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L'appel d'Arnaud Montebourg : "Il faut monter des boîtes !"

Par Aurélie Giraud

Arnaud Montebourg, entrepreneur, co-fondateur de la Compagnie des Amandes, et ancien ministre de l'Économie, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg, interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio, le 4 mai, dans “L’invité politique”.

Après le miel français, Arnaud Montebourg s'implique dans les amandes françaises avec la Compagnie des Amandes. Il a répondu aux questions de Benjamin Glaise. 

Arnaud Montebourg : "On doit remonter toutes les boîtes qui ont disparu et qu'on a perdues !"

Le projet de la Compagnie des Amandes s'inscrit dans les ambitions de souveraineté alimentaire et de réindustrailisation du gouvernement. "Avec un déficit commercial de 150 milliards, on a du souci à se faire !, souligne Arnaud Montebourg. Il estime qu'on n'en fait jamais assez. Il faudra reprendre tous les produits qui nous manquent. Sur les 9.000 que nous consommons, il y en 6.000 où on est déficitaires. Il faut prendre produit par produit et remonter des usines. C'est un travail de titan, de toute la société. Il y a de l'argent, notamment le plan de relance. Il faudrait multiplier par 10 ce qu'on est en train de faire !"

D'après l'ancien ministre de l'Économie, "il faut qu'il y ait un mouvement national d'entrepreneurs soutenu par l'État, les régions, de personnes qui décident de monter des boîtes. On doit remonter toutes les boîtes qui ont disparu et qu'on a perdues ! Ça va être un boulot de 10 ans, et ce sera un travail transpartisan. C'est le rôle du gouvernement de montrer le chemin et de le faire de façon encore plus amplifiée. On est encore loin du compte par rapport au chantier immense qu'on doit rouvrir". Emmanuel Macron "s'est réveillé tard, mais ça a le mérite d'exister".

Électricité : "Il faut signer les pétitions des entrepreneurs !"

Concernant le nucléaire, Arnaud Montebourg salue "une décision positive". Toutefois, il rappelle qu'il y a 2 ans, "on a fermé des réacteurs et on a arrêté Astrid". L'ancien ministre de l'Économie "demande qu'on rouvre le projet de construction d'Astrid, notre réacteur à neutrons rapides. Un point très important pour nous débarrasser des déchets nucléaires". C'est pour lui "le moyen d'être à la hauteur technologiquement des Russes, des Chinois et des Américains, comme nous l'avons toujours été". "Il faut se remettre dans la course après l'avoir indûment interrompue".

Sur la renationalisation d'EDF, "il n'y a pas d'autre solution aujourd'hui, car EDF est en graves difficultés financières. Je suis pour qu'on puisse reconstituer l'EDF d'après-guerre qui marchait très bien. Qui maîtrisait le nucléaire, l'hydraulique". Arnaud Montebourg souhaite par ailleurs "qu'on se déconnecte financièrement du système de formation des prix sur le marché européen. Qui étrille les petites entreprises qui n'ont pas les moyens de se défendre". "Il y a des pétitions de dizaines de milliers d'entrepreneurs aux abois. Il faut les signer car ils pensent que cette affaire va passer crème !"

"Nous importons 98% de ce que nous consommons" selon Arnaud Montebourg

La Compagnie des Amandes, créée en 2019, s'est lancé le défi de relocaliser la production d'amandes en France. "Nous importons 98% de ce que nous consommons, explique Arnaud Montebourg. Nous consommons 45.000 tonnes d'amandes par an et nous n'en produisons qu'un petit millier de tonnes. La France était une patrie d'amandiculture qui a complètement disparu, en raison des grands gels de 1954. Comme c'est un arbre qui met 6 ans pour venir à maturité, les agriculteurs travaillent pendant 6 ans sans récolte. Nous avons trouvé des investisseurs qui paient les agriculteurs qui travaillent avant récolte. Ensuite, on se récupère sur les récoltes futures".

"Nous avons eu 3.500 hectares de candidatures, se réjouit Arnaud Montebourg, parce que nous avons organisé la filière. On s'associe avec les agriculteurs chez eux, on n'achète pas la terre. On les 'dérisque' financièrement, puisqu'ils n'ont pas à s'endetter. On les 'dérisque' commercialement, on assure les débouchés, et techniquement". "Notre objectif est d'aller jusqu'à 2.000 hectares. On ne pourra pas remplacer les Américains mais on pourra mettre 3.000 ou 4.000 tonnes sur le marché, c'est déjà pas mal !" Pour la transformation des amandes, "on n'est pas tout à fait équipés. Nous allons construire une usine de casse dans le Var. Elle sera ouverte à toute la filière".

 

 

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