Dopage dans les courses hippiques : un lanceur d’alerte témoigne

Entraîneurs, vétérinaires, préparateurs... Le milieu des courses hippiques est secoué par des soupçons de dopage.

courses hippiques dopage
Le milieu du sport hippique secoué par des soupçons de dopage. (Pixabay)

Une quinzaine de personnes ont été interpellées, plusieurs sont encore en garde à vue, et l’enquête se poursuit. Ces interpellations, pilotées par le Service central des courses et jeux (SCCJ) sont liées à des soupçons de dopage dans les courses hippiques.

"Pas de liste précise de substances prohibées"

Entraîneurs, vétérinaires, préparateurs... Ce dopage est-il massif ? "Plutôt qu’un lanceur d’alerte, je préfère m’appeler un veilleur de conscience, précise Jacques Nardin, vétérinaire praticien spécialisé dans le contrôle antidopage des sports équestres et des courses hippiques. J’exerce depuis 23 ans mon métier, je suis préleveur dans les courses, sports équestres, au national et à l’international, en vue de mettre en évidence des substances prohibées. Le dopage est le fond de mon travail."

Quel dopage ? "Encore faut-il en donner une définition, précise Jacques Nardin. C’est l’utilisation de substances prohibées en vue d’améliorer les performances d’un animal. Dans le domaine des courses hippiques, tout animal qui concourt doit être indemne de toute substance susceptible de modifier son organisme. La notion est très vague, et il n’y a pas de liste précise de substances prohibées. En revanche, la mise en évidence entraîne systématiquement la disqualification du cheval, éventuellement des sanctions pour l’entraîneur voire le propriétaire."

Des menaces de plus en plus appuyées

A-t-il parfois été menacé voire agressé ? "Depuis quelques années, j’ai essayé de tirer le signal d’alarme, confirme Jacques Nardin, vétérinaire praticien spécialisé dans le contrôle antidopage des sports équestres et des courses hippiques. J’ai fait appel à la justice, à la Direction centrale de la police judiciaire. Les menaces ont d’abord été douces, puis un peu plus sévères et enfin appuyées. Les institutions ont tendance à ne pas vouloir voir ce qui se passe sur le terrain."

Existe-t-il des solutions pour lutter contre le dopage dans le milieu hippique ? "En 2017, j’ai émis, en reprenant les propositions de la commission sénatoriale, 39 propositions reposant sur six piliers, Le premier est de connaître la situation : quand, comment, pourquoi et avec qui ? France Galop dit être très attentif sur ce qui se passe, déclenche 30.000 prélèvements par an et dépense 10 millions d’euros. La copie doit être revue." Le dopage concerne-t-il aussi les jockeys ? "Le 1er décembre, deux jockeys se sont faits prendre à un contrôle humain, l’un positif à la cocaïne, l’autre à la kétamine. On évoque là le problème majeur de la lutte contre le dopage : la santé de l’animal et du jockey qui le monte. Il faut tenir compte du couple cheval, cavalier ou jockey."

Jacques Nardin, vétérinaire praticien spécialisé dans le contrôle antidopage des sports équestres et des courses hippiques, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 8 décembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez-ici !