrain judiciaire.”

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