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Agriculture : François Ruffin appelle à "une exception agriculturelle française"

Par Aurélie Giraud

François Ruffin, député LFI/Picardie debout ! de la Somme, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

François Ruffin Agriculture
François Ruffin, interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 24 janvier, dans “L’invité politique”.

La mobilisation du monde de l'agriculture se poursuit partout en France, endeuillée par le décès d'Alexandra, éleveuse dans l'Ariège, et de sa fille. François Ruffin, qui a publié en 2018 le livre Un député à la fermea répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

"Est-ce qu'on veut voir délocaliser notre agriculture comme notre industrie ?"

Fabien Roussel appelle à la convergence des colères. Pour François Ruffin, "il faut d'abord parler de la colère du monde paysan, qui a des années de raison d'être". Le député rappelle poser la question depuis 7 ans à l'Assemblée nationale. "On a vu partir nos usines en Roumanie et en Chine. Est-ce qu'on veut voir délocaliser notre agriculture comme notre industrie dans des fermes-usines au Brésil et en Ukraine ? Évidemment que c'est en cours ! La levée de boucliers dans le monde agricole est liée à ça" assure-t-il.

"Tous les habitants de notre pays doivent pouvoir bien vivre de leur travail et pas en survivre" estime François Ruffin. "Il faut sortir du dumping, ce qu'on fait depuis 30 ans à l'agriculture française". Le député "appelle à une exception agriculturelle, comme pour la culture. On a sorti le cinéma et toute la culture des accords de libre-échange. Nos terres, nos sols, nos assiettes, nos paysans sont une chose assez importante pour qu'on les sorte du libre-échange, des accords de libre-échange, de la valse des cours mondiaux".

"Il faut des prix planchers pour que les agriculteurs vivent de leur travail"

À côté du volet extérieur, "il y a le volet intérieur qui est la régulation des prix" affirme François Ruffin. "Je suis pour des prix planchers" rappelle-t-il. "Les paysans doivent être payés correctement pour nourrir le pays". "Un prix minimum pour le lait, le porc, la volaille, qui garantisse qu'avec ça les paysans puissent vivre de leur travail". "D'autres outils existent, comme les quotas d'importation et de production, les coefficients multiplicateurs. Entre le prix payé à l'agriculteur et le prix de vente en supermarché, ça ne peut pas être multiplié par 4, par 5, par 6".

François Ruffin estime par ailleurs que "la loi EGAlim n'est pas bonne, c'est une usine à gaz. Je l'ai votée car c'était mieux que rien. Mais ce n'est pas une loi qui permet de réguler les prix agricoles". Il évoque notamment Lactalis, qui paie aujourd'hui son litre de lait 40 centimes, ce qui était réclamé à l'époque. Mais "entre temps, les charges ont doublé". "Qui en a bénéficié et se gave ? Le PDG de Lactalis, dont le patrimoine a bondi de 10 milliards d'euros" dénonce le député. "Quand les prix augmentent dans les supermarchés, ça doit aller pour celui qui produit, qui a la fourche, qui est dans l'étable au cul des vaches et pas aux industriels !"

 

"Les agriculteurs demandent des conseillers à la place des contrôleurs"

Les agriculteurs sont parfois considérés comme des pollueurs, qui privent d'eau les autres citoyens en irriguant trop. Qui ne font pas attention au bien être animal. Pour François Ruffin, "il faut une évolution du modèle agricole français. Mais pas en mettant la tête des paysans sous l'eau, dos au mur, avec un couteau sous la gorge. C'est ce qu'on fait aujourd'hui quand on ne leur permet pas de vivre de leur travail".

"Je me suis bagarré sur les prix, car c'est une manière de redonner de l'oxygène au monde agricole. Et donc de lui faire accepter des transformations". "Dire qu'il n'y a pas d'évolution à faire en fonction du changement climatique, c'est faux. Mais comment la faire ?" Le député LFI réclame "un accompagnement de l'État pour faire autre chose". "Les agriculteurs demandent des conseillers et à la place ils ont des contrôleurs !" dénonce-t-il.

 

 

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